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Carnage au journal français Charlie Hebdo

Attentat contre Charlie Hebdo : Raymond Saint-Pierre retrace le fil des événements

Douze personnes - deux policiers, un invité, huit journalistes et un employé d'entretien de l'immeuble - sont mortes et 11 autres ont été blessées mercredi, lors d'une attaque à l'arme automatique et au lance-roquettes menée par au moins deux hommes cagoulés au siège du journal satirique Charlie Hebdo à Paris.

Quatre des blessés se trouvent dans un état critique et leur vie est menacée.

La fusillade a eu lieu dans le hall et devant le siège de l'hebdomadaire. Les trois auteurs de l'attaque, qui ont été identifiés, auraient crié « nous avons vengé le prophète », et « Allah akbar » (Dieu est grand), ont indiqué des témoins. Ils ont ensuite pris la fuite et sont toujours activement recherchés. 

Les dessinateurs et caricaturistes - connus sous leur nom de plume Cabu, Charb, Tignous et Wolinski - ont été tués au cours de l'attaque.

Stéphane Charbonnier, alias « Charb », était le directeur de Charlie Hebdo. Il avait 47 ans. Jean Cabut, dit « Cabu », était âgé de 76 ans. Georges Wolinski, 80 ans, collaborait aussi avec plusieurs autres publications. Bernard Verlhac, qui avait emprunté le nom de plume « Tignous », dessinait également pour Marianne et Fluide glacial.

L'économiste Bernard Maris, qui signait des chroniques sous le pseudonyme d'Oncle Bernard dans Charlie Hebdo, a également été tué.

Le policier en faction dans les locaux de la publication a été abattu de même qu'un de ses collègues, arrivé en renfort, qui a tenté d'empêcher la fuite des assaillants à l'extérieur de l'immeuble. Il s'agit de Franck Brinsolaro, brigadier au service de la protection, et Ahmed Merabet, agent de police.

Les autres victimes sont :

  • Frédéric Boisseau, agent d'entretien
  • Elsa Cayat, psychanalyste et chroniqueuse
  • Philippe Honoré, dit Honoré, dessinateur
  • Mustapha Ourrad, correcteur
  • Michel Renaud, ancien directeur de cabinet du maire de Clermont

Attentat à Charlie Hebdo, ce que l'on sait : 

  • Le plus jeune suspect, Hamyd Mourad, se serait rendu à la police 
  • Les deux autres suspects sont les frères Saïd et Chérif Kouachi, respectivement âgés de 34 et 32 ans
  • Une opération policière a lieu à Reims
  • Une enquête a été ouverte pour « assassinat et tentative d'assassinat, vol à main armée, infraction à la législation sur les armes, le tout en lien avec une organisation terroriste, et association de malfaiteurs criminelle »
  • Bilan de la tuerie : 12 morts et 11 blessés
  • Parmi les victimes : deux policiers, les dessinateurs vedettes Charb, Cabu, Wolinski et Tignous, ainsi que l'économiste Bernard Maris
  • Les terroristes se réclamaient d'Al-Qaïda, selon le témoignage de la dessinatrice Corinne Rey, qui a survécu à l'attentat

Des témoins racontent l'horreur

« Deux hommes cagoulés sont entrés dans l'immeuble avec des kalachnikovs », a précisé un témoin de la scène, Benoit Bringer. « Quelques minutes plus tard, nous avons entendu plusieurs tirs. »

Une source de l'AFP soutient que les « deux hommes armés d'une kalachnikov et d'un lance-roquettes ont fait irruption au siège du journal » vers 11 h 30, heure de Paris.

Les individus auraient ouvert le feu au cours d'une réunion de la rédaction de l'hebdomadaire. « Un commando a débarqué rue Nicolas-Appert, au 10, dans les locaux de Charlie Hebdo, ont fait usage d'armes automatiques, de type kalachnikov, et ont tué tout ce qui se présentait à l'intérieur », a confirmé un membre de l'Alliance police nationale, un syndicat de policiers, Emmanuel Quemener.

Ce dernier a fait état de la présence de trois agresseurs.

Jointe par téléphone, alors qu'elle était encore sur les lieux de la fusillade, en état de choc, la dessinatrice Corinne Rey dite « Coco », témoigne : « J'étais allée chercher ma fille à la garderie, en arrivant devant la porte de l'immeuble du journal deux hommes cagoulés et armés nous ont brutalement menacées. Ils voulaient entrer, monter. J'ai tapé le code. Ils ont tiré sur Wolinski, Cabu... ça a duré cinq minutes... Je m'étais réfugiée sous un bureau... Ils parlaient parfaitement le français... Se revendiquait d'Al-Qaïda ». (extrait du journal L'Humanité)

Un blessé évacué du siège de Charlie Hebdo.Un blessé évacué du siège de Charlie Hebdo.

Les assaillants, vêtus de noir et cagoulés, ont fait irruption dans l'immeuble abritant les locaux de Charlie Hebdo vers 11 h 30, heure locale, après être arrivés sur les lieux à bord d'une Citroën C3 de couleur noire.

Après avoir tué 11 personnes sur place, ils ont repris leur véhicule, ouvrant le feu en chemin sur trois patrouilles policières. Un policier du 11e arrondissement a été tué lors de la troisième rencontre, boulevard Richard-Lenoir.

Dans leur fuite, les assaillants ont percuté un véhicule près de la place du Colonel-Fabien, blessant du coup une conductrice. Ils ont abandonné leur véhicule non loin de cet endroit, rue de Meaux, dans le 19e arrondissement de Paris, près de la porte de Pantin. Ils ont alors braqué une Renault Clio avant de poursuivre leur cavale, possiblement en direction du département Seine-Saint-Denis.

Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier à survenir en France depuis plusieurs décennies. Une vague d'une dizaine d'attentats islamistes, survenus à Paris en 1986, avait fait 12 morts et quelque 200 blessés.

« C'est un attentat terroriste, cela ne fait pas de doute », a déclaré François Hollande, qui s'est rendu sur les lieux de la tragédie un peu avant 13 h, heure locale. Le président Hollande a déclaré qu'il s'agissait d'un attentat terroriste d'une « exceptionnelle barbarie ».

De son côté, le premier ministre Manuel Valls a décidé de relever le plan Vigipirate contre les attentats à son niveau le plus élevé dans la région Île-de-France.

Les leaders politiques de la planète, dont le président américain Barack Obama, le premier ministre britannique David Cameron et la chancelière allemande Angela Merkel, ont condamné l'attaque. De l'autre côté, le groupe armé État islamique s'est réjoui de l'attaque, estimant qu'il s'agissait d'une vengeance bien méritée contre la France.

Charlie Hebdo ciblé en 2011

Le siège social de Charlie Hebdo a été détruit en novembre 2011 lors d'un incendie criminel qui avait été qualifié d'attentat par le gouvernement français. Son site Internet avait également été piraté le jour de la sortie d'un numéro spécial intitulé « Charia Hebdo », avec « Mahomet rédacteur en chef ».

En 2013, un homme de 24 ans a été condamné à une peine de prison avec sursis pour avoir appelé, sur Internet, à la décapitation du directeur de Charlie Hebdo à la suite de la publication de caricatures de Mahomet.

En 2006, le journal avait déjà été attaqué en justice après avoir publié des caricatures du prophète Mahomet que le journal danois Jyllands-Posten avait publiées à l'origine et qui avaient soulevé une vague d'indignation dans le monde musulman.

La publication avait gagné ses procès en première instance puis en appel.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, Associated Press, et Le Monde

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