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Des jeunes jugent le code vestimentaire scolaire sexiste envers les filles

Une classe de l'École Mathieu-Martin

Une classe de l'École Mathieu-Martin

Photo : Michel Nogue/Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick (FJFNB) propose une solution au débat sur le code vestimentaire dans les écoles, qui est particulièrement animé à Fredericton.

Un groupe de filles de trois écoles secondaires de la région de Fredericton, dont l'École Sainte-Anne, s'oppose aux codes vestimentaires en vigueur dans ces établissements. Des jeunes de l'école Fredericton High, notamment, qui ont récemment produit une vidéo à ce sujet, affirment que le code vestimentaire appuie la culture du viol en jetant un blâme sur les victimes féminines parce qu'elles attirent l'agression masculine.

Plusieurs d'entre elles affirment avoir été renvoyées chez elles ou obligées de se présenter au bureau de la direction de l'école parce que, par exemple, une bretelle de leur soutien-gorge était visible ou parce que leur chandail était jugé trop révélateur.

Une question délicate qui mérite un débat

La spécialiste en éducation à la citoyenneté et aux droits humains et professeur émérite de l'Université de Moncton, Catalina Ferrer, croit qu'il doit y avoir des règles dans les établissements scolaires, mais que les jeunes devraient être impliqués dans le processus de création de ces règlements.

Ce n'est pas aux jeunes de décider, mais ils doivent prendre la parole pour discuter des règlements qui leur sont imposés. Il faudrait qu'il y ait des forums de discussion pour leur donner la parole avec des parents, des professeurs et les jeunes eux-mêmes.

Une citation de :Catalina Ferrer, spécialiste en éducation à la citoyenneté et aux droits humains.

Catalina Ferrer croit que le fait que le débat soit avancé et mis de l'avant par les jeunes eux-mêmes est une bonne chose, mais que tout de même, les jeunes garçons et filles doivent comprendre la culture d'hypersexualisation à laquelle ils sont exposés afin de prendre les bonnes décisions.

L’élève Joanie Kennah et le directeur de l’école ESN Paul Thibodeau parlent de leur code vestimentaire.

Je pense que ce serait bien que toutes les écoles aient un même code vestimentaire pour pas qu'il y ait des élèves qui disent pourquoi nous autres on n'a pas le droit de faire ça, et que ce soit pas juste. 

Une citation de :Joanie Kennah, élève de l'école ESN à Bathurst

Le directeur de l'école ESN de Bathurst, Paul Thibodeau, croit que le code vestimentaire de son école concerne autant les garçons que les filles et que la situation se déroulent sensiblement bien.

« Pour nous autres quand on en parle aux autres élèves, on explique que l'école, c'est une transition avec le marché du travail, et on leur explique que sur le marché du travail, il y a une façon de s'habiller, » dit-il. 

Un débat soulevé lors de la dernière réunion annuelle de la FJFNB.

« Chaque année, lorsque les enseignants nous parlent du code vestimentaire, souvent, il arrive qu'ils s'adressent seulement et spécifiquement aux filles. Des règlements sur nos chandails, la longueur de nos shorts, sur ce qui est approprié et pas approprié, mais rien n'est adressé aux gars. On voit des gars qui portent des vêtements qui, si c'était une fille qui les portait, seraient jugés inappropriés », déplore Anna Hébert, secrétaire-trésorière de la FJFNB.

La Fédération demande un traitement égal pour les deux sexes. « C'est plutôt au niveau que les gars soient tenus au même niveau que les filles », indique Mme Hébert.

Marc-André LeBlanc, président de la FJFNB, préconise pour sa part un code vestimentaire moins restrictif. « Il y a quand même possibilité d'avoir un code vestimentaire qui serait établi justement par les différents intervenants dans les écoles, incluant les élèves. Vraiment ouvrir une discussion à ce niveau-là pour avoir un code qui va respecter tout le monde », explique-t-il.

Anna Hébert reconnaît que l'absence de code vestimentaire pourrait mener à des abus. Elle ajoute qu'il est important d'éduquer les jeunes pour prévenir de telles situations.

Un problème qui ne concerne pas autant les écoles francophones?

Pour sa part, le coordonnateur des relations stratégiques du District scolaire francophone Sud, Steve Lapierre, croit que la question du code vestimentaire qui fait écho dans la communauté de Fredericton en ce moment concerne « surtout le code vestimentaire des écoles de langue anglaise, qui est moins détaillé que celui de l'école Sainte-Anne, et qui laisse davantage à la discrétion des enseignants de juger ce qui est approprié ou non. »

Janique LeBlanc recueille les explications de Michel Dorais, psychologue de la sexualité

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