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L'UMQ associe les propos de Pierre Moreau à une mise sous tutelle

Bras de fer Moreau-UMQ : reportage de Martine Biron

La mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, déclare qu'elle ne cédera pas au chantage, et que si le ministre Moreau remet en question sa légitimité à la tête de Longueuil, il n'a qu'à déclencher des élections.

En conférence de presse, l'Union des municipalités du Québec (UMQ) a réagi officiellement aux propos du ministre des Affaires municipales, qui a averti mercredi Laval et Longueuil qu'il allait réduire leurs transferts pour 2015 si elles ne revenaient pas sur les hausses de taxes adoptées lors des derniers budgets.

Mme St-Hilaire a indiqué, tout comme les quatre autres maires qui se sont exprimés, qu'elle avait été élue par les citoyens de Longueuil et que c'était uniquement à eux qu'elle était redevable.

Pierre Moreau est allé trop loin. [...] Je ne céderai pas à l'intimidation, ni au chantage et encore moins aux menaces. [...] Est-ce que Québec a décidé de mettre ses municipalités sous tutelle?

Caroline St-Hilaire

La mairesse affirme qu'elle a fait des compressions et contrôlé les dépenses de sa municipalité, en plus d'utiliser 10 millions de surplus en deux ans, mais que malgré cela, les hausses de taxes qu'elle a décrétées sont nécessaires.

On doit le savoir que Québec pense qu'on est des guichets automatiques.

Caroline St-Hilaire

Atteinte à la démocratie selon l'UMQ

Quant à la présidente de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), Suzanne Roy, elle croit que le ministre Moreau a « gravement bafoué » la démocratie. Elle dénonce son ingérence et qualifie sa façon de faire d'« inconcevable ».

Suzanne Roy note que l'UMQ défendra toujours l'autonomie des villes, puisque les administrations municipales sont des « gouvernements légitimes et imputables devant ceux qui les élisent ».

Elle laisse entendre que le ministre semble vouloir empêcher les municipalités de parler du Pacte fiscal du gouvernement libéral, négocié récemment avec le monde municipal et qui a imposé des compressions de 300 millions de dollars dans les transferts qui leur sont destinés.

Un ministre ne peut pas déterminer ce qu'un maire doit dire et dans quelles circonstances. [...] C'est à nous de répondre aux citoyens pour expliquer les choix que l'on fait.

Suzanne Roy

Selon elle, les propos de Pierre Moreau démontrent son incompréhension de la situation budgétaire des municipalités.

Elle considère elle aussi que le ministre est allé trop loin. Mme Roy attend maintenant de lui qu'il refasse « le pont » avec le monde municipal.

J'invite le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, M. Moreau, à rétablir avec le monde municipal une relation basée sur le respect, sur l'imputabilité, la transparence et la confiance.

Suzanne Roy

Selon la Ville de Laval, 1,2 % de la hausse de 3,2 % qu'elle a décrétée est attribuable au Pacte fiscal. Longueuil attribue pour sa part 1,1 % de sa hausse de 3,9 % à ce pacte.

Les surplus, synonyme de saine gestion

Répondant au ministre Moreau qui demande aux municipalités d'utiliser leurs surplus pour éponger le manque à gagner de 300 millions dans les transferts, le maire de Laval, Marc Demers, a rappelé que sa Ville avait « cruellement sous-investi dans les infrastructures ces dernières années », et que ses surplus serviraient à remettre les infrastructures à niveau.

« Les infrastructures sont à un point tel qu'on est obligés de déconstruire les piscines pour les reconstruire. Les égouts se déversent dans les rivières quand il y a trop de pluie », a lancé le maire Demers.

Son propos a été repris par le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, qui dit que les municipalités ne doivent pas être pénalisées parce qu'elles ont des surplus. Selon lui, c'est un signe de saine gestion et non une taxation abusive.

C'est une marge de manoeuvre qui permet de réagir à un sinistre sans avoir à payer avec une carte de crédit.

Bernard Sévigny

Selon lui, le gouvernement québécois aurait des surplus s'il avait géré ses finances comme les gèrent les municipalités.

Les élus ont démontré qu'ils gèrent de façon rigoureuse et prudente leurs dépenses. Ils n'ont pas de leçon de gestion à recevoir de Québec.

Bernard Sévigny

Québec ne peut pas tourner le dos au milieu municipal, dit de son côté la Fédération québécoise des municipalités, qui se range du côté de l'UMQ.

J'ose croire que le premier ministre et le ministre Moreau savent que si le milieu municipal a signé le pacte fiscal transitoire, ce n'était pas pour se faire dicter leurs agissements par la suite. 

Richard Lehoux, président de la FQM


Pierre Moreau « sans mots »

En entrevue à Radio-Canada ce matin, Pierre Moreau avait réitéré que Laval et Longueuil ne pouvaient pas justifier les augmentations de taxes de, 3,2 % et 3,9 % respectivement, qu'elles demandent en moyenne à leurs contribuables en 2015.

Selon lui, les deux villes sont très mal placées pour affirmer qu'elles connaîtront des difficultés en raison du nouveau Pacte fiscal.

Elles veulent mettre ça sur le dos du gouvernement. [...] Mais leur évaluation foncière augmente, elles ont des surplus, la croissance de leurs dépenses augmente, leur assiette fiscale augmente.

Pierre Moreau

Laval dispose de surplus de 117 millions de dollars et affiche une croissance de ses dépenses de 2,8 %. À Longueuil, les surplus sont de 17,5 millions de dollars.

Le ministre rappelle que le gouvernement a demandé aux municipalités de participer à l'effort de redressement des finances publiques sans augmenter le fardeau fiscal de leurs citoyens, en comprimant leurs dépenses et en utilisant leurs surplus.

Le premier ministre Philippe Couillard a de son côté défendu la sortie du ministre Moreau.

Vous comprendrez qu'on est quand même surpris de constater que certaines municipalités, pas toutes, utilisent la raison du Pacte fiscal transitoire pour décréter des hausses de taxes à leurs contribuables alors qu'il y avait clairement d'autres options possibles. Les conversations vont se poursuivre, mais il ne faut quand même pas abuser de la logique.

Philippe Couillard

M. Couillard affirme que Pierre Moreau « fait un très bon travail aux Affaires municipales » et qu'il va continuer de le faire.

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