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La famille du journaliste Mohamed Fahmy s'attend à sa déportation prochaine

Mohamed Fahmy, le 5 mai dernier

Mohamed Fahmy, le 5 mai dernier

Photo : Hamada Elrasam

La Presse canadienne
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La famille du journaliste canado-égyptien Mohamed Fahmy, emprisonné au Caire depuis plus d'un an, a appris de bonne source qu'il serait bientôt déporté au Canada et espèrent que la visite prochaine du ministre John Baird en Égypte pourra accélérer le processus.

Les proches de M. Fahmy disent tenir d'un haut fonctionnaire égyptien que la demande d'extradition suit son cours et qu'elle en est maintenant aux étapes finales. Sa fiancée, Marwa Omara, a indiqué dans un courriel en provenance du Caire que la venue « la semaine prochaine » du ministre canadien des Affaires étrangères pourrait accélérer les choses.

À Ottawa, le ministère n'a pas encore annoncé la date de ce déplacement officiel, mais, selon Mme Omara, le ministre Baird devrait arriver au Caire le 15 janvier. Les avocats de Mohamed Fahmy, Amal Clooney et Lorne Waldman, souhaitent alors rencontrer M. Baird pour régler les derniers détails du rapatriement du journaliste.

En novembre dernier, le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, a adopté un nouveau décret qui lui accorde le pouvoir de déporter des étrangers condamnés pour un crime ou simplement accusés.

Accusations d'atteinte à la sécurité nationale

M. Fahmy, âgé de 40 ans, est l'un des trois journalistes du réseau anglais d'Al-Jazira arrêtés par les autorités égyptiennes au Caire le 29 décembre 2013. Le correspondant australien Peter Greste, le réalisateur égyptien Baher Mohamed et M. Fahmy ont été plus tard accusés d'avoir soutenu les Frères musulmans du président déchu Mohammed Morsi, et d'avoir trafiqué des reportages dans le but d'ébranler la sécurité nationale. Les trois hommes ont toujours rejeté ces accusations.

MM. Fahmy et Greste ont été condamnés en 2014 à une peine de sept ans de prison (Nouvelle fenêtre), alors que M. Mohamed a écopé de dix ans de pénitencier. La Cour de cassation a cependant ordonné la semaine dernière la tenue d'un nouveau procès, mais en attendant, les trois journalistes devront demeurer en détention puisque leur demande de remise en liberté sous caution a été rejetée. Les proches de M. Fahmy espèrent cependant que le journaliste canado-égyptien sera déporté avant la tenue du nouveau procès.

Mohamed Fahmy avait déménagé avec sa famille au Canada en 1991. II a vécu à Montréal et à Vancouver pendant plusieurs années avant de partir travailler à l'étranger.

L'arrestation des trois hommes avait été condamnée par plusieurs organisations de défense des droits de la personne, qui soutenaient que les journalistes ne faisaient que leur travail. Certains observateurs croient d'ailleurs que les trois hommes ont été victimes de représailles de l'Égypte envers le Qatar, un État du Golfe qui finance le réseau Al-Jazira et qui était un proche allié du président Morsi et des Frères musulmans, une organisation aujourd'hui interdite.

Des « pions dans une joute géopolitique »

Les deux pays ont entamé des rapprochements depuis quelques semaines, ce qui a fait naître l'espoir d'un dénouement prochain dans l'affaire des trois journalistes.

Dans une lettre ouverte publiée mardi par le New York Times, Mohammed Fahmy écrit que « les journalistes d'Al-Jazira ont été les pions dans une joute géopolitique qui n'avait rien à voir avec notre travail en tant que professionnels impartiaux ».

« Nous sommes trois journalistes qui avons été entraînés bien malgré nous dans une guerre froide entre, d'un côté, l'Égypte, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Bahreïn, et de l'autre, le Qatar et ses alliés, dont la Turquie », soutient-il. « Nous aimerions rappeler à M. Sissi que dans la guerre qu'il a déclarée au cancer islamiste, et à ses rejetons violents, les journalistes ne sont pas ses ennemis, mais ses alliés. Nous dévoilons au grand jour le terrorisme qu'il tente d'éradiquer. »

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