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Énergie Est : deux scénarios en cas de déversement 

Le Parti vert présente sa plateforme électorale en vue des élections provinciales de septembre 2019.

Radio-Canada

Si le projet de l'oléoduc Énergie Est voyait le jour, quelles seraient les répercussions d'un déversement dans le fleuve Saint-Laurent ?

C'est ce qu'a tenté de décrire la Société d'Intervention maritime de l'est du Canada (SIMEC) dans un rapport qui expose un plan d'intervention. Ce document se retrouve dans l'une des annexes du document de 30 000 pages que TransCanada a déposé à l'Office national de l'Énergie (ONÉ).

La SIMEC est une entreprise privée qui appartient à des pétrolières canadiennes et qui est chargée d'intervenir en cas de déversement, décrit-on dans le plan d'intervention.

La SIMEC y propose deux scénarios de déversement sur une période de 12 heures. Le premier surviendrait au bout de la jetée que TransCanada prévoit construire à Cacouna. Quelque 14 000 tonnes de pétrole s'écoulerait, ce qui correspond à l'équivalent de plus de 100 000 barils de pétrole. Le second scénario se produit à l'île Rouge, au milieu du fleuve Saint-Laurent et 20 000 tonnes de pétrole se déverseraient.

Pour les deux cas, la SIMEC avance que de 60 à 90 kilomètres de rivage du côté sud du Saint-Laurent seraient touchés, ce qui inclue donc tout le littoral de Rivière-du-Loup jusqu'à Rimouski.

Le rapport conclut que la récupération serait complexe en présence de glace.

Ces scénarios sont-ils réalistes?

Selon le chercheur en écotoxicologie marine à l'ISMER, Émilien Pelletier, le rapport est insuffisant.

« C'est un scénario plutôt optimiste, mais c'est beaucoup plus complexe que ça. Ici on ne parle pas des changements de météo, ou des mauvaises conditions météo, ou des changements de direction de vent qui emporterait la glace et le pétrole vers le large », fait-il valoir. « Il y a peut-être une base, mais il n'y a certainement pas un scénario complet », estime-t-il.

Émilien Pelletier est d'avis que si l'on tient compte des diverses variations dûes entre autres au mouvement des glaces, du pétrole pourrait même se retrouver jusqu'à Gaspé.

Tim Duboyce, porte-parole de TransCanada

Tim Duboyce, porte-parole de TransCanada

Photo : Radio-Canada/Marie-Eve Tremblay

Pas d'oléoduc sans plan d'urgence, réagit TransCanada

Dans une déclaration écrite, le porte-parole de TransCanada, Tim Duboyce maintient que le pipeline Énergie Est « n'entrera pas en fonction avant la mise en place d'un plan d'urgence détaillé. Ce plan devra aussi être accepté par les autorités réglementaires. »

À noter que les travaux de forage exploratoire de TransCanada ne reprendront pas cet automne. Le permis de TransCanada pour des forages exploratoires au large de Cacouna expire dimanche.

Il n'a par ailleurs pas été possible de joindre la SIMEC.

Rappelons, que les compagnies pétrolières ont la responsabilité de signaler et d'intervenir en cas de déversement. Au Québec, elles sous-traitent le travail à la SIMEC. De leur côté, Transports Canada et la Garde Côtière réglementent et supervisent.

Environnement