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La preuve est close au procès de Luka Rocco Magnotta

procès de Luka Rocco Magnotta

procès de Luka Rocco Magnotta

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La preuve est finalement close au procès de Luka Rocco Magnotta, accusé d'avoir tué et démembré l'étudiant chinois Lin Jun, le 25 mai 2012, à Montréal. Le jury, qui a entendu 62 témoins depuis le 29 septembre dernier, devrait pouvoir entreprendre ses délibérations le vendredi 12 décembre.

Un texte de François MessierTwitterCourriel

Jeudi, la défense a pu faire entendre à nouveau ses deux experts en psychiatrie légale, Marie-Frédérique Allard et Joel Watts, dans le cadre d'une réplique à la contre-preuve de la Couronne. Ils défendent tous les deux la thèse de la non-responsabilité criminelle de l'accusé.

Le juge a expliqué au jury qu'une telle réplique est permise lorsque de nouveaux enjeux ont été soulevés en contre-preuve lors d'un procès où la défense plaide la non-responsabilité criminelle pour troubles mentaux. Six de ces enjeux avaient été identifiés plus tôt en matinée.

L'avocat de la défense a notamment demandé aux deux experts de différencier devant le jury ce qui constitue du sadomasochisme, un trouble de sadisme sexuel, et un trouble de masochisme sexuel.

Les psychiatres Allard et Watts ont expliqué tour à tour que le sadomasochisme n'est ni une maladie ni un trouble, puisque cela fait référence à des relations sexuelles entre adultes consentants.

Le sadisme et le masochisme sexuels sont cependant des troubles de la personnalité. Le premier réfère aux gens qui éprouvent un plaisir de nature sexuel à voir souffrir ou à humilier une personne non consentante. Le second réfère plutôt à des gens qui vivent une détresse en raison de leur intérêt pour le masochisme.

Les deux psychiatres ont dit être d'avis que Luka Rocco Magnotta ne souffre d'aucun trouble de la personnalité de la sorte. Lors de son témoignage, l'expert en psychiatrie légale de la Couronne, Gilles Chamberland, avait plutôt suggéré que Luka Rocco Magnotta pouvait être considéré comme un sadique sexuel.

Joel Watts et Marie-Frédérique Allard ont aussi affirmé que l'accusé n'était pas un psychopathe, qui constitue une forme extrême d'un trouble de la personnalité antisociale, selon ce qu'ils ont expliqué aux jurés. Aucun d'eux n'a décelé de trouble de la personnalité antisociale chez l'Ontarien.

Dans son témoignage, le psychiatre Chamberland disait avoir décelé des traits de personnalité antisociale chez Magnotta. Il n'a pas utilisé le terme psychopathe devant le jury, mais ce dernier à tout de même pu l'entendre prononcer ce mot lors d'une entrevue qu'il a accordée à une radio privée de Montréal le 31 mai 2012.

Les deux psychiatres de la défense ont également commenté le fait que Magnotta s'est fait livrer une pizza à son appartement le 25 mai 2012 vers 18 h, soit peu de temps après le meurtre.

Le Dr Chamberland estimait que ce comportement était incompatible avec une paranoïa, mais les Drs Watts et Allard ne sont pas de cet avis. Un délire paranoïaque, ont-ils argué, peut être dirigé vers un groupe précis - le gouvernement, selon ce qui est allégué dans ce cas-ci - sans que ça n'en touche un autre, comme des livreurs de pizza.

Les deux psychiatres ont par ailleurs affirmé que les psychiatres font normalement leur propre évaluation d'un patient, bien qu'ils tiennent compte des diagnostics posés par leurs collègues.

Cela constituait une réponse aux dires du Dr Chamberland, qui laissé entendre que le diagnostic de schizophrénie établi pour Magnotta une première fois en août 2001 avait été pris pour acquis par d'autres psychiatres par la suite, bien qu'il était douteux. 

Au terme de ces deux témoignages, le juge Guy Cournoyer a libéré le jury d'ici le début des plaidoiries, qui devraient commencer mercredi prochain. Le magistrat devrait lui donner ses instructions finales vendredi prochain.

Dès la fin de ces instructions, douze jurés seront séquestrés jusqu'à ce qu'ils aient fini de délibérer. Deux autres, choisis au hasard, seront libérés au préalable. 

Luka Rocco Magnotta est accusé du meurtre au premier degré de Lin Jun, d'outrage à son cadavre, de production de matériel obscène, d'utilisation de la poste pour le diffuser et de harcèlement à l'endroit du premier ministre Stephen Harper et d'autres membres du Parlement.

Il a reconnu les faits dès le début du procès, mais il a plaidé non coupable, puisqu'il présente une défense de troubles mentaux.

Magnotta face à la justice

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