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Québec critiqué pour le retrait du financement à des publications scientifiques

Entrevue avec Véronique Hivon
Radio-Canada

Les dénonciations n'ont pas tardé à fuser après l'annonce du retrait de l'appui financier public accordé à l'Agence Science-Presse et aux Publications BLD, qui éditent notamment le magazine de vulgarisation scientifique Les Débrouillards.

Pour la porte-parole de l'opposition officielle en matière d'enseignement supérieur, Véronique Hivon, « après l'épisode désolant des bibliothèques scolaires, c'est un autre exemple de manque de vision du gouvernement en matière de développement du savoir ».

Véronique Hivon, porte-parole du PQ en matière d'enseignement supérieurVéronique Hivon, porte-parole du PQ en matière d'enseignement supérieur

La députée de Joliette a fait remarquer que le montant des coupes imposées aux Publications BLD, soit 175 000 $ par an, est moindre que la prime de 215 000 $ reçue par le ministre de l'Enseignement supérieur, Yves Bolduc. Il en a remboursé 27 000 à la RAMQ et s'est engagé à verser 28 000 $ à deux organismes de charité.

« Ce montant est également inférieur aux 278 000 $ dépensés par le ministre Jean D'Amour pour le réaménagement de son bureau de circonscription. Où sont les priorités de ce gouvernement? » s'interroge-t-elle.

Sans Les Débrouillards, combien de futurs scientifiques perdrons-nous? Comment allons-nous pouvoir intéresser tous les jeunes, notamment ceux provenant des milieux défavorisés, à cultiver leur esprit scientifique, dans le but de leur ouvrir de nouvelles portes pour réaliser leurs rêves?

Véronique Hivon, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'enseignement supérieur

Véronique Hivon s'inquiète de ce que « réserve encore l'austérité libérale à la recherche et à l'enseignement supérieur, alors que s'accumulent les coupes dans les universités ».

Des publications en péril, dit la FPJQ

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) déplore que Québec retire son aide aux publications concernées « le moindre délai pour tenter de trouver d'autres sources de financement ».

La FPJQ note que pour les Publications BLD, le manque à gagner « représente 7 % de son chiffre d'affaires », alors que « l'Agence Science-Presse, seule agence scientifique francophone au Canada, est frappée encore plus durement. Sa subvention provinciale de 120 000 $ équivaut à 70 % de son budget. Son existence est désormais en jeu ».

Dans le cas des magazines jeunesse de Publications BLD, la FPJQ estime que « les compressions peuvent même être vues comme des compressions en matière d'éducation. Ces magazines en effet font œuvre de sensibilisation et d'éducation des jeunes aux réalités scientifiques, une des clés du progrès futur du Québec ».

La fédération invite Québec à trouver les moyens d'atténuer « le choc brutal » asséné à ces publications et « d'assurer une transition qui garantisse leur survie et leur développement ».

Les Publications BLD doivent se débrouiller autrement

Félix Maltais, éditeur des Publications BLDFélix Maltais, éditeur des Publications BLD

Felix Maltais, éditeur des Publications BLD, a été étonné d'apprendre que le gouvernement retirait subitement son financement. « Le secteur de la culture scientifique a été touché depuis de nombreuses années, mais c'était des coupes minimes, genre 10 %. Donc, les gens ne protestaient pas, tout le monde était touché (l'ACFAS, le Conseil du loisir scientifique, l'Agence Science-Presse, Québec Science) et on l'acceptait. Mais là, d'un coup, c'est 100 % », regrette-t-il.

Du jour au lendemain, on coupe tout le monde, c'est ridicule. Imaginez-vous qu'on couperait tous les organismes de théâtre du Québec ou tous les organismes de musique classique, l'OSM, le TNM, le théâtre Denise Pelletier, etc. Ça n'a aucun sens. 

Felix Maltais, éditeur des Publications BLD

Félix Maltais dit avoir reçu un appel téléphonique du sous-ministre de l'Économie et de l'innovation, qui lui a expliqué que « rejoindre le public du primaire, ça ne les intéressait plus » et qu'« ils voulaient des subventions pour l'industrie, pour faire du maillage avec l'industrie ». « Un magazine ne fait pas de maillage », lui aurait dit le haut fonctionnaire.

L'éditeur des Publications BLD n'est pas défaitiste pour autant, puisque son entreprise, dont le budget de 2015 est estimé à 3 millions de dollars, n'est pas en péril. Il craint surtout que son nouveau projet de publication scientifique destinée aux adolescents soit compromis.

« C'est sûr que ça va être très très difficile pour nous, mais c'est sûr qu'on va se battre à la fois pour faire revenir cette subvention-là et aussi pour trouver de l'argent ailleurs, parce qu'il n'est pas question pour nous de baisser les bras », a conclu M. Maltais.

Politique