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Une « petite ville » sur les terrains des Soeurs de la Charité 

Un reportage d'Olivier Lemieux

Les Soeurs de la Charité de Québec cèdent à la Fondation Famille Jules-Dallaire leur vaste terrain de l'arrondissement de Beauport dans le secteur de Giffard afin de permettre le développement de 6500 unités résidentielles.

Au total, environ 2 kilomètres carrés dans le secteur délimité notamment par l'avenue Bourg-Royal et l'autoroute Félix-Leclerc seront développés au cours des 15 prochaines années par la Fondation Dallaire. Plusieurs types de constructions sont planifiés sur ces terres, fait savoir Michel Dallaire, vice-président de la Fondation.

« C'est quasiment une ville. Il y a de tout, de la maison en rangée, de la maison de ville, de la copropriété, il y aura du locatif, des blocs appartements. Il faut penser que 6500 unités, c'est 15 000 à 20 000 de population. En pratique, c'est quasiment la ville de Charny », a souligné M. Dallaire.

L'installation de commerces, de centres sportifs, de même que l'aménagement de parcs et peut-être d'une école devront également être projetés, a ajouté M. Dallaire.

150 millions de bénéfices

Michel Dallaire affirme que les bénéfices de ce projet immobilier seront affectés aux Soeurs de la Charité ainsi qu'à la Fondation Famille Jules-Dallaire.Michel Dallaire affirme que les bénéfices de ce projet immobilier iront aux Soeurs de la Charité ainsi qu'à la Fondation Famille Jules-Dallaire. Photo : Radio-Canada

Tous les bénéfices de ce projet immobilier, évalués à 150 millions de dollars, iront aux Soeurs de la Charité ainsi qu'à la Fondation Famille Jules-Dallaire, pour la poursuite des oeuvres caritatives à Québec.

« L'ensemble du site sera développé dans un projet de partage philanthropique, à travers une structure que Revenu Canada a approuvée, qui est dédiée au versement des profits dans les deux fondations », a déclaré M. Dallaire.

Aucune date n'a encore été arrêtée pour le début des travaux. La Ville de Québec entend amorcer les démarches pour modifier le zonage du secteur, actuellement réservé à l'agriculture.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, fait valoir que ces terrains devaient être destinés à un lotissement résidentiel et non à l'agriculture urbaine.

« Comme c'est en plein milieu de la ville, je pense que tout le monde avait compris que ça devait devenir résidentiel un jour. [...] Dans une ville, on ne fait pas d'agriculture. À part deux, trois personnes qui aiment ça en faire, mais il faut se faire des jardins dans ce temps-là », a-t-il déclaré.

Une déclaration qui est loin de faire l'unanimité. Cette alliance fait d'ailleurs réagir le milieu agricole. Quelques agriculteurs oeuvrent dans le secteur, surtout près de l'avenue Bourg-Royal.

Charles Proteau, qui tient la ferme qui est dans sa famille depuis 300 ans, fait partie de ces agriculteurs qui sont aujourd'hui particulièrement inquiets des projets dans le secteur.

« Ça nous inquiète, c'est certain parce qu'on se fait enlever notre chez nous, a-t-il dit. On travaille sur la terre, tous mes frères et mes soeurs et on aime ça. Quand on ne travaillera plus, c'est certain qu'on va devenir handicapé. »

Il espère que le ministère de l'Agriculture aidera lui et les autres agriculteurs du secteur à sauver leurs terres.

Les Sœurs de la Charité, qui avaient acquis ces terrains à la fin du 19e siècle, y ont aussi cultivé durant des années des aliments afin de répondre aux besoins alimentaires de l'Institut universitaire en santé mentale de Québec, l'ancien Hôpital Robert-Giffard.

150 unités dans le Vieux-Québec

Un autre projet de construction d'un immeuble en copropriété de 150 unités sur le terrain situé en face de la Maison Mère-Mallet dans le Vieux-Québec est par ailleurs actuellement à l'étude avec la Ville de Québec. Environ 300 résidents pourraient ainsi s'ajouter dans le secteur. Les profits de ce projet iront aux oeuvres de la Maison Mère-Mallet.

La congrégation religieuse des Soeurs de la Charité de Québec, dont les membres avancent en âge, a entrepris des démarches depuis plusieurs années afin de trouver une façon de faire fructifier son patrimoine pour assurer la pérennité de ses œuvres caritatives. En 2013, la congrégation religieuse a confié la Maison Mère-Mallet à la Fondation Dallaire, qui y poursuit les activités caritatives de soupe populaire et d'accueil de jeunes étudiants en difficultés financières.

Les dernières soeurs de la Charité du Vieux-Québec ont pour leur part déménagé cet automne à la Maison généralice de Beauport.

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