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Le ministre de l'Éducation promet de faire ses devoirs en réaction aux critiques du vérificateur général

Élèves en classe

Salle de classe.

Radio-Canada

Le ministre de l'Éducation du Québec prend bonne note des recommandations du vérificateur général qui dans son rapport critique ses actions dans la lutte au décrochage scolaire.

Par communiqué, le ministre Yves Bolduc assure qu'il donnera « les suites appropriées » au rapport et affirme que la réussite scolaire des jeunes de moins de 20 ans est au coeur de ses priorités. D'ailleurs, le ministère de l'Éducation, des Loisirs et du Sport (MELS) entend adopter, en 2015-2016, une politique axée sur la persévérance et la réussite scolaires.

« Celle-ci devrait contribuer à doter le milieu scolaire, ses partenaires et la société civile d'une vision commune en ce domaine », est-il précisé dans le communiqué.

Une vision commune à trouver

Une vision commune, c'est ce qui manque cruellement en ce moment, de l'avis du vérificateur général du Québec qui affirme que le ministère de l'Éducation n'exerce pas pleinement son leadership pour aider les commissions scolaires à venir en aide aux élèves en difficulté.

Pour en arriver à ce constat peu reluisant, le bureau du vérificateur général s'est penché sur les actions du MELS et de quatre commissions scolaires.

Plus spécifiquement, le vérificateur général par interim Michel Samson s'est intéressé à deux aspects, soit l'encadrement que fait le ministère en matière de persévérance et de réussite scolaires et la gestion des conventions de partenariat par le MELS et par les commissions scolaires. Dans les deux cas, il y a des lacunes. Et, pour accroître le taux de diplomation des jeunes Québécois de moins de 20 ans, le ministère de l'Éducation du Québec devra effectuer un meilleur suivi de ses actions et mieux cibler ses efforts.

Compte tenu des enjeux auxquels doit faire face le réseau scolaire en matière de persévérance et de réussite scolaires, il est crucial que le MELS exerce un leadership fort auprès du réseau des commissions scolaires et qu'il oriente et soutienne la réussite scolaire des jeunes.

Extrait du rapport du vérificateur général du Québec

En 2009, le gouvernement a décidé de faire passer le taux de diplomation de 72 % à 80 %, un objectif qu'il comptait atteindre en 2020. Ce taux de diplomation se situe actuellement à 76 %.

En 2012-2013, les services éducatifs dans les commissions scolaires et les établissements privés ont coûté près de 12 milliards de dollars. Près de 66 % de ces dépenses ont servi aux activités d'enseignement et de formation, ainsi qu'aux activités de soutien à l'enseignement et à la formation.

Dans cette stratégie, le MELS a établi un grand nombre d'objectifs et d'actions dont la portée est relativement large, ce qui ne permet pas de diriger efficacement les interventions et de s'assurer d'avoir un impact optimal sur la réussite, et ce, même si cette stratégie se voulait alors prioritaire.

Rapport du vérificateur général du Québec

Le ministère de l'Éducation ne fait pas pleinement son travail, de l'avis du vérificateur général. Voici quelques exemples :

  • il est difficile pour un oeil extérieur d'interpréter les indicateurs et les statistiques du ministère de l'Éducation du Québec;
  • il y a confusion dans les données compilées par le ministère, ce qui rend difficile d'établir des priorités pour les jeunes qui sont à risque de décrochage;
  • le ministère n'a pas de vision prioritaire; ses actions ne sont pas orientées à long terme;
  • le ministère a un problème de gestion de l'information et, dans certains cas, cette information n'est pas à jour;
  • 32 conventions de partenariat par le MELS et par les commissions scolaires n'ont pas été renouvelés;
  • les décisions sont unilatéralement prises par le ministre de l'Éducation sans tenir compte des particularités des commissions scolaires.
Des craies de couleur sur un tableau

Photo : Istock

De nombreuses priorités et orientations ministérielles ont été élaborées et se sont accumulées au fil du temps. Or, elles ne sont pas nécessairement fondées sur une vision intégrée des besoins prioritaires et d'une analyse des enjeux, ce qui ne permet pas d'orienter clairement les actions dans une perspective à long terme.

Extrait du communiqué du vérificateur général du Québec

Il existe des moments névralgiques dans la vie d'un élève, des moments durant lesquels il y aurait lieu de les accompagner davantage, souligne le vérificateur général, qui s'appuie sur des informations extraites de la stratégie L'école, j'y tiens ! Tous ensemble pour la réussite scolaire.

Ainsi, il est à considérer que :

  • environ 65 % des élèves en situation de retard scolaire, soit ceux qui ont redoublé au moins une fois, seront en situation de décrochage scolaire;
  • quelque 6000 élèves quittent l'école chaque année alors qu'ils sont rendus en 5e secondaire; il ne leur manque que quelques cours pour obtenir leur DES.

Quelques informations intéressantes

Dans son rapport, le vérificateur général rapporte des informations provenant du MELS et indiquant que près de 1,1 million d'élèves (en équivalents temps plein) ont fréquenté les établissements d'enseignement primaire et secondaire, que ce soit à la formation générale des jeunes, à la formation des adultes ou à la formation professionnelle en 2012-2013.

Le vérificateur général note également que la proportion des jeunes francophones qui sont diplômés ou qualifiés après 7 ans est moins élevée que celle des anglophones : 75 %, comparativement à 84,5 %.

Enfin, 49,6 % des garçons inscrits dans un établissement francophone public ont obtenu un diplôme ou une qualification après 5 ans, alors que ce taux est de 64,2 %
pour les filles.

Les commissions scolaires parlent de « manque d'efficacité »

Le rapport de Michel Samson rassemble des observations qu'avait déjà faites la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ). Pas plus tard que le mois dernier, la Fédération affirme avoir sensibilisé le président du Conseil du trésor « au manque d'efficacité du système de cueillette d'information et de transmission de données  du MELS ». 

De plus, l'absence de données à jour, complètes et pertinentes, complique le travail de gestion des commissions scolaires, souligne la FCSQ.

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