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Moubarak blanchi : joie pour les uns, colère pour les autres

L’ancien président égyptien Hosni Moubarak (à droite) et son fils  Jamal  (à gauche) dans le box des accusés à l’académie de police où s’est déroulé le procès.

L’ancien président égyptien Hosni Moubarak (à droite) et son fils Jamal (à gauche) dans le box des accusés à l’académie de police où s’est déroulé le procès.

Photo : Stringer Egypt / Reuters

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'ancien président égyptien Hosni Moubarak a été acquitté samedi de l'accusation d'avoir causé la mort de 846 personnes en réprimant le soulèvement populaire de 2011 qui l'a chassé du pouvoir. Cette décision a provoqué la colère de ses détracteurs, mais la joie de ses partisans.

« Je n'ai rien fait de mal », a affirmé l'ancien président dans une entrevue par téléphone à la télévision.

L'ex-président, aujourd'hui âgé de 86 ans, ainsi qu'un ancien ministre du Pétrole sont par ailleurs acquittés des charges de corruption qui les concernaient pour avoir autorisé des exportations de gaz vers Israël.

Les mêmes accusations qui pesaient contre l'ancien ministre de l'Intérieur et six anciens hauts responsables des services de sécurité ont également été abandonnées.

Lors d'un premier procès en 2012, Hosni Moubarak avait été condamné à la prison à perpétuité, mais la sentence avait été annulée pour des raisons techniques.

Une femme au Caire se réjouit de l'acquittement de l'ancien président égyptien Hosni Moubarak, le 29 novembre.
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Une femme au Caire se réjouit de l'acquittement de l'ancien président égyptien Hosni Moubarak, le 29 novembre.

Photo : La Presse canadienne / AP/Amr Nabil

Le prononcé des différents verdicts a été accueilli par des cris de joie des personnes présentes dans le tribunal.

Hosni Moubarak était présent dans la salle d'audience, où il avait été conduit sur un brancard.

Les jugements rendus samedi ne signifient toutefois pas que l'ancien raïs retrouvera bientôt sa liberté. Reconnu coupable en mai de détournement de fonds publics, il est incarcéré dans un hôpital militaire du Caire, où il purge une peine de trois années d'emprisonnement. Après le verdict, des partisans se sont d'ailleurs rassemblés en nombre limité devant l'hôpital où il est détenu.

Manifestation dispersée au Caire

En soirée, la police a dispersé à coups de gaz lacrymogènes et avec des canons à eau plus d'un millier de manifestants qui se sont rassemblés au Caire pour dénoncer ce verdict. Une personne a été tuée. Une centaine de personnes ont aussi été arrêtées, selon une source de sécurité.

Quelques dizaines de jeunes se sont aussi rassemblés pour protester contre le verdict à Suez, ville où avait été recensé le premier mort du soulèvement contre le régime Moubarak. Ils ont été rapidement dispersés par la police, selon une source proche des services de sécurité.

Des manifestants au Caire dénoncent l'acquittement de l'ancien président égyptien Hosni Moubarak, le 29 novembre
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Des manifestants au Caire dénoncent l'acquittement de l'ancien président égyptien Hosni Moubarak, le 29 novembre

Photo : La Presse canadienne / AP/Ibrahim Ezzat

De nombreux Égyptiens avaient considéré comme une victoire de voir leur ancien président derrière les barreaux. 

Son renversement en 2011 a permis la tenue de la première élection libre de l'histoire de l'Égypte, en juin 2012. Mais le vainqueur, l'islamiste Mohamed Morsi, a été évincé en juillet 2013 par l'ancien chef de l'armée, Abdel Fattah Al-Sissi, élu président cette année.

Après la destitution de M. Morsi, plus de 1400 manifestants islamistes ont été tués. Plus de 15 000 Frères musulmans ou sympathisants ont aussi été emprisonnés et des centaines condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs.

La libération, depuis, de certaines figures de l'époque Moubarak et une série de lois réduisant les libertés publiques, ont fait craindre un regain d'influence de l'ancienne direction.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et Associated Press

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