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Obama prêt à bloquer une loi qui forcerait la construction de l'oléoduc Keystone XL

Obama opposera son veto à Keystone XL : reportage de Frédéric Arnould
Radio-Canada

Barack Obama est prêt à bloquer une loi du Congrès qui forcerait la construction de l'oléoduc Keystone XL, souhaitée par le Parti républicain. « Si cette loi est votée par le Congrès, le président ne la signera pas », a fait savoir mardi son porte-parole, Josh Earnest.

Selon ce dernier, une telle loi viendra court-circuiter le processus d'évaluation environnemental en cours, d'autant plus que l'enjeu du tracé de l'oléoduc n'est pas résolu.

La controverse entourant ce projet, que la pétrolière TransCanada veut bâtir pour acheminer du pétrole des sables bitumineux albertains jusqu'au golfe du Mexique, vient de reprendre de plus belle aux États-Unis, en raison d'un changement de garde au Congrès.

Fort de nombreux gains aux élections de mi-mandat, le Parti républicain prend en effet le contrôle du Sénat mardi, sans compter que la majorité qu'il détenait déjà à la Chambre des représentants a augmenté. Il peut dorénavant maîtriser l'agenda législatif de A à Z pour cette 114e session du Congrès américain.

Les républicains ont déjà fait savoir que leur priorité absolue consiste à adopter un projet de loi autorisant la construction de l'oléoduc, ce qui ouvre la voie à une confrontation avec le président Barack Obama, issu des rangs démocrates.

Le projet de loi en question devrait être déposé au Sénat d'entrée de jeu mardi, et des négociations avec les sénateurs démocrates sur d'éventuels ajouts au texte de loi pourraient être entreprises dès jeudi, afin que le tout puisse être débattu à la Chambre haute dès la semaine prochaine.

La Chambre des représentants doit pour sa part voter sur un texte similaire autorisant le chantier dès vendredi, et son adoption ne fait aucun doute. La Chambre basse avait agi de la sorte en novembre dernier, mais le texte avait été rejeté par une seule voix au Sénat, alors contrôlé par les démocrates. Soixante votes étaient nécessaires.

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Un projet de loi adopté par le Congrès pourrait donc se retrouver d'ici peu sur le bureau du président. Si ce dernier oppose bel et bien son veto, le Congrès pourra l'annuler, mais il devra alors obtenir les deux tiers des voix des représentants et des sénateurs, ce qui est loin d'être acquis.

Le président Obama, qui a longtemps projeté une image de neutralité dans ce débat, a ouvert son jeu en juin 2013, en déclarant qu'il n'approuverait le projet que s'il a la garantie qu'il n'augmentera pas de façon importante les émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis.

Il y a moins d'un mois, il a réitéré ses doutes au sujet des bénéfices à ce sujet. Peu d'emplois seraient créés par le projet au bout du compte et le prix de l'essence ne diminuerait pas nécessairement, a-t-il noté. Selon lui, les pétrolières seraient les seules véritables gagnantes, parce qu'elles pourraient ainsi exporter leurs ressources.

Josh Earnest avait déjà répété ces griefs lundi, en ajoutant que le projet devait aussi faire l'objet d'une évaluation environnementale fédérale. Cette évaluation ne peut cependant être achevée tant qu'un tribunal du Nebraska n'aura pas rendu son verdict dans une dispute concernant le tracé de l'oléoduc.

Les républicains soutiennent le projet d'oléoduc sur la base de la création d'emplois et de la recherche de l'indépendance énergétique.

Ottawa évoque un débat américain, TransCanada s'impatiente

Par le biais de son directeur des communications Chris McCluskey, le ministre canadien des Ressources naturelles a rappelé que la position canadienne à ce sujet n'a pas changé : « nous croyons que ce projet doit être approuvé. Il créera des emplois pour les travailleurs américains et canadiens ».

Chris McCluskey fait remarquer qu'« en ce moment, ce n'est pas un débat entre le Canada et les États-Unis. C'est un débat entre le président [Obama] et le peuple américain, qui est très largement pour ce projet. Et nous n'allons pas commenter le processus politique américain ».

Pour sa part, le PDG de TransCanada, Russ Girling, a réagi dans un communiqué dans lequel il fait remarquer que le processus d'examen du projet Keystone XL commence à traîner en longueur. « TransCanada a patiemment et diligemment travaillé depuis 2008 en se conformant à chaque détail dans ce processus sans précédent. Nous l'avons fait pour assurer que Keystone XL soit construit et exploité en toute sécurité », a-t-il écrit, ajoutant que le département d'État a déjà conclu que le projet est faisable.

Pour être clair, ceci est juste un pipeline. Pas le premier. Pas le dernier. Juste un pipeline sûr et fiable qui fournit de l'énergie dont les Américains ont besoin. Il est temps de prendre une décision. 

Le PDG de TransCanada, Russ Girling
Keystone XL
Avec les informations de Associated Press, et Agence France-Presse

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