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2014, une autre année difficile pour l'environnement

Radio-Canada

Ce n'est pas en 2014 que nous aurons sauvé notre planète. L'humanité consomme toujours une fois et demie plus de ressources que la Terre est capable d'en produire annuellement. Une tendance qui ne peut que s'accélérer avec l'augmentation de la population mondiale, qui passera de 7 milliards à 9 milliards et demi en 2050.

Un texte de Michel MarsolaisTwitterCourriel

Changements climatiques, déforestation et défis alimentaires nous réservent d'autres mauvaises surprises.

En 2014, on estime que l'humanité a épuisé les ressources annuelles de la planète dès la fin de l'été. « Chaque année, ce qu'on appelle les réserves de la biosphère sont épuisées plus tôt », de dire Rodolphe de Koninck, de la Chaire de recherche du Canada en études asiatiques, de l'Université de Montréal.

On a baptisé cet événement le Jour du dépassement. Au début des années 90, cette date était fixée en novembre. En 2014, elle a été fixée au 19 août.

« La courbe de la croissance de la population et de l'usage des ressources et la courbe des ressources qui restent se sont croisées. Et l'écart s'accroît. Donc, en ce moment, on vit à crédit. Pendant combien de temps encore? C'est difficile de le dire, mais les études s'entendent pour dire que dans l'horizon 2020-2030, on va commencer à frapper des contraintes très importantes, on va frapper des murs », constate Karel Mayrand, directeur québécois de la Fondation David Suzuki.

Les indicateurs environnementaux de 2014 n'ont rien pour rassurer. Avec 36 milliards de tonnes d'émissions de gaz à effet de serre, l'atmosphère a aussi atteint cette année la concentration critique de 400 particules de CO2 par million. Un seuil inégalé depuis 800 000 ans et que plusieurs considèrent comme un point de non-retour.

Les chiffres auraient pu être pires si la Chine n'avait pas connu un ralentissement de sa croissance économique.

La lutte au changement climatique fait du sur-place même si les États-Unis et la Chine viennent de conclure une entente importante sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Un véritable accord international est toujours en attente d'être signé. On espère y parvenir lors la Conférence de Paris sur le climat en 2015.

La circulation automobile, une grande source d'émission de gaz à effet de serre

La circulation automobile, une grande source d'émission de gaz à effet de serre

Les traces de l'activité humaine ont progressé et plus de 5 millions d'hectares de forêt ont été rasés par l'homme. Pas moins de 11 millions d'hectares sont devenus des déserts, sans compter près de 7 millions d'hectares de terres arables perdues à cause de l'érosion.

L'industrie du gaz et du pétrole de schiste a explosé aux États-Unis en 2014, et on estime que près de 10 millions de tonnes de produits chimiques toxiques ont été déchargés dans la nature par l'industrie.

La biodiversité continue aussi de subir des coups durs et certaines espèces en sont réduites à quelques dizaines de spécimens.

Les éléphants africains pourraient disparaître d'ici peu, tandis que la surpêche menace de rompre l'équilibre dans les océans. La surpêche pourrait entraîner l'effondrement des principaux stocks de poissons vers 2040.

Au cours des 40 dernières années, la moitié des espèces sauvages de la planète ont été éliminées, selon le Fonds mondial pour la nature.

« Maintenant, nous devons prendre de grandes décisions et elles doivent être prises au niveau politique. Nous devons exiger des lois qui garantissent la protection de l'environnement », clame l'environnementaliste David Suzuki.

« Nous avons un modèle de société qui répète qu'il faut que le PIB croisse. Or, le PIB, c'est de la monnaie de singe! » s'insurge Rodolphe de Koninck.

« On a une responsabilité par rapport à l'avenir de la planète et je pense que tout le monde est très conscient de cet enjeu-là », pense également Éric Pineault, économiste à l'UQAM.

Le temps pour agir commence à manquer.

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