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Conditions bonifiées à l'Université Laval : le ministre Bolduc promet des vérifications

Université Laval
Université Laval

Le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur désapprouve la décision de l'Université Laval d'améliorer les conditions d'emplois de ses hauts dirigeants après leur mandat. Yves Bolduc a mentionné jeudi en Chambre que des vérifications seront effectuées auprès de l'institution.

« Oui, on va demander les informations, et oui, si c'est possible nous allons intervenir », a dit le ministre Bolduc.

Selon des informations obtenues par Le Soleil, ces avantages qui concernent le recteur, des vice-recteurs, des vice-recteurs adjoints et le secrétaire général de l'université ont été octroyés la semaine dernière lors d'un vote secret du conseil d'administration.

En vertu des changements adoptés, lorsque ces hauts dirigeants quittent leur poste tout en conservant un lien d'emploi avec l'université, ils peuvent désormais bénéficier de 75 % à 100 % de leur salaire de cadre jusqu'à six ans après leur départ. Cette bonification des conditions des cadres survient au moment où l'Université Laval subit des compressions de 42 millions de dollars.

Le ministre Yves Bolduc juge que le choix des administrateurs n'est pas judicieux.Le ministre Yves Bolduc juge que le choix des administrateurs n'est pas judicieux. Photo : Radio-Canada

Même s'il rappelle que les universités sont des organisations autonomes, le ministre Yves Bolduc remet en question le jugement des administrateurs.

« On croit qu'ils pourraient faire des choix plus judicieux, surtout qu'ils se plaignent de contraintes budgétaires. Dans le contexte actuel, d'augmenter de façon significative les rémunérations après-mandat des différents intervenants, je pense qu'il y a des choix plus judicieux à faire », a dit le ministre Bolduc.

Les professeurs « révoltés »

La décision ne passe pas auprès des professeurs de l'Université Laval. Ils sont carrément « révoltés », selon le président du syndicat Yves Lacouture. 

« Avec les compressions, on demande aux employés de l'Université Laval, notamment les professeurs, de faire plus, de travailler plus fort, alors c'est tout à faire inacceptable qu'en même temps on propose l'amélioration des conditions des hauts dirigeants », soutient-il.

Même son de cloche du côté des chargés de cours. « L'Université nous dit tout le temps que l'enseignement ne sera pas touché par les coupures. On veut bien les croire, mais nous on sait que c'est faux et, qu'en plus, ils se votent des augmentations cachées, pour nous, si c'est vrai, c'est scandaleux », dénonce Mireille Boisvert, vice-présidente aux relations de travail du Syndicat des chargés de cours de l'Université Laval.

À l'Assemblée nationale, la porte-parole de l'opposition officielle en matière d'enseignement supérieur, Véronique Hivon, a demandé comment une telle situation est possible dans un contexte de coupes budgétaires.

« Austérité pour les étudiants et manne pour les hauts dirigeants. Avec de surcroit des coupes records dans le réseau d'éducation post secondaire. Est-ce que le ministre de l'Enseignement supérieur peut nous expliquer comment il peut justifier aux étudiants un tel régime de deux poids deux mesures? », a lancé la députée.

Un ajustement retardé

La réglementation qui était en place permettait aux hauts dirigeants de l'Université Laval d'obtenir de 70 % à 90 % de leur salaire, sur une période pouvant aller jusqu'à trois ans après leur mandat s'ils conservent un lien d'emploi.

Le président du conseil d'administration de l'Université Laval, John Porter, a affirmé au quotidien Le Soleil que cet ajustement aurait dû être fait il y a deux ans.

« Même si on nous dit que c'est pour un meilleur équilibre, je pense qu'à ce moment-ci tout le monde doit faire des efforts, y compris les hauts dirigeants de nos universités », a dit le ministre Bolduc.

En 2011, l'augmentation salariale de 100 000 $ du recteur Denis Brière avait suscité de nombreuses réactions.

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