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Fin à la gratuité de la procréation assistée : un projet de famille bouleversé

Le reportage de la journaliste Charlotte Landry
Radio-Canada

À Gatineau, Janie Bertrand et Hugues Leclair sont les heureux parents de Logan, un petit garçon âgé de 14 mois. Pour concevoir leur fils, le couple a eu recours au programme provincial de procréation assistée, car le père est atteint de fibrose kystique, une maladie qui peut causer des problèmes de fertilité.

Le couple voudrait avoir un deuxième enfant, mais il doit maintenant remettre en question cette idée à cause du projet de loi 20, qui ne prévoit aucune aide gouvernementale pour les couples infertiles qui ont déjà un enfant.

C'est sûr qu'on rêve d'en avoir un deuxième. Je trouve ça décevant et triste qu'on nous impose le fait de se limiter seulement à un enfant.

Janie Bertrand

Le couple s'inquiète également des effets que pourrait avoir le projet de loi sur le niveau d'anxiété des couples infertiles et leurs efforts pour avoir des enfants.

Ils critiquent notamment l'idée d'offrir un crédit d'impôt variable selon le revenu aux couples infertiles qui veulent avoir recours à la fécondation in vitro plutôt que d'offrir le service gratuitement, comme c'est le cas en ce moment.

Janie Bertrand estime que le niveau d'anxiété des couples infertiles va considérablement augmenter s'ils doivent en plus composer avec les coûts élevés reliés aux traitements.Janie Bertrand estime que le niveau d'anxiété des couples infertiles va considérablement augmenter s'ils doivent en plus composer avec les coûts élevés reliés aux traitements.

« Quand on commence des traitements de fertilité, on se fait dire de ne pas stresser, de ne pas y penser, de se changer les idées, de lâcher prise. Mais c'est très difficile de lâcher prise, parce qu'on a beaucoup de rendez-vous, des objectifs, on attend. Ce qui fait en sorte qu'on a déjà beaucoup de stress avec les traitements », explique Mme Bertrand.

« Si en plus il faut se soucier du fardeau financier de payer les traitements, je ne sais pas comment les jeunes couples vont y arriver », ajoute-t-elle.

Pour manifester son mécontentement par rapport au projet de loi 20, Janie Bertrand envisage de rencontrer prochainement Marc Carrière, le député libéral de sa circonscription.

Un projet de loi sujet à des modifications

La députée de Hull, Maryse Gaudreault, tente pour sa part de dissiper les inquiétudes et rappelle que le projet de loi pourrait être modifié avant d'être adopté, ce qui pourrait aller au mois de juin 2015.

« Il n'y a pas encore eu d'études en commission parlementaire et ces études veillent à bonifier les projets de loi. Alors, il y aura des échanges entre les groupes d'opposition et le gouvernement pour voir jusqu'où on devrait aller par rapport à ce qui a été proposé dans le projet de loi initial », souligne-t-elle.

Elle invite d'ailleurs les citoyens en désaccord avec le projet de loi à faire valoir leurs opinions auprès des élus de leur circonscription.

La députée de Hull rappelle également que, pour l'instant, c'est le programme actuel qui prévaut.

Une fois que vous avez enclenché le début du processus, ce sera gratuit jusqu'au bout, et ce, même si le projet de loi 20 est adopté.

Maryse Gaudreault, députée de Hull et vice-présidente de l'Assemblée nationale

Cela signifie qu'un couple infertile qui est admissible au programme peut toujours faire une demande pour recevoir gratuitement des traitements de procréation assistée.

D'après le reportage de Charlotte Landry

Ottawa-Gatineau

Santé