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Perturbations syndicales à Québec pour le « grand dérangement »

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les employés municipaux syndiqués ont tenu une série de moyens de pression mercredi, notamment à l'hôtel de ville et à l'amphithéâtre de Québec, pour protester contre le projet de loi 3 sur les régimes de retraite.

En fin de journée, un syndiqué s'est présenté à l'hôtel de ville dans le but de remettre un panier d'oranges au maire de Québec, l'invitant à le placer dans le coffre-fort virtuel. Les syndiqués reprochent au maire de voyager sur le dos des contribuables et de faire de mauvais investissements. Le projet de coffre-fort virtuel a été dénoncé cette semaine par l'opposition à l'hôtel de ville qui l'a qualifié d'inutile et de gaspillage d'argent.

En matinée, un peu avant 11 h, une centaine d'employés municipaux s'étaient aussi regroupés devant l'hôtel de ville. Les manifestants munis de pancartes portant les inscriptions « Libre négo » ont placardé d'autocollants l'horloge du Jura avant de quitter les lieux à bord d'autobus réservés pour leur journée de manifestation.

Plus tôt, les manifestations menées par les employés municipaux syndiqués ont eu des impacts à Québec. La circulation a été ralentie sur le réseau routier et les travaux de l'amphithéâtre ont été perturbés.

Autour de 6 h 30, tous les accès menant au chantier ont été partiellement bloqués par des dizaines de syndiqués. Les travailleurs ont pu entrer sur les lieux au compte-gouttes et les travaux se sont déroulés au ralenti.

Même si le geste ciblé ne visait pas à nuire à la population, un travailleur du chantier de l'amphithéâtre n'a pas caché son exaspération. Des policiers affectés au contrôle des foules sont même intervenus auprès de leurs collègues syndiqués pour permettre l'entrée d'un travailleur sur le chantier.

« J'ai une famille à nourrir et si je ne fais pas mon 40 heures par semaine, j'ai de la misère à arriver. Moi, des niaiseries de mêmes. Qu'ils fassent une assemblée, qu'ils s'arrangent entre eux autres et qu'ils laissent les autres travailleurs tranquilles », a lancé le travailleur.

La circulation ralentie

Des manifestants ont aussi ralenti la sortie des autobus du Réseau de transport de la Capitale (RTC) au Centre Métrobus sur la rue Armand-Viau. Une quarantaine d'autobus ont été immobilisés pendant moins d'une heure tôt mercredi, selon le RTC.

Des impacts se sont fait sentir également sur le trafic à l'heure de pointe. Des camions cubes ont été aperçus sur les autoroutes pour ralentir le flot de véhicules. Sur plusieurs artères, des cônes orange de circulation ont été installés au milieu de la chaussée par les syndiqués pour perturber la circulation.

Le secrétaire général du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Denis Bolduc, admet que ces moyens de pression peuvent agacer le public. Il affirme toutefois que cette journée est essentielle.

« C'est une opération délicate, on joue avec l'opinion publique. Il faut que les gens comprennent qu'il y a quelque chose qui se passe au Québec en ce moment. Il y a des gens qui sont très, très mécontents. »

— Une citation de  Denis Bolduc

Une loi « immorale »

Les fonctionnaires municipaux et les employés manuels de la Ville de Québec pouvaient manifester durant leur pause ou en dehors de leurs heures de travail puisqu'ils n'ont pas le droit de grève.

Le président de la Coalition syndicale pour la libre négociation, Marc Ranger, précise que le « grand dérangement » ne vise pas la population, mais plutôt les administrations municipales et le gouvernement, à une semaine de l'adoption du projet de loi 3 sur les régimes de retraite.

« C'est sûr qu'il y a de la frustration dans nos troupes. Dans une semaine une loi illégale, à notre avis, et immorale sera adoptée. Alors aujourd'hui, après huit mois, on considérait que c'était le temps de faire un grand dérangement », soutient Marc Ranger.

La Coalition syndicale pour la libre négociation estime qu'un peu plus de 5000 employés municipaux de la province ont été en grève mercredii et que des milliers d'autres ont exercé des moyens de pression.

Parallèlement à cette journée de dérangement, les 262 cols blancs de Lévis étaient en grève. Les services des arénas, piscines et bibliothèques ont été suspendus pour la journée.

Les syndicats de l'Université Laval se sont aussi fait entendre aujourd'hui pour dénoncer les coupes de 42 millions de dollars pour l'année en cours. L'accès à l'Université Laval a été bloqué sur le chemin Sainte-Foy à l'heure de pointe et la circulation était difficile dans ce secteur.

Plusieurs travailleurs ont manifesté ce matin

Plusieurs travailleurs ont manifesté ce matin

Photo : ICI Radio-Canada

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