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Climat : un accord timide qui ouvre la voie pour Paris

Photo : iStock

Radio-Canada

Après un ultime marathon de négociation, les pays présents à la conférence de l'ONU sur le climat, à Lima au Pérou, sont parvenus à un accord de dernière minute. Un accord qui maintient le processus de négociation en vue d'un nouveau protocole en 2015, mais qui ne va pas encore assez loin, selon une majorité d'observateurs.

Un texte de Michel MarsolaisTwitterCourriel

Le texte de quatre pages a toutefois apaisé des pays émergents comme l’Inde ou la Chine qui pensent que les pays riches doivent montrer l’exemple.

Chaque pays devra présenter d'ici la fin mars son plan de réduction d'émissions de gaz à effet de serre en vue de la Conférence de Paris l'an prochain, celle qui doit accoucher d'un véritable protocole international. 

Plusieurs pays, comme le Canada, craignent encore que la lutte aux changements climatiques nuise à leur économie.

Mais on commence à reconnaître que le climat est l'éléphant dans la pièce.

« Il y a 15 ans, on parlait de changement climatique dans un mode très futur. Maintenant on est dedans », dit Alain Bourque, directeur général d’OURANOS, un consortium d’étude sur le climat.

Avec 400 particules de CO2 par million dans l’atmosphère, la concentration de gaz l'atmosphère n'a pas été aussi élevée depuis 800 000 ans.

Et les catastrophes qui nous menacent au cours de ce siècle sont réelles : montée du niveau des océans, précipitation accrue dans certaines régions, sécheresse à répétition dans d'autres, acidification des océans.

Les dégâts se chiffreront en milliards de dollars à travers la planète. Au Québec, où on prédit que le climat ressemblera bientôt à celui de la Pennsylvanie, les changements du climat coûtent déjà cher aux assureurs.

« On parle facilement de remboursements de 300 millions de dollars par année dus aux refoulements d'égout liés à des pluies diluviennes », souligne Pierre Babinsky, directeur des Affaires publiques au Bureau d'assurance du Canada.

Le ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec reconnaît qu’il est difficile de se sortir de l’économie du carbone, mais pense qu’une partie de la solution passe par la taxation. David Heurtel était d’ailleurs à Lima pour la signature une entente sur la tarification du carbone avec d’autres provinces canadiennes.

« Il faut qu'il y ait un prix sur le carbone et c'est pour ça qu'on a mis en place un marché sur le carbone avec la Californie », dit-il.

Changements climatiques

Dimanche, à un symposium sur les changements climatiques à l'Université McGill, l'inquiétude était grande.

« La combustion du pétrole et du gaz est en train de virer à l'envers les conditions mêmes qui ont mené à la condition de la vie sur Terre », pense le metteur en scène Dominic Champagne, qui mène une bataille contre l’exploitation du gaz de schiste et du pétrole sur l’île d’Anticosti.

Malgré la puissance du lobby de l’industrie pétrolière, il estime que la population peut forcer les politiciens à agir.

Le poids des climato-sceptiques se fait toutefois encore sentir même si le discours de ceux-ci a évolué devant la montagne d’évidences. Ainsi, le groupe albertain Friends of Science a déployé des panneaux d’affichage – dont un à Montréal – expliquant que les changements du climat sont causés par le soleil et non par l’activité humaine, ce qui est contraire aux données scientifiques.

« Les climato-sceptiques sèment le doute et ça réconforte des politiciens en tout genre qui préfèrent ne rien faire », déplore Saun Lovejoy, de l’Université McGill

Malgré les bonnes intentions, freiner les changements climatiques ne peut se faire que par un effort collectif qui implique de modifier notre mode de vie. La résistance est énorme.

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