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Les lacunes à Bibliothèque et Archives nuisent au deuil des Autochtones, dit Romeo Saganash

Le député néo-démocrate d’Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou, Romeo Saganash, lors d’un point de presse à Ottawa, le 25 novembre 2014.

Le député néo-démocrate d’Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou, Romeo Saganash, lors d’un point de presse à Ottawa, le 25 novembre 2014.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le député néo-démocrate d'Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou, Romeo Saganash, affirme que les lacunes relevées par le vérificateur général du Canada à Bibliothèque et Archives Canada ont un « impact direct » sur les travaux de la Commission de vérité et de réconciliation du Canada, qui a notamment pour mandat de faire la lumière sur « l'injustice et des torts causés aux Autochtones ».

Dans son rapport, déposé mardi, le vérificateur général Michael Ferguson révèle notamment que des documents relatifs aux pensionnats indiens sont mal répertoriés et que des dossiers médicaux, par exemple, sont incomplets.

Lors d'un point de presse, mardi, Romeo Saganash a expliqué que ce manque de documentation rend le processus de deuil et de réconciliation difficile.

Comment voulez-vous que les familles fassent des deuils dans ces circonstances-là? C'est impossible.

Romeo Saganash, député d'Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou

M. Saganash a rappelé que les survivants des pensionnats autochtones et leur famille ont besoin de certains documents pour des raisons légales et pour « fermer ce chapitre de leur vie ».

Il a cité en exemple l'histoire de son jeune frère, qui a été placé dans un pensionnat à l'âge de six ans et qui n'est jamais revenu.

« On n'a jamais su où il était pendant 40 ans », a dit M. Saganash. « À ce jour, on n'a pas son certificat de décès. »

Lui-même un ancien élève des pensionnats, il a souligné que la Commission de vérité et de réconciliation lui a permis mettre le passé derrière lui.

Un expert inquiet

L'archiviste en chef de l'Université d'Ottawa et président de la Société de l'histoire de l'Outaouais, Michel Prévost, se dit pour sa part à la fois surpris et inquiet par la présence de 98 000 boîtes de documents non catalogués dans les entrepôts de Bibliothèque et Archives.

« Quand on regarde la mission de Bibliothèque et Archives Canada, c'est bien d'acquérir et de préserver des documents à valeur archivistiques [...] et surtout, dans la deuxième partie, c'est de les rendre accessibles au grand public », souligne-t-il. « Alors, comment voulez-vous rendre accessible au public quelque 100 000 boîtes si on n'a pas de description de contenu? »

Il y a beaucoup, beaucoup de chercheurs qui n'ont [ainsi] pas accès aux données du gouvernement fédéral.

Michel Prévost, président de la Société de l'histoire de l'Outaouais

M. Prévost explique que cette situation fait en sorte que des pans importants du patrimoine canadien restent inconnus de la population et des chercheurs.

Il croit que les problèmes à Bibliothèque et Archives Canada relevés par le vérificateur général découlent des compressions dans le personnel et le budget de l'établissement au cours des dernières années.

Avec les informations de Michel-Denis Potvin et de Marie-Lou St-Onge

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