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Attentats à Paris : les pistes se multiplient

Des impacts de balles dans la devanture du Hyper Cacher de Paris

Des impacts de balles dans la devanture du Hyper Cacher de Paris

Photo : Charles Platiau / Reuters

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'enquête policière sur les attentats qui ont fait 17 morts la semaine dernière dans la région parisienne bat son plein. Les autorités françaises s'appliquent à retracer le parcours des auteurs du carnage, les frères Saïd et Chérif Kouachi et Amedy Coulibaly. Elles cherchent aussi à retrouver d'éventuels complices. Voici les principales pistes étudiées à l'heure actuelle.

Une vidéo qui soulève de nombreuses questions

Dans une vidéo mise en ligne en fin de semaine, un homme qui serait Amedy Coulibaly clame son allégeance au groupe armé État islamique.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dans une vidéo mise en ligne en fin de semaine, un homme qui serait Amedy Coulibaly clame son allégeance au groupe armé État islamique.

Photo : La Presse canadienne / AP

Une vidéo de 7 minutes dans laquelle un homme proclame son allégeance au groupe armé État islamique (EI) a fait son apparition, dimanche, sur des sites comme Dailymotion et YouTube. Tout indique qu'il s'agit bel et bien d'Amedy Coulibaly, bien qu'il n'ait pas été formellement identifié par les autorités.

La vidéo s'ouvre sur un message en surimpression qui dit que Coulibaly est « l'auteur des attaques bénies de Montrouge », où une policière a été abattue jeudi, et de la porte de Vincennes, « où il prend en otage 17 personnes dans une épicerie juive et exécute 5 juifs » [NDLR : quatre personnes sont mortes].

L'homme soupçonné d'être Coulibaly explique que des « frères de [son] équipe » ont attaqué les locaux du journal Charlie Hebdo. Il dit avoir donné « quelques milliers d'euros » à l'un d'eux « pour qu'il finisse à boucler ce qu'il avait à acheter ». Cela ne manque pas d'intriguer, dans la mesure où les frères Kouachi se sont plutôt réclamés d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique, considéré comme un rival du groupe EI.

« On a fait les choses un petit peu ensemble, un petit peu séparés, c'était plus pour que ça ait plus d'impact », indique l'homme dans la vidéo. « On arrive à se synchroniser pour sortir en même temps pour que personne ait de problème », ajoute-t-il, avant d'y aller de quelques explications pour justifier ses gestes.

La vidéo, qui selon France 2 aurait été postée depuis Raqqa, une ville syrienne contrôlée par l'État islamique, a été retirée des deux plateformes de diffusion.

D'éventuels complices?

La vidéo montre des images de l'assaut menée contre l'épicerie juive par les forces spéciales de la police française vendredi dernier, ce qui confirme qu'Amedy Coulibaly n'a pu monter ces images lui-même. L'affaire soulève la question de l'existance d'éventuels complices. La vidéo pourrait cependant avoir été montée à l'extérieur du territoire français.

Hayat Boumeddiene est toujours recherchée par la police.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Hayat Boumeddiene est toujours recherchée par la police.

Photo : Préfecture de police de Paris

« Nous considérons qu'il y a effectivement probablement d'éventuels complices », a confirmé le premier ministre français, Manuel Valls, sur RMC et BFMTV lundi.

La police recherche notamment depuis vendredi Hayat Boumeddiene, compagne et complice présumée d'Amedy Coulibaly, sans que l'on sache exactement quel rôle elle aurait pu jouer dans les attentats.

Dans un entretien accordé à l'agence de presse gouvernementale Anatolie, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, a confirmé lundi que cette femme était arrivée à Istanbul à bord d'un vol en provenance de Madrid le 2 janvier, soit cinq jours avant la fusillade à la rédaction de Charlie Hebdo.

Vidéo de surveillance à l'aéroport d'Istanbul qui montrerait Hayat Boumeddiene à son arrivée le 2 janvierAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Vidéo de surveillance à l'aéroport d'Istanbul qui montrerait Hayat Boumeddiene à son arrivée le 2 janvier

Photo : La Presse canadienne / AP Photo/Haberturk Television

D'ailleurs, les autorités turques ont rendu publique, lundi, une vidéo filmée par une caméra de surveillance à l'aéroport Sabiha Gokcen d'Istanbul dans laquelle on voit une femme qui serait Hayat Boumeddiene, à son arrivée le 2 janvier. Ces images ont été diffusées par le journal turc Haberturk.

La femme est accompagnée d'un homme qui serait d'origine nord-africaine et qui ne figure sur aucune liste de surveillance, selon les autorités turques. Les deux présentent leur passeport aux douanes puis sont autorisés à poursuivre leur chemin.

Selon M. Cavusoglu, Hayat Boumeddienne a séjourné en compagnie d'une autre personne dans un hôtel de Kadiköy à Istanbul avant de franchir la frontière syrienne le 8 janvier, le jour même de la fusillade de Montrouge.

Selon le quotidien turc Yeni Safak, Hayat Boumeddiene s'est ensuite rendue dans la ville de Sanliurfa, proche de la frontière syrienne, en passant par le poste frontière d'Akçakale, l'un des plus utilisés par les étrangers qui rejoignent des mouvements djihadistes tels que le groupe État islamique (EI), en guerre contre le régime de Damas.

