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L'Isle-Verte : « Ne tirez pas de conclusions trop vite », conclut le coroner

Le reportage de Catherine St-Vincent Villeneuve
Radio-Canada

Les audiences de la Commission d'enquête sur la tragédie de L'Isle-Verte sont maintenant terminées. Pendant les témoignages, le coroner Cyrille Delâge s'est dit au moins « convaincu » d'une chose : le feu à la Résidence de L'Isle-Verte n'a pas éclaté dans la chambre 208, contrairement à ce que maintient le préposé de nuit, Bruno Bélanger.

Un texte de Monica LalancetteTwitterCourriel

La famille du résident de la 208, Paul-Étienne Michaud, pousse ainsi un soupir de soulagement. Visiblement ému, Jean-André Michaud a déclaré avoir toujours été convaincu que son défunt père n'était pas responsable de l'incendie. Cette conclusion rend hommage à tous les disparus, conclut-il.

La fin de l'enquête publique a été accueillie par les applaudissements des nombreux citoyens venus entendre les témoignages. La mairesse de L'Isle-Verte, Ursule Thériault, a parlé d'un passage obligé qui aidera les gens à boucler la boucle.

Il n'est par ailleurs pas question pour la procureure Marie Cossette de convoquer Bruno Bélanger à nouveau. Sa version des faits était claire, a-t-elle conclu.

Le coroner peut maintenant juger.

Me Marie Cossette, procureure de l'enquête publique sur la tragédie de L'Isle-Verte
Des flammes qui émanent de la Résidence du Havre.Les flammes pointées sur cette photo font dire aux policiers de la Sûreté du Québec que le feu a débuté dans le secteur de la cuisine.

L'origine du feu : le rez-de-chaussée

Photos à l'appui, le technicien en scène d'incendie de la Sûreté du Québec, Carol De Champlain, a démontré jeudi que le feu s'est propagé de façon horizontale, depuis le rez-de-chaussée. Les images prises la nuit du drame auraient été toutes autres s'il avait pris naissance dans la chambre 208, a donc résumé la procureure Cossette.

Pour le beau-fils de M. Michaud, c'est un poids de moins sur les épaules de sa famille. Julien Boucher a fait valoir que la dernière année avait été difficile en raison de toutes les informations qui avaient circulées. 

La nuit du drame, l'homme de 96 ans aurait demandé de sortir pour fumer, selon le témoignage du préposé de nuit, Bruno Bélanger.

Une version mise en doute dès le départ

Le préposé de nuit de la Résidence du Havre, Bruno Bélanger.Bruno Bélanger a conclu son témoignage devant la Commission d'enquête sur la tragédie de L'Isle-Verte. Photo : Catou Mackinnon/CBC

À la reprise de son témoignage, en matinée, le préposé de nuit est quant à lui resté campé sur sa version des faits. Ce, même quand Me Éric Hardy, qui représente L'Isle-Verte, l'a prévenu qu'elle ne tiendrait probablement plus la route si les policiers démontraient que le feu a pris naissance dans le secteur de la cuisine.

En fait, le coroner n'a pas tardé à mettre en question le témoignage de Bruno Bélanger. « Vous me prenez pour qui ? », lui a-t-il lancé mercredi, à la suite de nombreuses imprécisions. « Des parties de votre témoignage ne se tiennent pas. »

C'est que le préposé de nuit a tenu à rectifier plusieurs éléments, indiquant que ses déclarations avaient été faussées par « l'intimidation » des policiers et par l'état de choc dans lequel il se trouvait dans les moments qui ont suivi la tragédie. Jamais, cependant, il n'a fléchi sur sa certitude que l'incendie avait débuté dans la chambre 208.

Lorsqu'il a arrimé sa version à celle donnée précédemment par la copropriétaire Irène Plante, qui est aussi sa conjointe, le coroner lui a demandé : « ce n'est pas plutôt par le témoignage de Mme Plante que vous avez été intimidé ? ».

Mercredi, un témoin-surprise, ainsi que les copropriétaires Roch Bernier et Irène Plante, ont témoigné devant le coroner Cyrille Delâge. Au 8e et dernier jour de l'enquête publique, plusieurs questions sont demeurées en suspens.

Plan montrant l'emplacement des victimes (rouge) et des restes humains (orange) à la suite de la tragédie qui a détruit la Résidence du Havre, à L'Isle-Verte.

Plan montrant l'emplacement des victimes (en rouge) et des restes humains (en orange) à la suite de la tragédie qui a détruit la Résidence du Havre, à L'Isle-Verte.Plan montrant l'emplacement des victimes (en rouge) et des restes humains (en orange) à la suite de la tragédie qui a détruit la Résidence du Havre, à L'Isle-Verte. Photo : Bureau du coroner/Sûreté du Québec

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