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Le Nouveau-Brunswick facilite l'accès à l'avortement

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, annonce des changements aux règles encadrant l'avortement.

Photo : Michel Corriveau/Radio-Canada

Radio-Canada

Le Nouveau-Brunswick élimine l'obligation pour les femmes d'avoir l'avis de deux médecins afin d'obtenir un avortement à l'hôpital.

Le premier ministre Brian Gallant l'a annoncé mercredi matin. Il est convaincu qu'il s'agit d'une bonne décision.

Le gouvernement promet aussi de travailler avec les Réseaux de santé de la province pour accroître la capacité des hôpitaux en la matière et faciliter l'accès à cette intervention. 

Ces changements au règlement coûteront 1,2 million $ aux contribuables pour la première année et 700 000 $ pour l'année suivante. L'argent proviendra du budget actuel. 

En tant que province, nous avons la responsabilité de respecter les droits des femmes et nos obligations en offrant cette intervention dans un environnement sécuritaire, au même titre que tout autre service assuré par l’assurance-maladie. 

Brian Gallant, premier ministre du Nouveau-Brunswick.

Lors de la récente campagne électorale, le Parti libéral du Nouveau-Brunswick avait promis d'étudier et d'identifier les obstacles à l'avortement au Nouveau-Brunswick.

Parmi les obstacles identifiés par le nouveau gouvernement, il y a un article du Règlement 84-20 de la Loi sur le paiement des services médicaux qui inclue l'obligation d'avoir une attestation écrite de deux médecins avant de pouvoir accéder au service; l'accès au service en temps opportun; la disponibilité de renseignements exacts qui ne portent aucun jugement; et la capacité du système à offrir le service.

Ainsi, le gouvernement modifiera le Règlement 84-20 qui fera en sorte qu'il ne sera plus nécessaire d'avoir deux médecins pour attester que l'intervention est nécessaire d'un point de vue médical et qui éliminera l'exigence voulant que l'intervention soit effectuée par un spécialiste. 

L'opération sera traitée comme n'importe quelle autre intervention couverte par le régime d'assurance-maladie, a souligné M. Gallant.

De plus, tout médecin formé pour effectuer un avortement pourra le faire. À l'heure actuelle, seuls des spécialistes peuvent faire des avortements.

Ces changements au Règlement 84-20 entreront en vigueur le 1er janvier. Le premier ministre a refusé de dire si les membres de son cabinet étaient tous en faveur de cette nouvelle politique. Rappelons que certains membres du caucus libéral ont participé à des manifestations pro-vie dans les derniers mois. 

Brian Gallant avait promis pendant la campagne électorale d'améliorer les services à l'avortement dans la province.

L'annonce du premier ministre Gallant a fait réagir mercredi matin. Les groupes de femmes ont salué l'initiative de Fredericton. Madeleine Arseneau, du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick, s'est dite « soulagée d'apprendre cette décision-là » parce qu'en campagne électorale, les libéraux avaient dit vouloir mettre en place un comité de réflexion sur les barrières à l'avortement. Le fait qu'ils aient identifié ces barrières « avant même de former ce comité et d'annoncer finalement qu'on abolit ces barrières » représente « une excellente nouvelle » pour l'organisation. 

On est très contente.

Madeleine Arseneau, Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick pour les droits reproductifs

La clinique Morgentaler de Fredericton, le seul établissement privé qui offrait la procédure au Nouveau-Brunswick, a fermé en juillet dernier. Cela avait suscité de vives réactions au Nouveau-Brunswick où plusieurs manifestations, tant de militants pro-choix que de pro-vie, ont eu lieu à Fredericton. 

Chez les militants pro-vie, cette annonce est une sorte de douche froide, sans pour autant être une surprise. Pour le militant antiavortement Peter Ryan, cette décision du gouvernement Gallant est « profondément décevante ». 

En ce qui nous concerne, ce n'est pas une bonne journée.

Peter Ryan, militant pro-vie

Selon M. Ryan, la majorité des Néo-Brunswickois soutenait les règles antérieures en matière d'avortement. 

« C'est comme si cette semaine, nous avions un mercredi noir et un Black Friday, parce que cette politique marque l'ouverture de la saison des enfants non nés au Nouveau-Brunswick », a-t-il déclaré. 

Il affirme également que selon lui, les libéraux de Brian Gallant ont été élus en septembre en dépit de la promesse sur l'avortement et non pour cette raison. 

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