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Les médecins de famille rejettent les quotas que veut leur imposer Barrette

Louis Godin (au centre), président de la FMOQ

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les médecins omnipraticiens du Québec partent en guerre contre le projet de loi 20 du ministre de la Santé, qui prévoit l'imposition d'un nombre minimal de patients aux médecins. Ils prévoient de graves conséquences si des modifications au projet de loi ne sont pas apportées.

Selon la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), réunie samedi en conseil général à Montréal, le projet de loi va nuire à la qualité des soins et décourager les étudiants de choisir la branche de la médecine familiale, alors que les besoins sont criants.

Pour nous, il n'est pas question d'accepter cette approche coercitive, mathématique, méprisante pour la médecine familiale, car elle sous-entend que les médecins de famille québécois ne travaillent pas suffisamment, alors qu'ils travaillent autant que leurs confrères canadiens.

Louis Godin, président de la FMOQ

En vertu du projet de loi, les médecins devraient voir un minimum de 1000 patients par année et verraient leur salaire amputé s'ils n'atteignaient pas ce nombre. L'implication de cette mesure serait de limiter la durée des consultations.

« C'est impossible de mettre un temps limite sur une consultation. Ça peut durer 10 minutes, parce qu'une mère qui en est à son quatrième bébé n'a pas besoin de conseils, à une heure [pour d'autres mères qui ont des complications, par exemple] », explique la Dre Andrée Gagnon, présidente de l'Association des omnipraticiens en périnatalité du Québec.

« Comme représentant des professeurs de médecine de famille et de médecine d'urgence, ce qui nous inquiète le plus, c'est l'impact sur la relève. Déjà, les étudiants remettaient en question cette semaine l'idée de choisir la médecine familiale », affirme le Dr Jean Pelletier, de la Table des directeurs des départements universitaires de médecine familiale et de médecine d'urgence du Québec.

Les médecins omnipraticiens craignent qu'avec ce projet de loi, on favorise la quantité au détriment de la qualité des soins, et que les patients les plus vulnérables soient moins pris en charge.

Ils réclament une rencontre avec le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, et rappellent qu'ils ont soumis il y a 18 mois un plan d'amélioration de l'accessibilité qui n'a jamais considéré par le gouvernement, disent-ils.

Le ministre Barrette défend sa réforme

Le ministre Barrette a défendu les quotas pour les médecins de famille. Selon lui, « la solution est dans le temps complet ».

« Il n'y aurait pas de projet de loi si les médecins décidaient d'eux-mêmes de se prendre en charge et de faire en sorte que la population ait les services », plaide le ministre de la Santé. Il se montre déçu de l'attitude de la Fédération des médecins omnipraticiens qui, selon lui, « défend le statu quo ».

Actuellement, il y a 40 % des médecins de famille qui font [du temps complet]. Et ils le font avec des patients inscrits pour qui il n'y a pas d'attente. Il y a les autres 60 % qui ne le font pas.

Gaétan Barrette, ministre de la Santé et des Services sociaux

Selon Gaétan Barrette, 60 % des médecins de famille du Québec travaillent en moyenne 117 jours par année, ce qui est insuffisant et ce qui, selon lui, justifie l'imposition d'un nombre minimum de patients et d'heures de travail.

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