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Les 50 premiers coups de fouet donnés à Raif Badawi

Le reportage de Mélissa François
Geneviève Proulx

Raif Badawi, dont l'épouse et les enfants sont réfugiés à Sherbrooke, a reçu ses 50 premiers coups de fouet, en public, vendredi, en Arabie saoudite. 

Le jeune blogueur de 31 ans a été condamné à dix années de prison et à 1000 coups de fouet sur une période de plusieurs mois.

Il avait été arrêté en juin 2012 après avoir critiqué le régime saoudien et s'être exprimé sur l'islam sur son blogue. Il a été inculpé de cybercrime, d'apostasie et de désobéissance à son père, ce qui constitue un crime dans le royaume. Une fois la peine de prison purgée, il lui sera interdit de voyager pendant dix ans.

Selon l'épouse de M. Badawi, l'homme est très mal en point après avoir reçu ses premiers coups de fouet. « Sa femme en ce moment ne va pas très bien. Elle se sent très loin, très impuissante. Elle est vraiment atterrée », explique l'agente de développement à Aministie internationale, Mireille Elchacar.

Cette dernière a été anéantie en apprenant la nouvelle, vendredi matin. « On se réveille ce matin avec de bien mauvaises nouvelles. Raif a reçu ses 50 premiers coups de fouet. On s'en doutait. Il avait reçu des informations voulant que le ministère de l'Intérieur eut reçu l'ordre de commencer la flagellation dès ce vendredi. Il y a un gros réseau de soutien de mis en place pour M. Badawi. Il y a des observateurs qui sont plus près de nous. J'ai reçu la confirmation qu'il avait reçu 50 coups de fouet et qu'ils avaient été particulièrement forts », raconte-t-elle.

Manifestations d'appui

Les manifestations d'appui à Raif Badawi se poursuivent. Vendredi midi, des gens se rassembleront devant l'hôtel de ville de Sherbrooke. Une trentaine de personnes sont déjà sur place. Les gens présents sont fort ébranlés par les dernières nouvelles. 

Parmi les actions posées, on a donné 50 coups de tambour symbolant les 50 coups de fouet qu'a reçus Raif Badawi. 

Raif Badawi est en prison depuis juin 2012 pour les propos tenus sur le site web « Libérez les libéraux saoudiens » et pour ses chroniques dans un journal du pays. Les autorités saoudiennes lui reprochent d'avoir insulté l'islam. Au début des procédures, il faisait face à une accusation d'apostasie, un crime en Arabie saoudite, qui peut mener à la peine de mort.

« C'est un châtiment complètement disproportionné. C'est homme est un prisonnier d'opinion qui n'a commis aucun crime. Il a voulu exprimer ses opinions dans un pays où ce n'est pas permis. On est très inquiet, car on ne sait pas dans quel était il se retrouvera après », dit Mme Elchacar.

Aministie internationale invite la population à signer une pétition sur son site Internet afin de maintenir une pression sur le gouvernement saoudien.

Le Canada dénonce la flagellation 

L'ambassadeur canadien pour la liberté de religion, Andrew Bennett, a déclaré : « La flagellation publique devant une mosquée de Djeddah, chaque semaine pendant 20 semaines, à raison de 50 coups de fouet chaque fois, constitue une atteinte flagrante à la dignité humaine, que je dénonce avec force. Le Canada adhère fermement au respect des libertés fondamentales que sont la liberté de religion, la liberté d'expression et la liberté d'association, entre autres droits inaliénables, car ce sont les bases sur lesquelles une société se fonde, s'épanouit et se développe. »

« La peine infligée à M. Badawi est inhumaine et indigne d'une société qui cherche à progresser dans la communauté des nations. Un tel progrès doit reposer sur le respect de la liberté de religion et des autres droits fondamentaux. Nous continuons d'appeler à la clémence et à la pitié des autorités saoudiennes dans cette affaire », a-t-il ajouté.

Le porte-parole du NPD en matière de droits de la personne, Wayne Marston, réclame la libération de Raif Badawi. « Les néo-démocrates sont horrifiés que le défenseur de la liberté d'expression saoudien Raif Badawi ait été flagellé en public, aujourd'hui [vendredi], dans le cadre de sa sentence », a-t-elle déclaré.

Mme Marston avait écrit au ministre des Affaires étrangères, John Baird, en mai dernier afin de lui demander d'intervenir auprès de ses homologues d'Arabie saoudite et d'assurer la libération de M. Badawi. « Je n'ai toujours pas reçu de réponse du bureau de M. Baird, mais aujourd'hui, je réitère ma demande et le somme d'intervenir dès aujourd'hui et d'exiger la libération immédiate de M. Badawi avant que l'exécution de sa sentence ne se poursuive. »

Le gourvernement américain a également dénoncé la sentence infligée à Raif Badawi. 

 

Justice et faits divers