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Exclusif

Financement politique : l'UPAC s'intéresse à Jean Charest

Jean Charest en 2012, alors premier ministre du Québec

Jean Charest en 2012, alors premier ministre du Québec

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Radio-Canada a appris que des enquêteurs de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) tentent de déterminer si l'ex-premier ministre Jean Charest a participé à une opération de financement sectoriel avant d'être porté au pouvoir en 2003.

D'après un reportage d'Alain GravelTwitterCourriel

Ses démarches auraient été faites auprès du président du conseil d'administration de SNC-Lavalin de l'époque, Guy Saint-Pierre, dans le but de recueillir une somme de 50 000 $ des employés de la firme.

M. Saint-Pierre fait partie de la famille libérale. Il a été ministre dans le gouvernement de Robert Bourassa.

L'enquête de l'UPAC où il est question de Jean Charest se nomme Mâchurer. Dans un document de perquisition lié à cette enquête, on retrouve les noms de plusieurs élus libéraux, d'hommes d'affaires associés au Parti libéral du Québec (PLQ) et d'employés du parti.

Dans cette enquête, pour une première fois, on associe directement Jean Charest à une opération de financement auprès d'un dirigeant de SNC-Lavalin.

Un ancien chef de cabinet de Jean Charest, alors qu'il était dans l'opposition, affirme avoir eu une discussion à ce sujet avec son patron et Marc Bibeau, ex-grand argentier du PLQ.

Ronald Poupart affirme que Marc Bibeau lui a dit qu'il allait rencontrer Guy Saint-Pierre avec Jean Charest pour le convaincre d'obtenir 50 000 $ des employés de SNC-Lavalin. Cela se passait en 2002 dans les bureaux de Jean Charest à la Place Ville-Marie, au centre-ville de Montréal.

M. Bibeau voulait obtenir des chèques de 3000 $ d'employés de SNC-Lavalin pour se conformer à la loi, insiste M. Poupart.

Mais dans des documents de perquisitions visant le PLQ rendu public il y a 10 jours, d'anciens dirigeants de SNC-Lavalin ont affirmé qu'entre 1996 et 2008, « il y avait un système de remboursement pour les dons politiques des employés ». Ce recours à des prête-noms est illégal.

On ne sait cependant pas si MM. Charest et Bibeau ont obtenu l'argent qu'ils sollicitaient. Et si oui, s'ils étaient au courant du système de remboursement.

Jean Charest a réagi à la nouvelle vendredi soir par voie de communiqué. « Je n'ai participé à aucune forme illégale d'activité de financement politique, écrit-il. Le reportage de M. Gravel reconstruit de manière tendancieuse des évènements qui ont eu lieu il y a de cela 12 ans ». Marc Bibeau, lui, n'a pas commenté nos informations.

SNC-Lavalin nie avoir participé à cette opération, affirmant que c'est impensable.

Dans des documents déposés à la commission Charbonneau, il a été établi que des employés de SNC-Lavalin ont donné 43 000 $ au PLQ en 2002 et 50 000 $ en 2003.

L'enquête Mâchurer s'ajoute à deux autres enquêtes visant le Parti libéral du Québec, soit Joug et Lierre.

Selon nos sources, des enquêteurs de l'UPAC ont noté que depuis le retour au pouvoir des libéraux, toutes les démarches et actions menées dans le cadre de ces enquêtes sont devenues extrêmement sensibles.

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