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Abolition de la CRÉO : « L'Outaouais se sent abandonnée », soutient Paulette Lalande

Paulette Lalande, présidente de la Conférence régionale des élus de l'Outaouais (CRÉO). (02-12-14)

Paulette Lalande, présidente de la Conférence régionale des élus de l'Outaouais (CRÉO). (02-12-14)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Conférence régionale des élus de l'Outaouais (CRÉO) rejette catégoriquement le plan de fermeture imposé par Québec. Le conseil d'administration de l'organisme, réuni lundi, a refusé d'entériner cette décision du gouvernement Couillard, reportant à la mi-décembre le débat.

D'ici là, la CRÉO préparera une résolution. « On n'accepte pas le plan comme il est là. On va peut-être proposer une restructuration qu'ils vont devoir accepter », soutient la présidente Paulette Lalande.

« Ce n'est pas vrai que Québec va venir nous dire quoi faire et comment le faire. »

— Une citation de  Paulette Lalande, présidente de la Conférence régionale des élus de l'Outaouais (CRÉO)

« Ce même gouvernement, quand il a été élu, il nous a dit qu'il était pour être un partenaire exceptionnel avec les municipalités et les régions. [...] On n'est plus un partenaire. Ils nous l'imposent », ajoute-t-elle.

Mme Lalande soutient qu'il y aura des effets concrets si le CRÉO est abolie. Par exemple, 75 000 $ avaient été mis de côté pour la persévérance scolaire. Cette somme ne servira pas, parce que la province ne l'a pas entérinée.

Des programmes d'aide en immigration et en culture seront eux aussi mis aux oubliettes pour la même raison. « Étant donné que ça n'a pas été signé, les sommes d'argent qu'on devait allouer, elles ne sont pas là. Ça a un effet dévastateur », souligne-t-elle.

Importance d'un forum de concertation

L'abolition de la CRÉO fait ressurgir la nécessité de maintenir une structure, qui permet aux principaux intervenants régionaux d'assurer le développement, tant urbain que rural.

Québec demande désormais aux MRC de développer une telle structure régionale. Celles-ci doivent toutefois elles aussi composer avec des compressions budgétaires.

Paulette Lalande rejette cette idée et revient à la charge en demandant un statut particulier pour l'Outaouais.

« On peut se comparer à la Gaspésie. Quand on fait le décompte de ce que les régions ont et de ce que l'Outaouais a, ça n'a pas de bon sens. C'est comme le jour et la nuit », déclare-t-elle.

« Je me sens abandonnée. L'Outaouais se sent abandonnée. C'est la pire chose qu'il ne peut pas nous arriver. »

— Une citation de  Paulette Lalande, présidente de la Conférence régionale des élus de l'Outaouais (CRÉO)

Enfin, la présidente de la CRÉO déplore le manque d'écoute du gouvernement Couillard. D'ailleurs, note-t-elle, les députés libéraux régionaux étaient absents de la réunion du conseil d'administration, contrairement aux habitudes.

Pourtant, le député de Chapleau, Marc Carrière, avait fait une sortie en mars 2013, demandant au Parti québécois d'épargner la CRÉO.

« En un an, ça a changé. C'est la ligne de parti qu'il faut observer », déplore Paulette Lalande.

Des questions sans réponses

Par ailleurs, l'abolition de la CRÉO amène plusieurs questionnements chez les maires et les préfets de l'Outaouais.

« On va être obligé de travailler individuellement avec les préfets. Si on est une commission scolaire, ça veut dire que c'est cinq MRC, cinq préfets. C'est plus de réunions, on va être redondant à chaque fois », prévient la présidente de la Commission scolaire des Hauts-Bois-de-l'Outaouais, Diane Nault.

« Souvent les gens ne prennent même pas conscience de l'immensité du territoire, surtout en zone rurale. Ça fait en sorte que les décisions sont faussées. »

— Une citation de  Robert Coulombe, maire de Maniwak

Le préfet de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, Michel Merleau, doute quant à lui que le gouvernement parvienne à faire des économies en supprimant des instances locales, telles que les commissions scolaires ou les agences de santé.

Dans l'ensemble, ces élus se demandent surtout quel est le plan envisagé par Philippe Couillard afin d'assurer une concertation dans les domaines de la santé, de l'éducation et du monde municipal.

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