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Obama salue le retour « à la maison » d’Alan Gross après cinq ans dans les geôles cubaines

Alan Gross en compagnie de sa femme Judy, alors que prenait fin la conférence de presse.

Photo : Kevin Lamarque / Reuters

Radio-Canada

Un avion s'est posé ce matin non loin de Washington avec, à son bord, l'Américain Alan Gross en provenance de Cuba. « Aujourd'hui, Alan est rentré à la maison », a déclaré le président Barack Obama lors d'une allocution historique qui marque l'ouverture d'un nouveau chapitre dans la relation des États-Unis avec Cuba.

Alan Gross a passé cinq ans dans une prison cubaine. « Maintenant, il est en sécurité sur nos rives », a ajouté le président américain, précisant que c'est le pape François lui-même qui l'avait sollicité pour que le cas de M. Gross soit enfin résolu.

« Hier, j'ai parlé à Raul Castro pour organiser la libération d'Alan Gross », a expliqué mercredi le président Obama. Il s'agissait ni plus ni moins de la première conversation directe entre un président américain et son homologue cubain depuis la rupture des relations américano-cubaines, en 1961.

« C'est formidable »

C'est un Alan Gross souriant qui s'est présenté devant la presse à mi-journée. « C'est formidable », a-t-il déclaré avant de pousser un profond soupir. « Quelle bénédiction d'être un citoyen de ce pays », a-t-il poursuivi, en exprimant sa profonde gratitude au président Obama, à sa femme et à son équipe d'avocats.

Avec un brin d'humour, Alan Gross a exhibé sa bouche quelque peu édentée : « Bientôt j'aurai de nouvelles dents et j'espère qu'elles sauront faire la différence », a-t-il ironisé. Sur une note plus sérieuse, l'ex-prisonnier a parlé de sa profonde admiration pour le peuple cubain, qui n'est nullement responsable de son épreuve, a-t-il tenu à préciser.

Rappelons que les autorités cubaines ont toujours estimé qu'Alan Gross était, en fait, un agent de la CIA. Elles l'avaient condamné à 15 ans de prison pour espionnage, en décembre 2009. Sous-traitant de l'USAID, une agence américaine d'aide au développement international, Alan Gross aurait été libéré pour des raisons humanitaires. 

Alan Gross, à sa descente d'avion dans une base militaire américaine près de WashingtonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Alan Gross, à sa descente d'avion dans une base militaire américaine près de Washington

Photo : ? Handout . / Reuters

Il a été échangé contre trois Cubains que la justice américaine avait condamnés, en 2001, pour avoir infiltré une organisation anti-castriste basée à Miami. Le président cubain Raul Castro a confirmé que les trois agents des services de renseignement étaient maintenant en sol cubain.

En fait, les négociations secrètes qui ont mené à la libération du travailleur humanitaire américain de 65 ans ont duré un an et demi. Elles ont en quelque sorte constitué le prélude du dénouement historique d'une crise vieille de plus de 50 ans.

Des sources américaines soutiennent que l'appel téléphonique de mardi soir entre Barack Obama et Raul Castro avait été précédé d'une série de rencontres secrètes qui avaient débuté en juin 2013 et qui avaient réuni des officiels cubains et américains en sol canadien.

La dernière de ces rencontres, en novembre dernier, a eu lieu au Vatican, où le pape François a joué un rôle crucial pour rapprocher les parties.

Il faut aussi noter que le pape s'était entretenu avec Barack Obama en mars et il avait, l'été dernier, envoyé une lettre tant au président américain qu'au président cubain, relativement à toute cette affaire.

Dans allocution télévisée, le président Obama a tenu à remercier le pape François, qui, a-t-il dit en substance, nous pousse à faire de ce monde un monde meilleur, plutôt que de se contenter du monde tel qu'il est. Barack Obama a aussi remercié un groupe bipartite du Congrès américain qui a travaillé à la libération de M. Gross.

Au total, ce sont cinq personnes qui ont recouvré la liberté dans la foulée du déblocage majeur survenu mercredi. En effet, outre les trois Cubains et Alan Gross, il y a aussi un agent secret américain qui a été relâché, au terme de près de 20 ans d'emprisonnement à Cuba.

Cet homme, dont l'identité n'a pas encore été révélée, a été décrit par le président Obama comme étant l'un des plus importants agents du renseignement que les États-Unis aient eu à Cuba. Il a réintégré les États-Unis en même temps qu'Alan Gross.

Avec les informations de Reuters

International