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Le PDG du Réseau de santé Vitalité est congédié

Mathieu Bélanger s'est établi à Weyburn dans l'espoir de décrocher une bourse d'études aux États-Unis.

Radio-Canada

Le ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick, Victor Boudreau, a annoncé que le président-directeur général du Réseau de santé Vitalité, Rino Volpé, est remplacé sur une base intérimaire par Jean Castonguay.

En entrevue à Radio-Canada, Rino Volpé affirme avoir été remercié pour ses services par le ministre Boudreau, vendredi en matinée. Il dit « respecter cette décision », en raison des clauses de son contrat qui stipulent que le ministre peut effectivement mettre un terme au contrat du directeur général. 

« Je ne veux pas nier le pouvoir du ministre de (me congédier). Mais vraiment, ça sonne que c'est très, très politique comme décision. Vraiment, je ne sais pas d'où ça vient », a déclaré M. Volpé. 

Rino Volpé, président-directeur général du Réseau de santé VitalitéAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Rino Volpé, président-directeur général du Réseau de santé Vitalité

Ce dernier affirme que le ministre Boudreau n'a pas encore rencontré les dirigeants du Réseau de santé Vitalité depuis qu'il a été assermenté, le 7 octobre dernier. Il soutient que le ministre a rencontré « les dirigeants de Horizon et de Facilicorp », mais pas de Vitalité. Une réunion devrait cependant avoir lieu la semaine prochaine. 

Au ministère de la Santé, on refuse de commenter le départ de ce dernier, stipulant que cette information est « confidentielle ».

« Rino Volpé n'est plus le directeur-général du Réseau de santé Vitalité. Tout détail concernant l'emploi de M. Volpé au sein du Réseau de santé Vitalité est considéré comme étant de l'information personnelle confidentielle et n'est donc pas sujet à discussion », a déclaré le porte-parole du ministère de la Santé, Bruce MacFarlane.

Vous avez violé les modalités de votre contrat d'emploi.

Extrait de la lettre de renvoi signé par le ministre Victor Boudreau. 

Or, Radio-Canada a obtenu la lettre de renvoi signé par le ministre de la Santé (Nouvelle fenêtre) et c'est en raison d'un refus « de collaborer avec les intervenants régionaux pour améliorer les résultats sur la santé des citoyens de la région » qu'il a été démis de ses fonctions. 

Extrait de la lettre signé par le ministre de la Santé Victor Boudreau :

« Tout récemment, le réseau de santé Vitalité a refusé de collaborer avec les agents de négociation des travailleurs de la santé en ce qui trait au niveau de préparation du réseau Vitalité pour traiter les patients qui pourraient être infectés de la maladie à virus Ebola. Cet enjeu s'avère une préoccupation importante pour les travailleurs des soins de santé qui auraient à acomplir leurs tâches advenant une épidémie de cette maladie au Nouveau-Brunswick. 

Dans l'ensemble, pendant la dernière année, je crois comprendre que vous avez négligé ou refusé de travailler avec les divers paliers de gouvernement, les ministères de la Santé et du Développement social ainsi que les associations et les groupes professionnels. »

Un PDG qui dérange

Selon nos informations, M. Volpé ne faisait pas l'unanimité tant au sein du Réseau de santé Vitalité qu'au ministère de la Santé. À Fredericton, il était connu pour « brasser la cage » en pressant les autorités gouvernementales à restructurer l'agence Facilicorp et le ministère de la Santé pour trouver des économies. 

Sous M. Volpé, Vitalité a adopté un régime minceur, réalisant des économies de plusieurs millions de dollars. 

Je suis déçu de la façon que les choses ont été faites.

Roger Doiron, membre du conseil d'administration du Réseau de santé Vitalité. 

Un membre du conseil d'administration de Vitalité confie être déçu que le ministre Boudreau ait agit de la sorte sans même avoir rencontré officiellement M. Volpé et le conseil depuis son assermentation à la Santé. 

« Je ne sais pas pourquoi on a remercié M. Volpé. Je suis déçu parce que nous sommes vraiment les premières personnes à travailler avec lui au niveau du conseil d'administration et il aurait été respectueux de rencontrer le ministre et d'offrir nos opinions et nos réflexions par rapport au travail de M. Volpé », affirme Roger Doiron, qui siège au sein du conseil d'administration du Réseau de santé Vitalité. 

Un poste politique?

Rino Volpé a été nommé à titre de président-directeur général du Réseau de santé Vitalité le 24 janvier 2013 par l'ex-ministre de la Santé, Hugh Flemming. M. Flemming avait également nommé John McGarry à titre de président-directeur général du Réseau de santé Horizon.

M. Volpé a occupé le poste de président du conseil d'administration de 2011 à 2013. C'est le gouvernement progressiste-conservateur de David Alward qui avait procédé à son embauche à ce poste. Il remplaçait ainsi l'ancienne vice-première ministre libérale Aldéa Landry. 

En janvier 2011, Aldéa Landry affirmait avoir été forcée de démissionner de son poste de présidente du conseil.  

La nomination de Jean Castonguay, un ancien sous-ministre provincial et ancien sous-ministre délégué au ministère de la Santé, entre en vigueur immédiatement. 

Victor BoudreauAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre de la santé du Nouveau-Brunswick, Victor Boudreau, quelques instants après son assermentation.

Photo : Antoine Trépanier

« Jean Castonguay a fait ses preuves en tant qu'ancien fonctionnaire de carrière et il apportera avec lui ses nombreuses années d'expérience au sein du système de soins de santé et du gouvernement », a déclaré M. Boudreau.

Le ministre Boudreau a précisé qu'une agence de recrutement de cadres a été embauché par le ministère de la Santé « pour trouver un directeur général permanent le plus rapidement possible ».

M. Castonguay a été directeur général par intérim du Réseau de santé Vitalité entre les mois d'août et décembre 2010, après avoir été nommé sous-ministre délégué au ministère de la Santé en juin 2008.

Santé