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Une œuvre d’art pour les victimes des pensionnats autochtones

Le reportage de Jacaudrey Charbonneau
Radio-Canada

Un monument national érigé à la mémoire des victimes des écoles résidentielles a été inauguré à l'Université de Regina et entreprendra en février une tournée pancanadienne de sept ans avant de déposer ses valises pour de bon à Winnipeg.

« The Witness Blanket » veut commémorer les enfants autochtones qui ont été arrachés de leur foyer familial et qui se sont retrouvés dans des institutions de scolarisation, d'évangélisation et d'assimilation des années 1820 jusqu'en 1996. Ces institutions ont profondément marqué les communautés autochtones partout au Canada.

Inspirée d'une couverture tissée, l'artiste britanno-colombienne Carey Newman a créé son installation artistique à partir de plus de 800 artéfacts d'écoles résidentielles récoltés aux quatre coins du pays.

Des souvenirs notables

Mme Newman a entre autres utilisé des morceaux de bois et de briques qui proviennent des bâtiments des écoles, de même que des photographies, des tissus et des objets personnels.

Plusieurs Autochtones ont offerts leurs tresses de cheveux pour rappeler que les enfants qui ont fréquenté les pensionnats autochtones étaient obligés de couper leurs cheveux.Plusieurs Autochtones ont offerts leurs tresses de cheveux pour rappeler que les enfants qui ont fréquenté les pensionnats autochtones étaient obligés de couper leurs cheveux. Photo : ICI Radio-Canada

Des Autochtones ont donné des tresses de leurs cheveux afin de rappeler la coupe qui leur était imposée à leur arrivée dans les pensionnats autochtones : on leur coupait les cheveux sous prétexte qu'on voulait les « civiliser ».

« The Witness Blanket » sera exposé à l'Université de Regina jusqu'au mois de février avant de prendre la route. Une fois sa tournée terminée, l'Université du Manitoba à Winnipeg en fera une exposition permanente.

Inauguration à Regina lourde de sens

La spécialiste en études autochtones Shauneen Pete et professeure à la Faculté de l'éducation de l'Université de Regina a tenu à ce que le projet soit exposé dans la capitale saskatchewanaise. Elle souligne que la dernière école résidentielle du pays qui a fermé ses portes en 1996 était située en Saskatchewan, dans la réserve indienne Gordon, près de Regina.

Les parents et grands-parents de Mme Pete ont survécu aux atrocités des écoles résidentielles. En plus, d'être gage de réconciliation et de commémoration, Shauneen Pete croit que le monument « Witnesse Blanket » a aussi une valeur éducative.

Plusieurs survivants ont assisté à l'inauguration de l'exposition à Regina, dont le professeur en études autochtones de l'Université des Premières Nations du Canada, Blair Stonechild.

Le seul fait de regarder certains de ces objets a déclenché en lui des souvenirs profonds, comme les grands dortoirs où il pouvait être confiné pendant des jours, a-t-il souligné.

Pour Shauneen Pete, les empreintes de petites mains d'enfants sur la porte de l'installation lui rappellent que sa grand-mère a été arrachée à sa famille alors qu'elle n'avait que 4 ans.

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