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Le rapport Robillard sur la révision des programmes suscite de la colère

Le rapport de Lucienne Robillard

Le rapport de Lucienne Robillard

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le rapport Robillard sur la révision des programmes gouvernementaux est critiqué de toute part. Des villes et les agriculteurs, appuyés par les grands syndicats, montent au créneau.

Pour l'Union des municipalitésdu Québec (UMQ), il s'agit d'un rapport « simpliste » qui manque de rigueur.

« Je suis totalement déçue, catastrophée. Je considère que le rapport qu'on a vu ce matin est simpliste. C'est une solution extrêmement facile : on pellette dans la cour des municipalités. C'est un manque de rigueur. J'espère que le premier ministre ne va pas tenir compte de ces recommandations », affirme Suzanne Roy, présidente de l'UMQ.

Le rapport a aussi fait bondir des élus locaux, dont Caroline Saint-Hilaire, mairesse de Longueuil, qui dit en avoir assez de se faire dire comment gérer ses budgets « par un gouvernement qui cumule les déficits en termes de milliards ».

« La façon de régler le déficit provincial, c'est de le jeter dans la cour du municipal. Puis qui va avoir l'odieux de taxer? Ça va être la municipalité parce que après nous autres, il n'y a pas d'autre gouvernement », s'insurge Francis Saint-Pierre, préfet de la MRC de Rimouski-Neigette.

Pour sa part, le maire de Montréal, Denis Coderre, veut prendre le temps d'analyser le rapport avant de réagir, même s'il estime que la métropole a déjà fait ses efforts.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, doit réagir lundi.

Dans le champ, selon l'UPA

L'Union des producteurs agricoles dénonce la recommandation touchant le Programme d'assurance stabilisation des revenus agricoles. La commission propose que les assurés assument la totalité de la prime de risque.

L'UPA estime que la complexité du secteur agricole a échappé à son analyse. « Dans l'assurance automobile par exemple, le risque est réparti sur tellement d'utilisateurs, que le privé peut offrir un produit intéressant. Mais en agriculture, les risques sont trop élevés. Les primes seraient tellement dispendieuses que personne ne pourrait s'assurer », tranche le président de l'UPA Marcel Groleau.

Résultat : des fermes pourraient fermer leurs portes, selon le président de l'UPA au Bas-Saint-Laurent, Gilbert Marquis.

Ça va être encore des fermes qui vont disparaître. Je trouve ça aberrant.

Gilbert Marquis

Les syndicats emboîtent le pas

« Québec doit se ressaisir et rejeter les recommandations de la commission », a estimé pour sa part la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), alors que la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) n'y voit « qu'un rapport pour un gouvernement qui n'aime pas l'État ».

Pour la FTQ, la commission « n'a regardé que d'un côté de la lorgnette, celui des coupes à tout prix sans en évaluer les conséquences sur les services publics et les programmes sociaux », dit le président du syndicat, Daniel Boyer.

Le Québec n'est pas une compagnie à numéro. Le gouvernement libéral doit établir un dialogue social avec la société civile.

Daniel Boyer

« Ce n'est pas en coupant dans les programmes et en haussant les tarifs comme ce qui a été annoncé dans le réseau des garderies que l'on crée de la richesse », a-t-il ajouté.

Pour M. Boyer, les « idéologues libéraux » sont obsédés par la colonne des dépenses, mais refusent de regarder celle des revenus.

Rappelant que l'austérité est un mauvais choix, le président de la FTQ a affirmé que l’actuel gouvernement « se dirige tout droit sur un mur » entraînant la société québécoise vers la pauvreté, l'effritement social et l'exclusion.

Le rapport Robillard ne trouve pas grâce aux yeux de Régine Laurent, présidente de FIQ. C'est un « rapport pour un gouvernement qui n'aime pas l'État et qui ne veut que démanteler les services publics », pense-t-elle.

La FIQ critique également le gouvernement libéral qu'elle accuse de vouloir appauvrir « les familles, les personnes âgées, les malades, les femmes, la classe moyenne et les plus démunis ».

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