Le joggeur blessé par balles à Fontenay-aux-Roses

Un homme de 32 ans a été blessé par balles mercredi dernier, alors qu'il faisait son jogging à Fontenay-aux-Roses. Touché aux jambes et dans le dos, il se trouve depuis à l'hôpital, où il est entre la vie et la mort. Avant de sombrer dans le coma, il a décrit son agresseur comme étant « un homme vêtu d'une doudoune noire à col de fourrure, rabattu sur capuche ».

Un homme repose entre la vie et la mort après avoir été atteint de plusieurs balles alors qu'il faisait son jogging sur la coulée verte, à Fontenay-aux-Roses.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un homme repose entre la vie et la mort après avoir été atteint de plusieurs balles alors qu'il faisait son jogging sur la coulée verte, à Fontenay-aux-Roses.

Photo : Le Parisien/Pascale Autran

Sur place, les policiers ont trouvé cinq douilles et cinq étuis de 9 mm provenant d'un Tokarev 7.62. Or, il appert qu'Amedy Coulibaly, qui vivait à Fontenay-aux-Roses depuis deux ans, portait une arme de ce type lorsqu'il a été abattu dans l'épicerie juive.

Des expertises sont en cours pour déterminer si cette arme est celle qui a été utilisée à Fontenay-aux-Roses. Si cela s'avérait, il faudrait ensuite déterminer qui a utilisé cette arme : Coulibaly lui-même ou un complice?

La section antiterroriste du parquet de Paris a ouvert une enquête pour « tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste » relativement à l'attaque de Fontenay-aux-Roses. 

 L'explosion d'une voiture à Villejuif

Dans la vidéo mise en ligne dimanche, un texte surimprimé sur une photo souligne qu'Amedy Coulibaly « a aussi posé une charge explosive sur le réservoir d'une voiture, qui a explosé dans une rue de Paris ».

Cette Renault Kangoo a été endommagée par une explosion survenue jeudi 8 janvier en soirée.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Cette Renault Kangoo a été endommagée par une explosion survenue jeudi 8 janvier en soirée.

Photo : Le Parisien

Aucune bombe n'a explosé à Paris. Cependant, une charge placée sous le pneu arrière gauche d'une voiture Kangoo stationnée à Villejuif, en banlieue de Paris, a explosé jeudi dernier à 20 h 45, sans faire de blessés.

Les enquêteurs cherchent à établir un lien entre ces deux affaires. Selon une source proche du dossier citée par le journal Le Monde, les enquêteurs ont bel et bien en main des éléments permettant d'établir ce lien.

Le matériel retrouvé, dont des caméras GoPro

Les enquêteurs français disposent de deux caméras GoPro que les assaillants avaient en leur possession. L'une d'elles a été retrouvée dans la Citroën noire abandonnée par les frères Kouachi quelques minutes après le carnage à Charlie Hebdo, dans le 19e arrondissement de Paris.

L'autre caméra aurait été utilisée par Amedy Coulibaly. L'un des otages de l'épicerie Hyper Cacher a déclaré en fin de semaine au quotidien Libération qu'il « avait une caméra GoPro sur lui et un ordinateur ». Selon lui, Coulibaly « a sorti la carte mémoire de la caméra, l'a mise dans l'ordinateur et a semblé manipuler ses images sur l'écran ».

Cet immeuble de Gentilly aurait abrité la planque d'Amedy CoulibalyAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Cet immeuble de Gentilly aurait abrité la planque d'Amedy Coulibaly

Photo : itélé

Les enquêteurs ont aussi découvert en fin de semaine une possible « planque » de Coulibaly à Gentilly, au sud de Paris. L'appartement a notamment été localisé grâce à ses relevés téléphoniques et aux informations fournies par un témoin qui l'aurait reconnu, selon une source d'AFP.

Les enquêteurs y auraient retrouvé un véritable arsenal, selon les médias français, dont quatre pistolets Tokarev, un revolver, des munitions, mais aussi des cartes bancaires et une carte d'identité.

10 000 militaires déployés en France

Dix mille militaires seront déployés dès mardi soir conformément au plan antiterroriste Vigipirate, maintenu à son niveau le plus élevé après les attentats qui ont fait 17 morts la semaine dernière en France, a annoncé lundi le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Ils participeront « à la sécurité des points sensibles du territoire en raison de l'ampleur des menaces qui existent », a-t-il dit à la presse à l'issue d'une réunion sur la sécurité à l'Élysée.

L'Observatoire contre l'islamophobie du Conseil français du culte musulman (CFCM) a déclaré à l'AFP, lundi, que 54 actes islamophobes avaient été recensés en France depuis l'attentat contre Charlie Hebdo, soit 21 « actions » (tirs de pistolet à grenaille, grenades à plâtre, etc.) et 33 « menaces ». Ce recensement ne comprend pas Paris et sa banlieue.

L'organisme, qui affirme que ces chiffres proviennent du ministère de l'Intérieur, appelle l'État à « renforcer la surveillance » des mosquées. Ces sites doivent en fait être protégés par quelque 4100 gendarmes et agents de la police nationale déjà déployés sur le territoire français.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou s'est rendu à l'épicerie Hyper Cacher lundi matin, entouré d'un impressionnant dispositif de sécurité.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou s'est rendu à l'épicerie Hyper Cacher lundi matin, entouré d'un impressionnant dispositif de sécurité.

Photo : La Presse canadienne / AP/Michel Euler

Avec les informations de Le Monde, Agence France-Presse, Le Point, L'OBS, Europe 1, et BBC

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