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Magnotta a refusé de rencontrer le psychiatre de la Couronne

Le Dr Gilles Chamberland (à droite)

Le Dr Gilles Chamberland (à droite)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le psychiatre embauché par la Couronne pour faire une contre-expertise de l'état mental de Luka Rocco Magnotta a entrepris son témoignage, mardi, au palais de justice de Montréal. Le Dr Gilles Chamberland a cependant admis d'entrée de jeu que son travail s'est heurté à un écueil de taille : il n'a jamais pu rencontrer l'accusé.

Un texte de François MessierTwitterCourriel

Témoignant à titre d'expert en psychiatrie légale, le Dr Chamberland a expliqué au jury qu'on lui avait dit que l'accusé ne voulait pas le rencontrer. Dans les circonstances, il admet lui-même qu'il ne peut être affirmatif dans ses conclusions et qu'il doit se contenter de donner son opinion générale sur l'affaire.

Le rapport que le psychiatre a rédigé à la demande de la Couronne tient d'ailleurs en 9 pages, alors que ceux rédigés par les deux psychiatres qui ont défendu la thèse de la non-responsabilité criminelle pour le compte de la défense, Marie-Frédérique Allard et Joel Watts, se déclinaient sur plus de 120 pages.

Le Dr Chamberland, qui est directeur des services professionnels à l'Institut Philippe-Pinel de Montréal, a d'ailleurs écouté ces deux témoignages-clés de la défense depuis la salle de débordement mise à la disposition du public et des journalistes. Il est donc en mesure de les commenter.

Selon le Dr Chamberland, le cas de Luka Rocco Magnotta peut être envisagé de deux façons : soit il est bel et bien schizophrène, et cette maladie explique son comportement, soit il souffre plutôt de trouble de la personnalité limite, et ce qu'il dit comprend des éléments de simulation.

Dans ce second scénario, des épisodes de psychose pourraient s'expliquer par la consommation de drogues. 

« On pourrait faire un cours de psychiatrie presque complet avec ce qui s'est passé ici »

— Une citation de  Le Dr Gilles Chamberland

Selon lui, ce qui s'est passé le 25 mai 2012 dans l'appartement de Luka Rocco Magnotta s'explique « beaucoup plus facilement » avec cette seconde hypothèse, qui repose sur la version des faits que l'accusé a donnée le 17 avril 2012 au psychiatre Joel Paris de l'hôpital général juif de Montréal.

L'accusé avait alors admis qu'on lui avait déjà diagnostiqué une schizophrénie en Ontario, mais que sa psychose avait en fait été engendrée par le fait qu'il prenait de la cocaïne et de la marijuana. Le diagnostic avait d'ailleurs été changé par la suite, selon lui; on l'a plutôt considéré comme souffrant d'un trouble bipolaire affectif.

Selon Gilles Chamberland, certains éléments relatés par Luka Rocco Magnotta aux psychiatres Allard et Watts sont difficilement réconciliables. Par exemple : comment expliquer qu'il a consenti à se faire ligoter par Lin Jun pour une relation sexuelle alors qu'il affirme s'être senti traqué dans les mois précédant le meurtre?

Le psychiatre a aussi déclaré qu'il ne fallait pas nécessairement être psychotique pour commettre les gestes qui sont en cause dans ce procès. Qui plus est, un individu peut être psychotique ou souffrir d'une maladie mentale et ne pas satisfaire pour autant les critères établis à l'article 16 du Code criminel pour déterminer les cas de non-responsabilité criminelle.

Avant d'entendre le Dr Chamberland, la Couronne a souligné que Luka Rocco Magnotta avait consommé de la drogue dans les semaines précédant le meurtre de Lin Jun, en faisant entendre le policier Francis Derome, considéré comme un expert en « terminologie des drogues de rue ».

Après avoir analysé une série de textos échangés par Magnotta en avril et mai 2012, le policier Derome a conclu qu'il est « clair que M. Magnotta fait usage de cannabis » à cette époque. Il a relevé différents échanges montrant que l'accusé avait contacté des revendeurs à plus d'une reprise afin de s'en procurer.

Les échanges démontrent aussi qu'il n'avait aucun intérêt pour la cocaïne.

Luka Rocco Magnotta est accusé du meurtre au premier degré de Lin Jun, d'outrage à son cadavre, de production de matériel obscène, d'utilisation de la poste pour le diffuser et de harcèlement envers le premier ministre Stephen Harper et d'autres membres du Parlement.

Il a reconnu les faits dès le début du procès, mais il a plaidé non coupable. Son avocat soutient qu'il souffre de schizophrénie paranoïde et qu'il doit donc être déclaré non criminellement responsable de ses gestes.

Magnotta face à la justice

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