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À la recherche de ses ancêtres

Dossiers familles

Photo : Catherine Paradis

Radio-Canada

Replonger dans le passé, c'est aussi déterrer des souvenirs cachés. Et bien que la numérisation de certains fichiers et l'accès à Internet aient révolutionné les recherches, les généalogistes voient maintenant une nouvelle période de bouleversements à l'horizon.

Un texte de Catherine ParadisTwitterCourriel

Lorsqu'elle s'est présentée aux journées portes ouvertes à la Société de généalogie du Saguenay, Ghyslaine Guillemette, religieuse de 74 ans originaire de la région, était loin de se douter de ce qu'elle y découvrirait. Copies d'actes de baptême à l'appui, elle a appris que sa famille ne comptait pas sept enfants, comme elle l'avait toujours cru, mais neuf.

Ça me questionne, comment ça que ma mère ne m'en a jamais parlé? Ça ne change rien à ma vie, mais ça fait curieux.

Ghyslaine Guillemette, soeur du Bon-Conseil

Avec la numérisation de certains fichiers et l'accès à Internet, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) remarque que la consultation des banques de données a augmenté de près de 70 % depuis deux ans.

Si les registres internationaux comme Ancestry.com gagnent en popularité, les sociétés de généalogie ont encore des documents qui ne sont pas accessibles sur Internet.

Au Québec, l'adoption de la Loi sur la protection des renseignements personnels en 1993 a scellé tous les registres pour une période de 100 ans. Les sociétés de généalogie ont eu le droit de garder les documents qu'elles avaient accumulés avant l'entrée en vigueur de la loi. Ce qui a permis, dans certains cas, de conserver des informations datant d'aussi récemment que 1990.

Pour écouter l'extrait sur votre appareil mobile, cliquez ici. (Nouvelle fenêtre)

Dossiers de familles

Dans la centaine de classeurs de la Société de généalogie du Saguenay se cachent un demi-million de dossiers de familles, regroupant des copies d'actes de mariage, de baptême et de sépulture. Durant des années, des bénévoles ont retranscrit à la main tous les registres civils et paroissiaux de la région jusqu'en 1972 et, dans certains cas, jusqu'en 1992.

Quelqu'un qui arrive ici, il a tout en main. On n'avait pas ça, nous, à l'époque, il fallait fouiller. Aujourd'hui, on vous donne pratiquement votre dossier de famille dans les mains, tout fait. Les gens ont juste à récolter et aller plus loin.

Jacques Gagnon, un bénévole qui ne compte pas ses heures depuis 20 ans

« Le feu prend ici demain matin, c'est impossible de retrouver ces choses-là », affirme Hélène Couture, généalogiste agréée de Saguenay.

Passion de retraité

Des boîtes et des boîtes, des centaines de milliers de documents et des milliards de noms. Malgré la technologie, remonter son arbre généalogie prend du temps et de la patience.

Plusieurs personnes voient dans leur retraite un contexte favorable pour se lancer dans la généalogie. Elles viennent chercher de l'information, mais elles en apportent également plus qu'elles ne l'imaginent en complétant leur arbre généalogique avec leurs enfants et petits-enfants.

Ces personnes-là, à la retraite, qui viennent ici, ce qu'elles apportent, c'est le lien manquant d'aujourd'hui.

Hélène Couture, généalogiste agréée de Saguenay

À écouter : la version radio du reportage de Catherine Paradis, à L'heure du monde, sur ICI Radio-Canada Première.

Dossiers famillesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Catherine Paradis

La généalogie doit se réinventer

Les généalogistes voient maintenant poindre une période de bouleversements.

Les doubles noms, les enfants qui prennent le nom de la mère au lieu du nom du père. Les gens ne se marient plus, ne font plus baptiser. Pour nous, c'est une difficulté supplémentaire, un casse-tête épouvantable.

Hélène Couture, généalogiste et bénévole

En ce sens, Jacques Gagnon pense que le bouche-à-oreille prendra davantage d'importance pour transmettre les connaissances de génération en génération. « On reçoit des écoles de plus en plus. Mon petit-fils m'a déjà montré les recherches qu'il faisait. Il faut intéresser nos jeunes parce qu'un arbre sans feuilles, c'est un arbre qui meurt. »

BAnQ est optimiste

Dans la voûte de BAnQ dorment non pas des copies, mais des millions de documents originaux qui servent aux généalogistes. Registres civils, cartes géographiques, photos, contrats de vente et d'achat de terrains ou de propriétés - tous les documents gouvernementaux et notariés du Québec finiront par s'y retrouver.

« Ce qu'on a ici s'arrête en 1913 parce qu'on est en 2014 », souligne Audrey Bouchard, archiviste-coordonnatrice à BAnQ.

BAnQ prévoit que les chaînons généalogiques ne seront pas si manquants, malgré l'évolution des habitudes familiales. « Il y aura toujours des documents connexes pour nous permettre de connaître nos ancêtres », croit Audrey Bouchard.

Qui êtes-vous? (Nouvelle fenêtre), une nouvelle émission portant sur la généalogie sur ICI Radio-Canada Télé.

Société