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Mise à jour économique: le milieu des affaires satisfait, les syndicats fulminent

Le président de la Fédération des travailleurs du Québec, Daniel Boyer.

Le président de la Fédération des travailleurs du Québec, Daniel Boyer.

Photo : Stéphanie Dufresne | Radio-Canada

La Presse canadienne

Si les milieux d'affaires ont accueilli plutôt positivement la mise à jour économique du gouvernement Couillard, malgré certaines réserves, les syndicats, eux, ont tiré à boulets rouges sur les nouvelles mesures annoncées mardi par le ministre des Finances, Carlos Leitao.

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) et la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) ont toutes deux relevé l'inclusion des distributeurs d'hydrocarbures dans les règles de la Bourse de carbone, ce qui représente, selon la FCCQ, un « désavantage pour la compétitivité des entreprises québécoises ».

La CCMM se dit aussi « préoccupée » par l'imposition d'une taxe temporaire aux institutions et l'abolition du taux réduit de la taxe sur le capital des sociétés d'assurance. « Il faudrait s'assurer que de telles mesures ne se traduiront pas par des coûts d'emprunt et de financement des entreprises plus élevés », note par voie de communiqué Michel Leblanc, président de la CCMM.

Les manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ) ont aussi manifesté leur inquiétude quant aux répercussions de ces deux politiques, surtout en ce qui a trait à la Bourse de carbone.

Le développement durable ne se fera pas à coup de taxes, mais bel et bien avec des incitatifs sur la modernisation des équipements et le développement de nouvelles technologies.

Éric Tétrault, président de MEQ

L'entreprise Gaz Métro est toutefois satisfaite d'apprendre que les entreprises émettant peu de gaz à effet de serre, comme elle, seront récompensées.

« Ces aides permettront à des entreprises utilisant présentement des combustibles plus polluants de convertir leurs appareils au gaz naturel et ainsi de diminuer leurs émissions des GES d'environ 30 % et de réduire encore plus considérablement leurs émissions de polluants et de particules fines », a déclaré Stéphanie Trudeau, vice-présidente, stratégie, communication et développement durable à Gaz Métro.

La CCMM, la FCCQ et les MEQ ont toutefois salué le gouvernement du Québec pour avoir poursuivi son objectif d'atteindre le déficit zéro et renouvelé son soutien à certaines entreprises.

Nous saluons l'engagement du gouvernement du Québec de maintenir l'aide aux entreprises. Ces dernières ont déjà contribué pour une grande part à l'effort de rationalisation des dépenses fiscales. 

Françoise Bertrand, présidente-directrice de FCCQ

Cet appui a aussi été qualifié par la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) d'« excellente nouvelle ».

Les syndicats s'indignent

Unanimement, les principaux syndicats de la province ont dénoncé les mesures du ministre, qui n'exigeraient pas encore assez des entreprises.

Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) considère que le gouvernement « devrait rougir » lorsqu'il affirme demander une « juste part » aux entreprises.

La contribution supplémentaire demandée aux institutions financières n'est que symbolique. À titre d'exemple, les deux mesures annoncées qui s'adressent à l'ensemble des institutions financières rapporteront 253 millions, soit moins de 1 % des profits des banques (...) C'est vraiment indécent.

Daniel Boyer, président de la FTQ

Le SFPQ et la FTQ ont aussi critiqué la diminution des déductions d'impôts aux cotisations syndicales, une « attaque contre toute forme de représentation collective », selon M. Boyer.

La FTQ et la CSQ ont aussi reproché au gouvernement de vouloir atteindre l'équilibre budgétaire à tout prix.

« Il est extrêmement inquiétant de voir nos dirigeants gouverner le Québec comme s'il s'agissait d'une entreprise privée. Laisser la misère et les inégalités grandir au sein d'une société est loin d'être rentable. Il faut plutôt miser sur la qualité de vie de sa population pour stimuler l'économie. Pas besoin d'être économiste pour comprendre ça », a plaidé Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

Économie