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  • Exclusif
  • Davie sur les rangs pour dépanner la Défense nationale

    La Davie pourrait avoir une bonne surprise
    Radio-Canada

    Radio-Canada a appris que le gouvernement fédéral évalue l'option d'accorder un contrat important au chantier Davie de Lévis.

    Un texte de Marc GodboutTwitterCourriel

    Ottawa cherche à combler un vide causé par la mise au rancart plus tôt que prévu des deux seuls navires de ravitaillement de la Marine canadienne, le Protector et le Preserver.

    Cette situation cause des maux de tête à la Défense nationale, d'autant plus que le projet de construction de deux navires pour remplacer les ravitailleurs connaît un retard encore plus important que prévu.

    En attendant, la Marine doit compter sur les navires alliés pour se ravitailler en carburant, en vivres, en munitions et en pièces de rechange au cours de ses missions à l'étranger.

    Des sources confirment que le cabinet Harper évalue actuellement au moins deux scénarios : 

    Scénario 1 : faire affaire avec Davie

    • La compagnie Davie propose d'acheter un navire de type porte-conteneur d'une compagnie grecque dont le nom n'est pas connu.
    • Le navire serait démantelé au chantier de la compagnie Aecon, situé à Pictou, en Nouvelle-Écosse, dans la circonscription du ministre de la Justice, Peter MacKay.
    • Une fois démantelé, le porte-conteneur serait transformé en ravitailleur au chantier Davie, à Lévis, dans la circonscription du ministre canadien de la Sécurité publique, Steven Blaney.
    • Le navire de ravitaillement serait livré au gouvernement canadien d'ici deux ans. Davie demeurerait propriétaire du navire, que le gouvernement lui louerait.

    Scénario 2 : louer un navire de la Marine américaine

    • En 2014, la Marine américaine, dans la foulée des compressions budgétaires imposées au Pentagone, a retiré deux navires de ravitaillement de sa flotte, le USNS Rainier et le USNS Bridge.
    • Ces navires, dont la consommation de carburant est considérée comme élevée, ont été retirés afin de réduire les coûts d'exploitation.
    • Ils se trouvent présentement sur la base militaire de Kitsap, dans l'État de Washington.
    • Le gouvernement louerait un des deux navires, qui pourrait être livré immédiatement.

    De la Grèce à Lévis

    Le plan de Davie prévoit l'achat par l'entreprise d'un navire-cargo en Grèce. Il serait démantelé à Pictou, en Nouvelle-Écosse, avant d'aboutir à Lévis pour y être transformé en ravitailleur.

    La grande majorité des travaux aurait lieu au chantier Davie qui, en obtenant le feu vert d'Ottawa, pourrait protéger jusqu'à 400 emplois et en créer 600.

    Les pressions sont fortes au sein même du cabinet pour que le gouvernement choisisse le projet de Davie, qui aurait des retombées positives dans deux circonscriptions conservatrices détenues par les ministres Steven Blaney et Peter MacKay.

    Le ministre de la Justice se limite à expliquer la réalité que doit affronter la Défense nationale: « Nous devons examiner attentivement les options. Nous ne pouvons avoir en mer des navires sans carburant », souligne Peter MacKay.

    Mais voilà, la proposition de Davie crée un bras de fer au sein du gouvernement.

    Certains ministres, dont ceux de la côte Ouest, montrent de la résistance parce que la stratégie navale du gouvernement Harper prévoit justement la construction à Vancouver de deux navires de soutien interarmées (NSI) pour remplacer les ravitailleurs de la Marine.

    Ils craignent que cette solution à moyen terme devienne permanente et qu'elle empêche les conservateurs de créer les emplois qu'ils ont promis.

    Le navire de ravitaillement USNS Rainier, de la Marine américaineLe navire de ravitaillement USNS Rainier, de la marine américaine

    Pressions de l'OTAN

    Ottawa fait face actuellement aux pressions de l'OTAN, qui souhaite que la Marine canadienne comble le vide créé par le retrait permanent de ses deux navires ravitailleurs.

    Plusieurs experts en viennent à la conclusion suivante : il est impossible de mener des opérations autonomes au cours de déploiements à l'étranger.

    Les ravitailleurs sont un élément essentiel de la capacité de la Marine royale canadienne à se déployer à l'étranger. Naturellement, les alliés ont déjà leurs besoins et n'ont pas nécessairement la marge de manoeuvre requise pour aider le Canada.

    Jean-Christophe Boucher, professeur à l'Université MacEwan

    Cette situation expose une fois de plus les dérapages de la stratégie navale du gouvernement conservateur.

    Des sources militaires confirment que le projet continue de prendre du retard.

    La livraison par le chantier Seaspan de Vancouver du premier des deux bâtiments, qui est officiellement prévue pour 2019 par le gouvernement, est de nouveau reportée. Tout indique que le premier NSI ne pourra être opérationnel avant au moins 2022.

    L'an dernier, le Directeur parlementaire du budget avait conclu que les navires coûteraient 4,13 milliards de dollars, soit beaucoup plus que la somme de 2,6 milliards prévue par le gouvernement conservateur.

    Les navires de ravitaillement canadiens

    • Rôle : ravitailler les groupes opérationnels en carburant, en nourriture, en munitions, etc.
    • Autonomie : 7500 milles marins
    • Capacité de transport : 14 590 tonnes de carburant, 400 tonnes de carburant d'aviation, 1000 tonnes de cargaison sèche et 1250 tonnes de munitions.
    • Le Canada possède deux navires de ce type, le NCSM Protector et le NCSM Preserver. Mis en service à la fin des années 1960, ils ont été retirés en septembre dernier.

    Source : Marine royale canadienne

    Politique