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Les Canadiens ont la piqûre pour l’apiculture

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

En ville ou en campagne, de plus en plus de Canadiens se lancent dans l'élevage d'abeilles. La Colombie-Britannique connaît à ce chapitre un véritable boom. La province compte plus de 2400 apiculteurs, une augmentation de 30 % depuis 2010.

Un texte de Frédéric ArnouldTwitterCourriel

En plein mois de décembre, Amanda Goodman surveille ses colonies à Richmond en banlieue de Vancouver. Un million d'abeilles peuplent ses 80 ruches qui sont de véritables greniers à miel. Elle et son mari Jeff pratiquent l'apiculture comme passe-temps depuis cinq ans. Une passion qu'elle qualifie d'addictive et qui lui permet de faire le vide après le travail. « Quand je viens ici pour travailler parmi mes abeilles, dit-elle, je ne pense plus qu'à ça », dit-elle.

Elle a acheté ses premières abeilles chez Jean Marc Ledorze, président de Golden Ears Apiaries, basé à Mission, dans la vallée du Fraser. Celui qui a commencé par deux ruches il y a 20 ans en possède aujourd'hui 4500. Il fait du miel, mais surtout il loue ses abeilles pour la pollinisation et en vend à ceux qui veulent se lancer en apiculture. « C'est la beauté des abeilles, il y a moyen de diviser les ruches pour en faire deux ou quatre avec une ruche et puis l'an prochain on a quatre ruches ».

En cinq ans, la production de miel a doublé en Colombie-Britannique pour une valeur totale de 12 millions de dollars.

Un engouement généré par un constat inquiétant

Selon Paul van Westendorp, apiculteur en chef de la Colombie-Britannique, l'impact économique de ces abeilles sur l'agriculture locale se chiffre à plus 250 millions de dollars, notamment en raison de la pollinisation, essentielle au secteur agricole. Et cet engouement pour l'apiculture est dû en bonne partie au constat inquiétant du déclin de la population mondiale d'abeilles de ces dernières années. Un engouement que l'on retrouve de plus en plus en milieu urbain si l'on en croit Julia Common, elle-même apicultrice.

Elle a lancé avec sa fille un projet de ruches urbaines dans le quartier défavorisé du Downtown Eastside, avec une mission sociale, aider les résidents du quartier. Ses abeilles que l'on retrouve dans une cinquantaine de ruches au centre-ville de Vancouver ont tout un avantage sur celles de la campagne. « Il y a beaucoup d'endroits où les abeilles peuvent manger et il n'y a pas beaucoup de pesticides à Vancouver, c'est fantastique ».

Pas pour tout le monde

D'ici quelques années, Amanda Goodman et Jeff prendront leur retraite. Ceux qui ont commencé avec juste deux ruches pour un investissement total d'environ 1000 dollars, comprenant les ruches et l'équipement, ne tarissent pas d'éloges pour leur passion, mais ne pensent pas que ce soit pour tout le monde. Surtout par pour les personnes allergiques, car oui, ces abeilles piquent de temps en temps. Ils comptent en tout cas agrandir leur entreprise avec un objectif de 300 ruches. Et ils ne se sont pas peu fiers de contribuer à la sauvegarde de l'environnement, une ruche à la fois.

Société