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Le Dr Chamberland étaye sa thèse suivant laquelle Magnotta souffre de troubles de la personnalité

Le Dr Gilles Chamberland

Le Dr Gilles Chamberland

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Dr Gilles Chamberland continue d'expliquer lundi les raisons pour lesquelles il croit que les différents troubles de personnalité dont souffrirait Luka Rocco Magnotta expliquent mieux le meurtre de Lin Jun qu'un diagnostic de schizophrénie.

Un texte de François MessierTwitterCourriel

La différence est de taille dans la mesure où un individu qui a des troubles de la personnalité ne perd pas contact avec la réalité; il ne peut donc être considéré non criminellement responsable de ses gestes.

Poursuivant là où il avait laissé la semaine dernière, le Dr Chamberland a dit être d'avis que l'Ontarien de 32 ans répond aux critères permettant de déterminer qu'il souffre d'un trouble de la personnalité du groupe B, soit les personnalités histrioniques et narcissiques.

Selon lui, Luka Rocco Magnotta a aussi des traits associés à deux autres troubles du groupe B, soit la personnalité limite et la personnalité antisociale. Cela signifie qu'il ne peut être diagnostiqué comme tel, mais que sa personnalité comprend certains de ses éléments.

Après s'être attardé à l'aspect histrionique de sa personnalité la semaine dernière, le Dr Chamberland a souligné au jury différents éléments lui permettant d'avancer que l'accusé souffre d'un trouble de la personnalité narcissique.

Les individus qui ont ce trouble, a-t-il expliqué, sont des gens qui se considèrent exceptionnels et qui ont besoin de se sentir admirés pour soutenir leur estime personnelle.

Ce trouble est engendré par un manque d'estime de soi.

Magnotta, par exemple, aspirait à être reconnu comme acteur. Il affirmait notamment que « sa place était à Los Angeles », berceau de l'industrie américaine du cinéma, plutôt qu'à Toronto.

D'autres critères ont aussi été relevés chez lui par d'autres médecins qui l'ont vu au fil du temps, notamment son obsession pour son apparence.

Selon le Dr Chamberland, Luka Rocco Magnotta a aussi certains traits diagnostics d'un trouble de personnalité limite, par exemple :

  • il dépeignait les gens sans nuances (ex : il dénigre sa mère sans cesse, mais idéalise sa grand-mère);
  • il était impulsif dans ses agissements (ex : il déménageait souvent, en pensant que sa vie serait meilleure ailleurs);
  • il avait un comportement suicidaire récurrent (il a fait des tentatives à 18 et 20 ans, et a affirmé y avoir pensé aussi par la suite);
  • et il pouvait avoir des idées paranoïdes lorsqu'il était stressé. À ce sujet, le Dr Chamberland note que de petites doses de cocaïne ou de marijuana pour un individu dans cet état peuvent entraîner une psychose.

Le Dr Chamberland soutient aussi que l'accusé a aussi des traits d'une personnalité antisociale, puisque ses mensonges étaient fréquents et que son utilisation de nombreux pseudonymes, notamment sur Internet, est particulièrement bien documentée.

Rappelons que le psychiatre Chamberland n'a jamais pu évaluer lui-même Luka Rocco Magnotta, puisque ce dernier a refusé de le rencontrer. Son témoignage s'appuie donc sur les éléments de preuve et les observations des deux psychiatres qui ont défendu la thèse de la non-responsabilité pour la défense, Marie-Frédérique Allard et Joel Watts.

Il a d'ailleurs expliqué dès le début de son témoignage qu'en raison de cette situation, il ne peut donner une opinion « ferme et définitive » sur l'état mental de l'accusé.

Luka Rocco Magnotta est accusé du meurtre au premier degré de Lin Jun, d'outrage à son cadavre, de production de matériel obscène, d'utilisation de la poste pour le diffuser et de harcèlement à l'endroit du premier ministre Stephen Harper et d'autres membres du Parlement.

Il a reconnu les faits dès le début du procès, mais il a plaidé non coupable. Son avocat soutient qu'il souffre de schizophrénie paranoïde et qu'il doit par conséquent être déclaré non criminellement responsable de ses gestes.

Magnotta face à la justice

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