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Le vol QZ8501 d'AirAsia s'est probablement abîmé en mer

Les autorités indonésiennes surveillent de près le progrès des recherches dans la mer de Java. Photo: Darren Whiteside / Reuters
Reuters

L'avion de la compagnie Indonesia AirAsia qui a disparu dimanche matin avec 162 personnes à son bord s'est très probablement abîmé en mer, mais sa trace n'a pas encore été retrouvée, ont annoncé lundi les autorités indonésiennes.

L'avion, un Airbus A320-200, effectuait la liaison entre Surabaya, en Indonésie, et Singapour. Il transportait 155 passagers et sept membres d'équipage, dont un copilote français.

Il a disparu des écrans de contrôle dimanche à 6 h 17 (samedi 23 h 17 UTC), alors que le pilote avait demandé cinq minutes plus tôt l'autorisation de modifier son plan de vol pour passer d'une altitude de 32 000 à 38 000 pieds, à cause des mauvaises conditions météorologiques.

Cette demande d'autorisation, pas inhabituelle en cette période de mousson, d'après un pilote connaissant bien la région, lui avait été refusée en raison du fort trafic aérien dans cette zone, ont précisé les autorités.

« Sur la base des données dont nous disposons, nous estimons que l'avion a touché la mer et nous pensons à présent qu'il est au fond de l'océan », a déclaré lors d'une conférence de presse le chef de l'agence indonésienne de recherches et de secours, Bambang Soelistyo.

Selon un haut responsable de l'aviation civile indonésienne, les enquêteurs ont récupéré les données radar de l'appareil et attendent maintenant que les recherches mises en oeuvre permettent de localiser des débris de l'avion.

Les secours se concentrent sur une région entre l'île de Belitung et Kalimantan, sur le côté ouest de l'île de Bornéo, à mi-chemin du plan de vol prévu.Les secours se concentrent sur une région entre l'île de Belitung et Kalimantan, sur le côté ouest de l'île de Bornéo, à mi-chemin du plan de vol prévu. Photo : Google

25 à 50 m de profondeur

Les recherches, suspendues dimanche à la tombée de la nuit, ont repris lundi à l'aube au-dessus de la mer de Java et se concentrent à proximité des îles indonésiennes de Bangka Belitung.

D'après un officier de la marine indonésienne, la mer ne fait dans cette zone que de 25 à 50 mètres de profondeur.

Deux avions Hercules de l'armée de l'air indonésienne participent aux recherches. Singapour a envoyé de son côté deux navires de la marine pour prendre part à l'opération, tandis que l'Australie a annoncé qu'un avion de surveillance P3 Orion avait décollé de Darwin, dans le nord, pour rallier la zone.

La Malaisie va envoyer trois navires et un avion C-130 en soutien, a rapporté par ailleurs une chaîne de télévision singapourienne.

Les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Corée du Sud, la Chine et l'Inde ont également offert leur soutien; deux enquêteurs du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) français accompagnés de deux conseillers techniques d'Airbus sont partis dimanche soir pour Jakarta.

Le chef Soelistyo a reconnu que l'Indonésie manquait de moyens technologiques pour mener des recherches sous-marines et qu'elle avait donc accepté les offres d'aide des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France.

Une perte de contrôle 

D'après l'expert en aviation civile et pilote d'avion Jean Lapointe, s'il n'y a pas eu d'appel de détresse dans le cas de cet appareil d'AirAsia, c'est « parce que les pilotes étaient trop occupés à tenter de remettre l'avion dans une enveloppe de vol sécuritaire ».

M. Lapointe affirme qu'il est indéniable qu'il y a eu perte de contrôle, « comme dans le cas du vol d'Air France 447 entre Rio et Paris [en juin 2009], comme dans le cas du vol d'un appareil MD-83 d'Air Algérie au mois de juillet 2014; quelle que soit la raison qui a amené l'écrasement c'est sûr et certain qu'il y a un point commun de perte de contrôle ».

Dernière opération de maintenance à la mi-novembre

Indonesia AirAsia appartient à 49 % à la compagnie malaisienne à bas coûts AirAsia qui, en 13 ans d'activité, n'a pas connu d'accident.

Cependant, les autorités indonésiennes ont annoncé lundi qu'un audit viserait toutes ses activités, tandis que le cours de l'action AirAsia a perdu 8,5 % à la Bourse de Kuala Lumpur.

Le groupe AirAsia, un des plus gros clients d'Airbus, compte également des filiales en Thaïlande, aux Philippines et en Inde.

Son président, le Malaisien Tony Fernandes, s'est rendu dimanche à Surabaya. « C'est mon pire cauchemar, a-t-il écrit sur Twitter. Mais on ne s'arrête pas », a-t-il poursuivi au sujet des recherches.

À bord du vol QZ8501 se trouvaient 155 Indonésiens, trois Sud-Coréens, un Malaisien, un Singapourien, un Britannique et un copilote français.

Le pilote indonésien était expérimenté et l'avion avait subi des opérations de maintenance à la mi-novembre, a précisé la branche indonésienne d'AirAsia.

L'appareil, livré en 2008, avait effectué 23 000 heures de vol en quelque 13 600 vols, d'après Airbus. Au regard des normes de l'aviation civile, il s'agissait d'un avion assez récent (l'exploitation d'un avion de ligne peut atteindre 25 ans), spécialisé dans les liaisons courtes (en moyenne, il effectuait depuis sa mise en service six vols par jour).

Cette disparition est la dernière en date d'une série noire pour les compagnies aériennes malaisiennes. Il y a d'abord eu la disparition inexpliquée du vol MH3710 de la Malaysia Airlines le 8 mars, entre Kuala Lumpur et Pékin, avec 239 personnes à son bord; puis la destruction du vol MH17 de la même compagnie le 17 juillet, au-dessus de l'est de l'Ukraine, qui a entraîné la mort de 239 passagers et membres d'équipage.

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