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Plus de morceaux du passé des Montréalais accessibles en ligne

Radio-Canada

Depuis plus d'un siècle, Montréal a un service d'archives. Quatre kilomètres de documents, de procès-verbaux, de registres, et 1 million de photographies. Pour des raisons de préservation, les chambres fortes sont rarement ouvertes au public, mais plus de 300 000 pièces ont été numérisées jusqu'à maintenant.

Un photoreportage de Anne-Louise DespatieTwitterCourriel

Les efforts se poursuivent en vue de rendre accessibles un plus grand nombre de ces trésors qui sont conservés dans les chambres fortes situées sous les parterres, devant l'hôtel de ville de Montréal.

Les chambres fortes, construites dans les années 1920, abritent les archives depuis 1922. Ironiquement, elles ont rapidement fait leurs preuves parce qu'un incendie a détruit l'hôtel de ville la même année.

« Dans la nuit du 3 au 4 mars 1922, l'hôtel de ville passe au feu. Il ne va rester que les murs et les archives. Les chambres fortes ont permis de sauvegarder l'ensemble des archives. Sans elles, on n'aurait aucun document d'avant 1922, alors que là, on remonte à 1796 », raconte Mario Robert, le chef du Service des archives de Montréal. Crédit photo : Archives de Montréal

Pour les préserver, les documents sont manipulés avec des gants blancs. Les gens peuvent en consulter plusieurs en ligne ou sur place au Service des archives. « Mais ici, dans les chambres fortes, c'est sûr que les gens ne peuvent pas venir. C'est climatisé, on maintient une température idéale et un taux d'humidité adéquat. Et bien sûr, on porte des gants », explique l'archiviste Anick Forest-Bonin.

Parmi les vedettes du Service des archives : le premier procès-verbal du conseil municipal de Montréal de juin 1833. À l'époque, ce sont les conseillers municipaux qui désignent le maire. « Ce jour-là, Jacques Viger prend le fauteuil et l'aventure de la Ville de Montréal peut commencer », raconte Mario Robert.

Des perles se cachent dans les rapports annuels des différents services de la Ville. En 1914, on apprend que 107 personnes ont été arrêtées pour avoir conduit à plus de 6 mph (9,6 km/h). C'était la limite de vitesse permise à l'époque, dictée par la présence de nombreux chevaux dans les rues de Montréal.

Il y a peu de documents remontant à la Nouvelle-France dans les archives de Montréal. Mais on retrouve un acte notarié datant du 28 mars 1659 en France et signé par Jeanne Mance, la cofondatrice de Montréal. Il est parmi les plus vieux documents présents dans les chambres fortes. Il a été exceptionnellement acheté par la Ville dans les années 1940, étant donné sa valeur historique pour Montréal.

Sur cette image, on peut voir une des trois aquarelles qui constituent les rares représentations d'Autochtones produites en Amérique au 18e siècle.

Cette photo est considérée comme une pièce majeure et unique des archives de Montréal. Dans cette photo composite, le maire Honoré Beaugrand et chaque conseiller municipal ont été photographiés individuellement en studio. Chaque photo a été découpée et collée sur une aquarelle représentant la salle du conseil de 1885. Crédit photo : Archives de Montréal

On trouve aussi des cartes de voeux des années 1950.

Dans l'esprit des fêtes, la page d'une édition spéciale de Noël du Montreal Star, dans les années 1880.

Préserver, mais aussi partager tous ces trésors. « Il y a présentement plus de 300 000 images numérisées en ligne sur notre plateforme Internet. Mais ce n'est qu'une infime portion de notre patrimoine », explique l'archiviste Nicolas Bednarz.

Pour les historiens, la collection de photographies est des plus utiles. « Les archives photographiques sont extraordinaires pour le 20e siècle. Certains grands photographes de Montréal ont été, en fait, des employés de la Ville de Montréal », estime Joanne Burgess, professeure et chercheuse à l'UQAM.

« Ce sont vraiment les archives du quotidien du Montréalais, de la Montréalaise. Ces archives couvrent tous les aspects de la vie de Montréal, de la politique à l'aménagement des rues », dit Dany Fougères, professeur d'histoire et chercheur à l'UQAM.


Regardez le reportage télé d'Anne-Louise Despatie :

Voyage dans le temps

Société