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Coiteux s’attaque aux salaires et aux retraites des fonctionnaires

Les offres gouvernementales : reportage de Davide Gentile
Radio-Canada

Québec offre à ses quelque 540 000 fonctionnaires un gel de salaire sur deux ans, suivi d'une augmentation annuelle de 1 % pour les trois années suivantes. Il entend aussi faire passer l'âge de la retraite de 60 à 62 ans et souhaite changer la façon dont elle est calculée, soit sur la moyenne des huit meilleures années, plutôt que cinq, comme c'est le cas actuellement.

En conférence de presse cet après-midi pour présenter les offres libérales, le président du Conseil du trésor a fait montre de fermeté envers les syndicats.

Martin Coiteux estime qu'« accepter les dernières demandes syndicales consisterait à augmenter de plus de 10,8 milliards de dollars la masse salariale de l'État sur une période de trois ans ». Son offre salariale coûterait à l'État 1,2 milliard de dollars.

Sera négociable ce qui est raisonnable dans le contexte des finances publiques et dans le respect de la capacité de payer des citoyens.

Martin Coiteux, président du Conseil du trésor du Québec

Il a précisé qu'en plus des hausses salariales d'au moins 13,5 % souhaitées par les syndicats pour les trois prochaines années, ces derniers « demandent notamment des augmentations en lien avec la croissance économique et avec la croissance des prix », sans compter les diverses demandes de bonifications sectorielles.

Le président du Conseil du trésor estime qu'au total, ces demandes correspondraient à une hausse de 28 % sur trois ans et à l'ajout de 16 800 employés.

« Les Québécois n'ont pas les moyens de payer dans les circonstances actuelles de telles augmentations », conclut-il.

La gestion des ressources humaines doit présenter plus de flexibilité et plus de souplesse qu'elle ne le fait actuellement.

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux

L'équipe de négociation du Conseil du trésor a déjà rencontré les syndicats représentant les employés de l'État des secteurs de l'éducation, de l'enseignement supérieur, de la santé, des services sociaux et de la fonction publique. D'autres rencontres sectorielles sont à prévoir.

La mise à jour économique déposée au début du mois de décembre par le ministre des Finances, Carlos Leitao, donnait déjà une indication de la direction qu'entend prendre le gouvernement.

La mise à jour économique révélait la volonté du gouvernement de récupérer près de 690 millions de dollars dans ses dépenses de rémunération en 2015-2016. Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a confirmé que les fonctionnaires devraient faire un effort dans l'intérêt de tous les Québécois.

Québec solidaire dénonce une offensive contre les femmes

La porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a parlé de demandes, plutôt que d'offres du gouvernement, qui pénaliseront notamment les femmes, selon elle, puisque celles-ci constituent 75 % des employés de la fonction publique.

« On assiste une fois de plus à une offensive du gouvernement Couillard contre les femmes », qui, après l'annonce de la modulation des frais de garderie, doivent maintenant composer avec une hausse salariale de seulement 3 % sur cinq ans.

Tout comme l'ont souligné des syndicats, Mme David pense qu'en agissant de la sorte, le gouvernement dit à ses salariés qu'« ils ne valent pas cher » et, ce faisant, il décourage la relève, à laquelle on promet « appauvrissement » et « précarité ».

La députée de Gouin est convaincue que le plan libéral vise « l'affaiblissement du secteur public » pour lui substituer le privé « au nom du sacro-saint retour à l'équilibre budgétaire ». Cet exercice est réalisable autrement, croit Françoise David, et ce, en faisant des économies, en mettant fin au gaspillage de médicaments, en imposant de fortes redevances pour l'industrie minière, en taxant davantage les banques et en luttant contre l'évitement fiscal.

Françoise David soutient qu'avec ces « demandes patronales inacceptables », le gouvernement libéral n'est pas à l'abri d'une nouvelle crise sociale.

Avec les informations de La Presse canadienne

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