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4 questions pour comprendre l'escalade à Jérusalem

Des Palestiniens affrontent les forces de sécurité israéliennes dans les rues de Jérusalem-Est.

Des Palestiniens affrontent les forces de sécurité israéliennes dans les rues de Jérusalem-Est.

Photo : ABIR SULTAN

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Depuis quelques semaines, Jérusalem est le théâtre d'affrontements entre Palestiniens et Israéliens. Des voitures utilisées comme armes, des attaques au poignard en pleine rue, des meurtres dans une synagogue. Où s'arrêtera cette nouvelle escalade de violence? Décryptage avec l'analyste François Brousseau.

1. Quelles sont les causes de ces tensions?

La haine, vivace et profonde, couve toujours. Depuis la guerre à Gaza l'été dernier, qui a fait plus de 2200 morts, les émeutes sont récurrentes.

Ces dernières semaines, on est dans une spirale ascendante. Il y a des attaques de plus en plus rapprochées, parfois deux dans la même journée. Ce sont des attaques d'un nouveau genre aussi, un peu anarchiques, qui semblent être le fait d'individus n'agissant pas à l'intérieur d'une structure.

C'est ce qui horrifie et fait paniquer la population israélienne, ce nouveau mode d'attaque et de choix des cibles. La menace ne vient plus, comme avant, du haut des airs avec les roquettes Kassam en provenance de Gaza, ou encore des attentats planifiés par des commandos dans des places ou des centres commerciaux.

Aujourd'hui, la menace est diffuse. Elle peut venir de n'importe où.

Une citation de :François Brousseau, analyste

Pour voir la frise chronologique sur votre appareil mobile, cliquez ici.

2. La dimension religieuse

Avec Yasser Arafat, la cause palestinienne n'avait pas du tout cette dimension religieuse; c'était la lutte du peuple palestinien. Aujourd'hui, la donne a changé à cause de la présence du Hamas, qui sont des intégristes sur le plan religieux. La querelle autour de l'esplanade des Mosquées, c'est la cristallisation de ces tensions. D'abord, la guerre a eu lieu en Cisjordanie, puis à Gaza, et maintenant, elle se recentre sur Jérusalem, l'enjeu éternel.

Les ultraorthodoxes, menés par des radicaux comme Yehuda Glick, qui a récemment été victime d'une tentative d'assassinat, tentent vigoureusement de remettre en question le statu quo autour des lieux saints. Ils réclament le droit de prier sur l'esplanade des Mosquées (appelée mont du Temple par les Israéliens), ce qui leur est actuellement interdit. Ils peuvent y aller, mais s'ils veulent prier, ils doivent le faire face au mur des Lamentations, situé en contrebas. Des juifs extrémistes tentent quand même de prier, ce qui est vu comme une provocation par les Palestiniens.

L'esplanade des Mosquées abrite le dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa. Troisième lieu saint de l'islam après La Mecque et Médine, en Arabie saoudite, il est administré par une fondation religieuse jordanienne. Ancien site des deux Temples juifs, c'est aussi le principal lieu saint du judaïsme. Le mur des Lamentations, où les juifs peuvent prier, se trouve en contrebas.

Des fidèles palestiniens prennent part à la prière du vendredi devant le dôme du Rocher à la mosquée al-Aqsa, à Jérusalem, le 14 novembre 2014.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des fidèles palestiniens prennent part à la prière du vendredi devant le dôme du Rocher à la mosquée al-Aqsa, à Jérusalem, le 14 novembre 2014.

Photo : Getty Images / AHMAD GHARABLI/AFP

3. Une nouvelle Intifada?

On n'y est pas encore, ce n'est pas encore un soulèvement généralisé. Mais tout semble en place pour une troisième Intifada. Il y a un certain désespoir face au blocage des négociations de paix. La dernière tentative, menée par John Kerry, a abouti à un échec au printemps dernier. Depuis, les violences se sont multipliées.

Tout le modèle du processus de paix israélo-palestinien censé aboutir à deux États est évacué. Il n'y a plus de perspectives politiques pour sortir de l'impasse.

Cela provoque une remontée des extrêmes. Ceux qui tiennent le haut du pavé sont les faucons au sein du gouvernement Nétanyahou :

  • le ministre de l'Économie, Naftali Bennett, chef de file du Foyer juif, un mouvement nationaliste religieux proche des colons;
  • Avigdor Lieberman, chef du parti ultranationaliste Israël Beitenou, qui ne croit pas à la possibilité d'un accord avec les Palestiniens et rejette le président Mahmoud Abbas comme partenaire dans les négociations.

Dans ces conditions, il sera difficile d'en arriver à un compromis.

4. À quoi s'attendre?

Certains militent pour la mise en place d'un État décentralisé où Israéliens et Palestiniens vivraient ensemble. Mais les Israéliens, qui craignent de se retrouver en position de minorité, ne veulent pas en entendre parler. Déjà, si on additionne les populations d'Israël, de la Cisjordanie et de Gaza, c'est presque 50/50 entre juifs et Arabes.

L'autre option est cette tactique un peu désespérée de Mahmoud Abbas d'obtenir une reconnaissance internationale. Il a réussi à obtenir la reconnaissance de la Suède, et d'autres parlements européens débattent de la question.

Mais M. Abbas projette l'image d'un vieux dépassé par les événements, qui essaie de se faire une place et de trouver une issue. Il dénonce les attaques palestiniennes contre des civils israéliens, mais, ce faisant, il suscite l'ironie ou le mépris de sa population qui, elle, applaudit souvent à ces attaques.

Israël-Palestiniens, les racines d'un conflit. Consultez notre dossier.

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