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Quel est le vrai pouvoir des agences de notation?

Le premier ministre du Québec Philippe Couillard raconte un but mémorable de Jean Béliveau à ses collègues de l'Assemblée nationale.

Radio-Canada

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, affirme que les agences de notation contrôlent les finances publiques du Québec. Qu'en est-il vraiment?

Un texte de Jean-Philippe RobillardTwitterCourriel

Ils contrôlent les finances publiques qu'on le veuille ou non. C'est comme votre banquier, votre hypothèque qui détermine votre taux d'intérêt.

Philippe Couillard, premier ministre du Québec

Vérification faite : c'est plus ou moins vrai. Selon les experts, il est exagéré de dire que les agences de notation contrôlent les finances publiques du Québec, mais elles ont une grande influence sur les choix budgétaires du gouvernement en attribuant des cotes de crédit.

Plus les finances sont bonnes, plus la cote est élevée. À l'inverse, plus le gouvernement a de la difficulté à équilibrer son budget, plus la cote de crédit risque de baisser, ce qui peut faire grimper les taux d'emprunt, et donc augmenter la dette.

  • Les cotes A (et leurs différentes variantes) signifient que l'État concerné a la capacité allant « d'élevée » à « extrêmement élevée » de payer les intérêts et de rembourser le principal sur leur dette;
  • Les cotes Baa (pour Moody's) ou BBB (pour S&P et Fitch) signifient que l'État a une capacité adéquate de payer;
  • Les cotes Ba (pour Moody's) ou BB (pour S&P et Fitch) signifient que sa capacité est incertaine;
  • Les cotes B signifient que sa capacité est très incertaine.

En 1997, selon l'ancien ministre péquiste Rémy Trudel, le gouvernement de Lucien Bouchard avait calculé qu'une décote lui aurait coûté au moins 700 millions de dollars de plus par année en taux d'intérêt.

C'est ainsi que les cotes de crédit des agences font pression sur les politiciens et peuvent influencer leurs choix budgétaires.

En 2013, l'agence de notation Fitch a placé la cote de crédit du Québec sous surveillance en lui attribuant une perspective négative parce que le gouvernement du Parti québécois avait reporté le retour à l'équilibre budgétaire.

Les autres agences, dont Moody's et DBRS, n'avaient donné aucune indication qu'elles avaient l'intention d'abaisser la cote du Québec.

Pour voir les cotes de crédit des provinces canadiennes, cliquez ici. (Nouvelle fenêtre)

Les agences ajoutent à la cote de crédit une « perspective » qui indique la tendance que pourrait prendre la cote de crédit à l'avenir. La perspective peut être négative, positive ou stable. Dans le cas du Québec, toutes les agences attribuent une perspective stable à sa cote de crédit, à l'exception de Fitch, qui lui attribue une perspective négative depuis décembre 2013.

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