•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Magnotta ne racontera pas sa version des faits au jury

Luka Rocco Magnotta

Luka Rocco Magnotta

Photo : La Presse canadienne / Mike McLaughlin

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Luka Rocco Magnotta ne témoignera finalement pas à son procès pour le meurtre prémédité de Lin Jun. Son avocat, Luc Leclair, a annoncé mardi matin que sa preuve était close, sans que l'Ontarien ait été invité à donner lui-même sa version des faits.

Un texte de François MessierTwitterCourriel

Me Leclair a plutôt conclu sa preuve en faisant brièvement entendre l'enquêteur principal au dossier, Michel Bourque. Ce douzième et dernier témoin de la défense est venu confirmer que l'accusé a souvent changé de numéro de téléphone entre décembre 2011 et mai 2012. Son compte était enregistré au nom de Chris Lemieux. 

Le procureur de la Couronne, Louis Bouthillier, a maintenant entrepris de présenter sa contre-preuve, soit de nouveaux témoignages visant à réfuter ceux présentés par la défense.

Il a appelé à la barre le Dr Joel Paris, un psychiatre de l'Hôpital général juif de Montréal que Luka Rocco Magnotta a consulté le 17 avril 2012, soit un peu plus d'un mois avant le meurtre de l'étudiant chinois. Comme d'autres psychiatres, il a dit que l'accusé avait été un des cas les plus difficiles et compliqués de sa carrière.

Le Dr Paris a indiqué au jury avoir posé un diagnostic « provisoire » de trouble de la personnalité limite pour M. Magnotta, qui lui avait été référé par une omnipraticienne, la Dre Marie-Nicole Jean Destin.

Il a cependant admis que la rencontre qu'une résidente et lui avaient eue avec l'accusé n'avait duré qu'une heure. Qui plus est, le Dr Paris n'était pas présent au début de l'entrevue.

Il avait déjà été établi par d'autres témoignages que Luka Rocco Magnotta a dit au Dr Paris qu'il avait déjà eu un diagnostic de schizophrénie paranoïde, et qu'il avait déjà entendu des bruits dans sa tête, lorsqu'il résidait en Ontario.

Il a cependant dit au psychiatre que cela était dû à sa consommation de cocaïne et de marijuana, et que son diagnostic avait été changé. Il avait plutôt été considéré comme souffrant d'un trouble affectif bipolaire. 

La Dre Marie-Frédérique Allard, appelée à la barre par la défense, a déjà expliqué que l'accusé lui a raconté avoir menti parce qu'il craignait qu'on ne l'hospitalise, ce qui l'aurait empêché de partir en France, comme il l'avait prévu.

En contre-interrogatoire, Me Leclair a suggéré au témoin qu'il avait un penchant naturel pour les diagnostics de trouble de la personnalité limite, puisqu'il s'agit là de sa spécialité. Il a avancé que le psychiatre avait écarté le diagnostic de schizophrénie d'emblée.

Le témoin s'est défendu d'avoir agi de la sorte. Il a cependant admis sans difficulté qu'il n'avait eu accès à aucun dossier médical de l'accusé, et qu'il aurait fallu que ce dernier continue de le consulter pour qu'il puisse poser un diagnostic plus certain, ce qui ne s'est pas produit.

Le contre-interrogatoire du Dr Paris est maintenant terminé.

Luka Rocco Magnotta est accusé du meurtre au premier degré de Lin Jun, d'outrage à son cadavre, de production de matériel obscène, d'utilisation de la poste pour le diffuser et de harcèlement envers le premier ministre Stephen Harper et d'autres membres du Parlement.

Il a reconnu les faits dès le début du procès, mais il a plaidé non coupable. Son avocat soutient qu'il souffre de schizophrénie paranoïde et qu'il doit donc être déclaré non criminellement responsable de ses gestes. Deux psychiatres qu'il a appelés à la barre ont défendu cette thèse.

Magnotta face à la justice

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.