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Les ambitions de TransCanada compliquées par le statut d’espèce en voie de disparition donné au béluga

Carcasse de béluga

Photo : Jean-Claude Lamarre - Saint-Pacôme

Radio-Canada

La décision du Comité sur la situation des espèces en péril du Canada (COSEPAC) de classer le béluga du l'estuaire du Saint-Laurent comme espèce en voie de disparition complique les ambitions de TransCanada. L'entreprise a annoncé la suspension de ses travaux à Cacouna pour son projet Oléoduc Énergie Est dans la foulée du rapport du COSEPAC.

Soulignons cependant que cette décision coïncide avec l'expiration, dimanche, de son certificat d'autorisation du ministère de l'Environnement. TransCanada n'avait donc pas l'autorisation de poursuivre ses travaux dans l'immédiat.

Selon le COSEPAC, la petite population de bélugas fait face aujourd’hui à un risque de disparition « considérablement plus élevé » que ce qu’il avait évalué dix ans tôt. Le COSEPAC jugeait à l’époque qu’il s’agissait d’une espèce « menacée ».

Sans une protection de son habitat essentiel, on s’attend à ce que cette population continue de diminuer. 

Le Comité sur la situation des espèces en péril du Canada

La population de bélugas de l’estuaire du Saint-Laurent a déjà compté jusqu’à 10 000 individus, rappelle le comité dans un communiqué. « Toutefois, la chasse qui s’est poursuivie jusqu’en 1979 a réduit la population à moins de 1 000 animaux, poursuit le COSEPAC. Aujourd’hui, le béluga de l’estuaire du Saint-Laurent fait l’objet d’une nouvelle série de menaces croissantes, dont la prolifération d’algues toxiques, la pollution, la perturbation causée par le bruit, et le développement industriel ».

Il y a des signes préoccupants de déclins récents et de cas de mortalité inexpliquée chez de jeunes bélugas.

Le Comité sur la situation des espèces en péril du Canada

Tout en présentant son évaluation de la situation, le Comité sur la situation des espèces en péril du Canada souligne aussi que cette baleine est un « symbole pour la conservation pour la province de Québec et qu’elle constitue une attraction majeure pour les touristes ».

TransCanada révise ses options

La compagnie TransCanada, qui s'est fait critiquer ces dernières semaines à cause des travaux de forage à Cacouna liés à son projet Oléoduc Énergie Est, affirme qu'elle a cessé ses opérations sur le site en prenant connaissance du rapport.

« En tant que compagnie qui a à cœur la nature et la protection de l'environnement, nous avons répété plusieurs fois notre engagement à respecter les lois et règlements des différentes juridictions fédérales et provinciales où nous opérons. Cela s'applique également aux bélugas du Québec », dit Tim Duboyce, porte-parole d'Oléoduc Énergie Est.

Nous avons décidé d'arrêter nos travaux à Cacouna pour prendre le temps d'analyser la recommandation du COSEPAC, d'évaluer ses impacts potentiels sur le projet Énergie Est, et pour réviser toutes les options viables pour l'avenir.

Tim Duboyce, porte-parole d'Oléoduc Énergie Est

Vendredi dernier, le ministère de l'Environnement n'avait toujours pas donné le feu vert pour la reprise de ces travaux de TransCanada à Cacouna. Le certificat d'autorisation émis plus tôt cet automne par le Ministère est arrivé à échéance dimanche.

TransCanada dit maintenant mettre en veilleuse toute autre demande de certificat d'autorisation à Cacouna pour l'instant. « On va prendre le temps de discuter avec nos partenaires, les élus du secteur de Cacouna, ainsi que les gens d'affaires pour voir quelle est la bonne façon de procéder à partir de ce moment », mentionne M. Duboyce.

En septembre, la Cour supérieure avait ordonné l'arrêt des travaux de TransCanada à Cacouna.Elle avait ensuite autorisé leur reprise à partir du 15 octobre, mais le Ministère avait ordonné un nouvel arrêt, car les travaux provoquaient beaucoup plus de bruit que ce qui avait été autorisé.

Le bruit maximum devait se limiter à une zone de 540 mètres. Or, il a été entendu au moins une fois à plus de 1 kilomètre et une autre fois à près de 3 kilomètres.

Environnement