•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Victoria approuve le projet de barrage du site C

Image du projet de barrage hydroélectrique du site C à l'est de Fort St John.
Image du projet de barrage hydroélectrique du site C à l'est de Fort St John. Photo: Gouvernement de la Colombie-Britannique
Radio-Canada

La première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark, a annoncé mardi l'approbation du projet de barrage hydroélectrique du site C à l'est de Fort St John.

Produire de l'électricité propre, abordable et fiable est l'un des piliers de l'économie en Colombie-Britannique. Le site C va permettre de soutenir notre qualité de vie pour les décennies à venir tout en développant l'économie.

Christy Clark

Selon la première ministre, le projet va débuter à l'été 2015 et la construction sera achevée d'ici à 2024. Son coût est passé de 7,9 milliards de dollars à désormais 8,775 milliards, dont 440 millions en provenance d'un fonds de réserve.

Haut de 60 mètres et long de plus d'un kilomètre, il s'agira du troisième barrage à être construit sur la rivière Peace, dans le nord-est de la Colombie-Britannique. Capable de générer 1 100 mégawatts d'électricité - soit assez d'énergie pour alimenter 450 000 maisons -, il créera un réservoir d'eau de 83 kilomètres de long, inondant 5 557 hectares de terres.

Des opposants prêts à se battre

La réaction des Premières Nations ne s'est pas fait attendre. « C'est une décision malavisée et stupide (...) qui va avoir un impact grave sur les communautés du Traité 8 et leur mode de vie, » déplore, dans un communiqué de presse, le Grand Chef Stewart Phillip, président de l'Union des chefs autochtones de Colombie-Britannique. « L'adoption de ce projet envoie le message aux Premières Nations que leurs valeurs, croyances et droits peuvent être piétinés dès lors que le gouvernement estime qu'un projet à une importance pour l'économie », ajoute le chef Bob Chamberlin.

Quant au chef de la Première Nation West Moberly, Roland Willson, il dit que sa communauté n'est pas contre le développement, mais craint de voir des terres sacrées inondées. « Nous avons dit non à la destruction de la vallée. C'est le dernier morceau de la vallée que nous avons et c'est très important », lance M. Willson. Il ajoute être prêt à mener l'affaire devant les tribunaux si le gouvernement donne le feu vert au projet.

Le site C est l'erreur la plus chère de toute l'histoire de la Colombie-Britannique.

Réaction de l’ONG environnementaliste Wilderness Committee

Le ministre de l'Énergie et des Mines, Bill Bennett, a assuré, pour sa part, que la province avait fait une analyse en bonne et due forme de la faisabilité du projet. « Ce qui m'a animé depuis un an et demi, c'est de trouver ce qui était le mieux pour les usagers de la Colombie-Britannique, comment obtenir l'énergie dont nous avons besoin au moindre coup, et la réponse a été le projet du site C », a-t-il déclaré. Le ministre précise également que le coût du barrage comprend un budget mis de côté pour les procédures judiciaires. Cinq procès sont déjà en cours.

Des choix pour une énergie bon marché

« Le coût de l'électricité dans cette province est un de ses avantages compétitifs, a ajouté Bill Bennett, le prix de l'électricité pour les résidences est le troisième plus bas en Amérique du Nord, et le prix pour l'électricité destinée au commerce et à l'industrie est le quatrième plus bas. » Construire le barrage du site C permettra de maintenir cet avantage compétitif, a-t-il affirmé.

« Nous ne construirions rien si cela n'était pas nécessaire, a dit le ministre, BC Hydro a évalué [l'augmentation de] la demande pour les 20 prochaines années à 40 % et croit pouvoir combler 78 % de cette nouvelle demande grâce à des économies d'énergie. » Le ministre précise que les 22 % restant proviendront donc du barrage du site C.

Une fois construit, le site c fournira 8 % de l'électricité dont aura besoin la province, selon le ministre Bennett. Celui-ci rappelle que le barrage du site C sera le dernier de cette envergure construit dans la province, car la loi sur l'énergie propre l'interdit. Il faudra alors trouver de nouveaux moyens de produire de l'électricité et faire appel à l'énergie renouvelable.

D'autres sources d'énergie écartées

Le ministre a noté que Victoria avait évalué la faisabilité d'autres sources pour combler les besoins en énergie de la province comme le gaz naturel, des achats sur le marché énergétique, l'énergie géothermique et des projets indépendants. Le gouvernement a écarté ces sources pour diverses raisons.

Le gaz naturel n'est pas une énergie propre et le prix à long terme est inconnu, a expliqué le ministre, en expliquant que les prix sur le marché énergétique sont trop incertains pour assurer la stabilité des prix voulus pour les Britanno-Colombiens. L'énergie géothermique est une source fiable, dit-il, mais il est difficile de trouver des filons productifs. Quant aux sources indépendantes, elles ne sont pas fiables et il faudrait donc qu'elles soient assurées par d'autres sources plus fiables, ajoute M. Bennett.

Carte situant le barrage et le réservoir proposés du site C. Photo : sitecproject.com/ARForest

Approbations environnementales déjà en place

Les gouvernements fédéral et provincial ont déjà donné leur approbation environnementale. En octobre dernier, la ministre de l'Environnement, Mary Pollack, et celui des Forêts, des Terres et de l'Exploitation des ressources naturelles, Steve Thomson, ont annoncé que le projet était dans l'intérêt du public. Selon eux, les bénéfices liés au projet sont plus grands que les risques pour l'environnement, la société et les prochaines générations.

Ils ont toutefois précisé que 77 conditions accompagnaient leur approbation. Le gouvernement avait de son côté fait savoir qu'il se prononcerait avant la fin de l'année.

Carte situant le barrage du site C en Colombie-Britannique. Photo : sitecproject.com/ARForest

Un projet déjà controversé il y a plus de 40 ans

Les premiers plans pour un barrage sur le site C ont été présentés dans les années 1970. À l'époque, les opposants dénonçaient l'idée d'inonder 5400 hectares de terres arables dans la vallée de la rivière de la Paix pour créer un réservoir.

Dans les années 1980, la commission des services publics de la province a rejeté un projet de barrage sur le site C en expliquant qu'il n'était pas nécessaire. Cette fois, la province a exempté le projet d'un examen par la commission.

Trente ans plus tard, en avril 2010, le gouvernement de la Colombie-Britannique confirmait la construction d'un barrage sur ce site situé à quelques kilomètres de Fort St John.

Un texte de : Fanny BédardTwitterCourriel / Annick ForestTwitterCourriel / Anne-Diandra LouarnTwitterCourriel

Colombie-Britannique et Yukon

Énergies renouvelables