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Baisse des inscriptions : l’Université de Moncton en alerte

Téléjournal, 29 octobre 2015

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La seule université francophone du Nouveau-Brunswick réagit au déclin important du nombre d'inscriptions en changeant ses méthodes de recrutement.

Un document confidentiel présenté au Conseil des gouverneurs de l'Université de Moncton et rendu public par la Fédération des étudiantes et étudiants du campus universitaire de Moncton (FEECUM) montre un semblant de panique chez les dirigeants de l'institution en ce qui a trait au nombre d'admissions.

Dans le Plan stratégique de recrutement 2014-2015, on mentionne que « la décroissance démographique qui sévit au Nouveau-Brunswick et la concurrence accrue d'autres universités ont eu un effet négatif sur le recrutement de nouveaux étudiants ».

Le président de la FEECUM, Moncef Lakouas.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président de la FEECUM, Moncef Lakouas.

Photo : Michel Nogue

L'université montre du doigt le travail acharné d'autres universités comme l'Université d'Ottawa et l'Université Sainte-Anne pour expliquer la baisse des inscriptions et les difficultés de rétention de ses étudiants.

Depuis septembre 2001, on note une baisse constante dans les inscriptions chez les élèves inscrits à la 12e année dans les écoles secondaires du Nouveau-Brunswick. En septembre 2013, 2165 élèves étaient inscrits, soit 896 élèves de moins que 12 ans plus tôt.

Le président du Conseil des gouverneurs, Raymond Lanteigne, s'est dit déçu qu'un « document interne » ait été rendu public. Quant aux défis financiers apparents de l'institution, il rappelle que les admissions ne représentent que 30 % du budget et que les deux tiers restants proviennent des gouvernements.

« Est-ce qu'on est prêt au niveau de la société du Nouveau-Brunswick à dire que le financement des universités est la chose la plus importante? », a-t-il dit.

Il martèle que l'université fait des démarches pour attirer davantage d'investissements des gouvernements.

Pour colmater la brèche des inscriptions potentielles, l'Université dans son ensemble doit demeurer concurrentielle et attractive.

Une citation de :Extrait du plan stratégique de recrutement 2014-2015. 

Le président de la FÉÉCUM, Moncef Lakouas, affirme que l'Université de Moncton devrait inévitablement suivre l'exemple de l'Université d'Ottawa en accordant aux étudiants internationaux les mêmes droits de scolarités que les Canadiens.

Il demande aux dirigeants d'offrir aux étudiants qui sortent du secondaire des bourses automatiques qui ne seraient pas influencées par les résultats scolaires.

« Ce que l'Université devrait faire c'est être proactive et demeurer compétitive et non pas juste se fier sur l'argument que c'est parce que c'est des francophones acadiens qui doivent venir à l'Université de Moncton », a-t-il dit.

Extrait du document :

« Le plan de recrutement tel que présenté depuis plusieurs années fera place dès 2015-2016 à un nouveau modèle qui présentera un plan de gestion prévisionnelle et stratégique des effectifs qui regroupera le recrutement au niveau des trois cycles, la rétention et l'Éducation permanente. »

Que se passe-t-il?

Pendant plusieurs années, l'Université de Moncton était la seule université à pouvoir faire des présentations directement aux élèves dans les classes. D'autres universités pouvaient visiter les écoles, mais ne se voyaient qu'offrir un kiosque sur l'heure du midi. Dans le domaine, on estime que cette méthode n'est pas la plus efficace.

Or, le « monopole » de l'Université de Moncton a changé récemment alors que l'Université d'Ottawa s'est vue permettre par les autorités scolaires du Nouveau-Brunswick de faire des présentations aux élèves.

L'Université d'Ottawa, puis l'Université Sainte-Anne ont par la suite nommé des agents de recrutement avec plus de moyens pour qu'ils recrutent dans les écoles francophones des maritimes.

Il semblerait que l'Université de Moncton n'ait pas prévu le coup, selon le document.

« Sans concurrence réelle et avec un taux de succès remarquables, l'Université de Moncton n'a pas eu besoin de s'acclimater au paysage concurrentiel qui, à l'extérieur de son marché principal, subissait de grandes transformations », peut-on lire.

Pendant ce temps, les autres institutions rodaient une stratégie arrimant tous les services qu'elles offrent avec leur processus de recrutement. Il y a désormais une cohésion entre l'admission, les bourses, le logement et les sports notamment.

Extrait du document :
« Certains des obstacles que nous devrons surmonter exigeront une bonne communication à l'interne. Nous fonctionnons malheureusement beaucoup en silo. Une collaboration plus étroite et des partenariats seront nécessaires entre les secteurs. Il suffira d'y consacrer un peu plus d'effort. »

Les solutions?

L'Université de Moncton compte donc arrimer davantage ses services pour favoriser un plus grand nombre d'inscriptions. L'international est évidemment une avenue privilégiée, mais les défis demeurent importants.

La stratégie envisagée sera de vanter davantage les cycles supérieurs auprès des étudiants de premier cycle de l'université, mais également ailleurs comme aux universités McGill, Concordia et Ottawa.

L'Université de Moncton voudra donc que le recrutement intègre chaque membre de la communauté universitaire.

La présidente du syndicat des professeurs et des bibliothécaires de l'Université affirme que l'institution doit se pencher sur une stratégie durable qui passera par une éducation de qualité.

« S'il y a une chose qui est importante pour le recrutement, c'est la réputation des programmes, la réputation du corps professoral. Et là, on se demande si on a les moyens de maintenir nos programmes et notre mission généraliste », a déclaré Marie-Noëlle Ryan.

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