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Un expert souligne la détermination de Justin Bourque

Gravelbourg Still standing

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les preuves qui ont mené à la condamnation de Justin Bourque pour le meurtre de policiers à Moncton l'été dernier sont très révélatrices de l'état d'esprit dans lequel il se trouvait au moment des faits, selon un expert.

Stéphane Berthomet, analyste en affaires policières, affirme que c'est ce qu'il retient principalement des preuves rendues publiques vendredi.

« Ce qui m'a frappé dans l'ensemble des éléments qui ont été divulgués, c'est la partie qui concerne ses déclarations sur le moment des faits, pas ses motivations, mais son état d'esprit au moment des faits. Je trouve que c'est très révélateur de la façon dont il a appréhendé cette situation-là. On voit qu'il était extrêmement décidé. Il fait référence au terme de soldat. C'est-à-dire qu'on a l'impression qu'il se considérait en guerre. Ça démontre une détermination très, très forte. Et on l'a vu d'ailleurs dans l'action, la façon dont le geste a été commis. Il n'y avait pas de place pour l'hésitation », explique Stéphane Berthomet.

Une décision délicate pour le juge

Stéphane BerthometAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Stéphane Berthomet, analyste en affaires policières

Des médias réclamaient l'accès aux pièces à conviction, mais les avocats de la défense et de la Couronne s'y opposaient de peur qu'elles fassent sensation sur Internet. Stéphane Berthomet reconnaît que cette question était délicate, et selon lui, les médias ne devraient pas diffuser certaines preuves.

« Il y a la portion qui est de dire qu'on ne devrait pas montrer trop d'images de situations parce qu'évidemment ça peut devenir viral et les gens vont s'approprier ça. D'un autre côté, on devrait parce que ça aide à la compréhension du dossier. Malheureusement, à notre époque, on est dans une configuration où l'Internet permet de diffuser tout de suite des images. On l'a vu au moment des faits. Des citoyens ont pris de vidéos. Ces vidéos ont tout de suite été diffusées. Je pense qu'on en est plus là. On a dépassé ce stade-là. Évidemment, il y a certaines images, certains éléments de dossier qui peuvent être choquants et qui, à mon sens, devraient rester confidentiels », affirme Stéphane Berthomet.

Les aveux de Justin Bourque

Le 4 juin, Justin Bourque a abattu trois agents de la Gendarmerie royale du Canada et il en a blessé deux autres. Une chasse à l'homme s'est déroulée du 4 juin en soirée jusqu'à son arrestation en pleine nuit, le 6 juin, peu après 1 h.

Parmi les preuves rendues publiques se trouve un enregistrement de trois heures montrant un enquêteur qui interroge Justin Bourque. Le tout se déroule en anglais.

Bourque reconnaît avoir tiré sur cinq agents de la GRC. Il dit qu'au cours de la fusillade, quelques coups de feu ont aussi été tirés vers lui. Il se trouvait à environ six mètres d'un véhicule de police quand il a tiré sur son occupant. À un moment donné, il a tiré sur d'autres véhicules de la police qui se trouvaient plus loin. Il ne croit pas avoir touché les agents dans ce cas parce que, dit-il, ils bougeaient encore et il ne voyait pas de trace de sang.

Selon Bourque, la fusillade a duré au total d'une à deux heures. Après, il s'est réfugié dans un secteur boisé afin de « vivre pour jouer un autre jour », dit-il. À ce moment-là, ajoute-t-il, il éprouvait un sentiment du devoir accompli.

« Bien, honnêtement, je sais que ça va sonner vraiment étrange, mais je me sentais vraiment accompli. Vous pouvez trouver ça vraiment malade. Vous savez, quand vous voyez ce qui s'est passé à travers les siècles et que vous le comparez à ce qui s'est passé ici, ils (les policiers) avaient des femmes et des enfants, mais tous les soldats ont des femmes et des enfants. Et tout dépend du camp que vous choisissez, et ils ont choisi le mauvais camp », affirme Justin Bourque (NDLR : traduction libre).

Bourque estime avoir tiré au total 18 coups de feu, et qu'il disposait d'environ 80 cartouches.

Au terme de son procès, il a été condamné à 75 ans de prison sans possibilité de libération. Il s'agit de la peine la plus sévère de l'histoire canadienne depuis l'élimination de la peine de mort.

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