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Adieu Monsieur Béliveau!

Jean Béliveau 1931-2012 Photo: La Presse canadienne / CP Archives
Radio-Canada

Jean Béliveau, le deuxième grand maillon de l'histoire du Canadien de Montréal, s'est éteint mardi à l'âge de 83 ans. 

Né à Trois-Rivières le 31 août 1931, c'est à Victoriaville qu'il découvre le hockey et y fait ses premières armes. Très tôt, ses attributs physiques l'aident à se démarquer de ses camarades qui, comme lui, rêvent de porter un jour l'uniforme du Tricolore.

Il fait ses classes chez les juniors avec les Panthères et les Tigres de Victoriaville, avant de se joindre aux Citadelles de Québec.

Déjà, l'organisation du Canadien, Frank Selke en tête, le courtise. En 1951, il dispute deux rencontres à Montréal. Mais il choisit de rester à Québec. Il signe un contrat de deux ans avec les As.

Il fera les premières belles heures d'un Colisée qui sent encore le neuf.

À sa dernière saison dans la Ligue senior du Québec en 1952-1953, Béliveau enregistre une saison de 50 buts et 39 passes en 57 rencontres.

Des funérailles nationales le 10 décembre

L'hommage sera à la hauteur de l'homme. Le gouvernement du Québec a fait savoir que des funérailles nationales seront organisées pour honorer la mémoire de la légende du hockey.

En accord avec la famille Béliveau, le Canadien de Montréal a annoncé que les funérailles de Jean Béliveau auront lieu le mercredi 10 décembre, à compter de 14 h, à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, située sur le boulevard René-Lévesque à l'angle de la rue Mansfield, à Montréal.

M. Béliveau reposera en chapelle ardente au Centre Bell, dimanche et lundi prochains, de 10 h à 18 h. Les personnes désirant lui rendre hommage sont invitées à se présenter à l'entrée principale de l'amphithéâtre.

Dès aujourd'hui, les hommages vont commencer en l'honneur du légendaire capitaine. Les joueurs du Canadien arboreront le numéro 4 sur leur casque pour match qui les opposera mercredi soir au Wild du Minnesota.

De plus, le bronze de M. Béliveau sera placé devant l'entrée principale du Centre Bell, à compter d'aujourd'hui, et jusqu'à samedi.

Le public est également invité à exprimer sa sympathie sur le site Internet du Canadien. Il est aussi possible de faire un don à la Fondation des Canadiens pour l'enfance, dans laquelle M. Béliveau s'est beaucoup investi.

Un Canadien pour toujours

Ce n'est qu'à l'automne 1953 que Béliveau signe son premier contrat avec le Canadien. À sa première saison complète, il récolte 34 points en 44 matchs. L'année suivante, son élégance et son talent le mènent au 3e rang des marqueurs du circuit.

Aux côtés des Maurice et Henri Richard, Doug Harvey, Jacques Plante, Dickie Moore, Bernard Geoffrion, Elmer Lack et Toe Blake, il participera à la séquence record de cinq Coupes Stanley de suite de 1956 à 1960.

Élu capitaine de l'équipe après la retraite du « Rocket », Béliveau occupera ce poste pendant 10 ans (1961-1971) jusqu'à sa retraite. Il aura le temps de soulever la coupe Stanley à cinq autres reprises, la dernière au printemps de 1971 contre les Blackhawks de Chicago.

Joueur d'équipe par excellence, ses exploits individuels ne sont pas moins éloquents : 507 buts, 712 passes en 1125 matchs, 10 Coupes Stanley, premier lauréat du trophée Conn-Smythe (1965), deux trophées Hart (joueur le plus utile en 1956 et en 1964) et un Art-Ross (meilleur pointeur en 1956). Il est le deuxième joueur après Gordie Howe (Détroit) à atteindre le plateau des 1000 points, et le quatrième pour celui des 500 buts.

La statue de Jean Béliveau devant le Centre BellLa statue de jean Béliveau devant le Centre Bell Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

C'est aussi parce qu'il a déjà marqué trois fois durant une seule pénalité mineure que la LNH a modifié son règlement. Ainsi, la ligue permet le retour du joueur puni dès un but pendant une supériorité numérique.

Il n'a pas eu à attendre les trois années prescrites pour être admis au Temple de la renommée. Il y fera son entrée en 1972, à peine plus d'un an après avoir disputé son dernier match dans la LNH.

Peu de temps après l'avènement de l'Association mondiale, les Nordiques de Québec lui font une offre alléchante pour le sortir de sa retraite. Béliveau la décline.

L'ambassadeur

Jean Béliveau reste dans le giron du Canadien longtemps après sa retraite sportive.

Il a assumé les fonctions de vice-président des relations publiques de l'équipe jusqu'en 1993. Il quitte son poste après la dernière conquête de la Coupe Stanley du Canadien. Son nom est inscrit sur le précieux trophée pour une 17e fois, un record absolu.

Siégeant au conseil d'administration de nombreuses entreprises, Béliveau est un homme respecté. À l'automne 1993, le premier ministre Brian Mulroney lui offre un poste de sénateur. Béliveau refuse l'emploi pour des raisons familiales.

Jean BéliveauJean Béliveau reçoit un doctorat Honoris causa de l'Université Laval Photo : CLEMENT ALLARD

Plus tard, Jean Chrétien lui propose le poste de gouverneur général du Canada, mais Béliveau passe son tour pour s'occuper de sa famille. Son gendre vient de se suicider et sa fille et ses petites filles, Mylène et Magalie, ont besoin de lui. Il devient plutôt ambassadeur du Canadien, sa deuxième famille.

Béliveau est grand officier de l'Ordre national du Québec, compagnon de l'Ordre du Canada et titulaire de nombreux doctorats honorifiques délivrés par des universités de partout au Canada.

Jean « Gros Bill » Béliveau

La santé

Avec l'âge, sa santé devient plus précaire. En mai 2000, quelques jours après la mort de Maurice Richard, Béliveau annonce qu'il combat un cancer de la gorge.

Après une opération et des traitements de chimiothérapie, il entre en rémission. Il continue d'assister assidûment aux matchs au Centre Bell, assis aux côtés de son épouse Élise dans la troisième rangée derrière le banc du Canadien.

Ses glandes salivaires ont été endommagées par le traitement oncologique. C'est pourquoi on le voyait toujours avec une bouteille d'eau à la main pour se garder la gorge bien humectée.

En janvier 2010, il est admis à l'hôpital en raison d'un premier accident vasculaire cérébral. On en profite pour lui installer un nouveau défibrillateur cardiaque. En juin 2012, il a été opéré pour réparer un anévrisme à l'abdomen.

Maurice Richard et Jean Béliveau en 1958Maurice Richard et Jean Béliveau avec la Coupe Stanley en 1958 Photo : La Presse canadienne / CP Archives

Un peu plus effacé depuis, Béliveau continuait de recevoir des centaines de lettres et de demandes d'autographes chaque mois. Installé dans son bureau à sa résidence de Longueuil, il prenait encore le temps de répondre personnellement à chacune d'entre elles.

Pas plus tard que le 26 février 2012, la veille de son deuxième AVC, Béliveau a été vu en train de signer des autographes pour le public invité à une séance de patinage libre au Centre Bell.

En août 2011, les médias avaient souligné les 80 ans de l'homme. En novembre de la même année, le Longueuillois avait accepté d'accoler son nom à la candidature de sa ville pour l'obtention de la finale des Jeux du Québec de 2014. Une dernière mission réussie avec brio.

Toujours près de ses origines et du public qui l'adulait, celui que l'on surnommait le « Gros Bill » laisse le souvenir d'un homme d'une grande dignité et d'une droiture irréprochable.

Jean Béliveau 1931-2014

Quels souvenirs gardez-vous de Jean Béliveau? Exprimez-vous ici?

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