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Le projet Keystone XL échoue par une voix au Sénat américain

À Washington, les tractations politiques se poursuivent en vue de faire approuver la construction de l'oléoduc Keystone XL.

Photo : Sarah A. Miller/AP

Radio-Canada

Le projet d'oléoduc Keystone XL entre le Canada et les États-Unis a été bloqué au Sénat américain, mardi soir, à Washington. Alors que la Chambre des représentants avait adopté le projet vendredi dernier, le pipeline n'a pas obtenu les 60 appuis nécessaires des sénateurs, échouant par une seule voix.

Il s'agit bien sûr d'une déception pour le gouvernement de Stephen Harper, qui tente d'obtenir l'aval des États-Unis pour la construction de l'oléoduc de TransCanada depuis des années. 

Par la voix de son porte-parole, le ministre canadien des Ressources naturelles, Greg Rickford, s'est dit « déçu », et a fait valoir une fois de plus les avantages que pourraient en tirer les deux pays.

« Le projet va créer de l'emploi, de la prospérité économique à long terme, renforcer la sécurité énergétique et protéger l'environnement des deux côtés de la frontière », écrit Chris McCluskey dans une déclaration envoyée à Radio-Canada.

Il affirme aussi que le pétrole canadien est une source d'approvisionnement plus fiable que celui du Venezuela et que l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre sera plus grande si le projet tombe à l'eau que s'il se réalise, citant des chiffres de l'administration Obama.

Le premier ministre de l'Alberta, Jim Prentice, qui souhaite exporter le pétrole des sables bitumineux de sa province vers les États-Unis grâce au pipeline, s'est également dit déçu, mais encouragé que le projet d'oléoduc ait gagné des appuis chez les élus américains. Il est convaincu que le nouveau Sénat facilitera les choses. Il ira justement en visite à Washington en janvier.

Par voie de communiqué, TransCanada s'est félicitée de ce qu'elle considère malgré tout comme un « soutien important et croissant pour Keystone XL » au Sénat. Son patron, Russ Girling, promet de « continuer à pousser » afin d'avoir gain de cause.

Le vice-président de l'Association canadienne des producteurs pétroliers, Greg Strigham, se dit lui aussi plein d'espoir en voyant que le vote n'a été perdu que par une voix dans un Sénat contrôlé par les démocrates.

Le nouveau Sénat à majorité républicaine prendra ses fonctions en janvier. L'industrie est convaincue que le projet de pipeline sera présenté de nouveau. 

Greenpeace y voit tout au contraire un vote qui « donne raison à la science » en repoussant un projet qui engendrerait quelque 24 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an.

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La réserve d'Obama

Ce vote évite pour l'instant à Barack Obama de devoir faire usage de son veto présidentiel pour barrer la route à l'oléoduc.

En visite à Brisbane, en Australie, le président américain avait rappelé son critère principal en prévision d'une éventuelle promulgation d'une loi sur Keystone XL : l'oléoduc « contribue-t-il aux gaz à effet de serre à l'origine du changement climatique? »

Barack Obama lors d'un discours en 2012 devant un entrepôts de tuyaux de TransCanada à Cushing, en OklhahomaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Barack Obama lors d'un discours en 2012 devant un entrepôts de tuyaux de TransCanada à Cushing, en Oklhahoma

Photo : LM Otero/File/Associated Press

Le projet de Keystone XL de l'entreprise TransCanada prévoit la construction d'un nouveau tronçon d'oléoduc de 1900 kilomètres afin d'acheminer les sables bitumineux albertains vers les raffineries américaines du golfe du Mexique. Ce tronçon doit relier l'Alberta au Nebraska, où l'oléoduc se connecterait au réseau existant.

Jusqu'au vote de ce soir, la conjoncture politique semblait finalement sourire à l'entreprise canadienne, qui attend depuis six ans en raison d'études d'impact environnemental et de procédures judiciaires. Les républicains soutiennent le projet d'oléoduc, sur la base de la création d'emplois et de la recherche de l'indépendance énergétique, alors que les démocrates s'y opposent. Ces derniers évoquent des risques de fuites et le caractère énergivore de l'extraction des sables bitumineux pour nourrir leur argumentaire.

Le président Obama estime que le projet de 5,3 milliards de dollars ne générerait pas une pléthore d'emplois aux États-Unis – à l'exception de sa phase de construction – et qu'il ne permettrait pas de diminuer le prix de l'essence à la pompe pour les Américains puisque le pétrole serait majoritairement exporté.

Non au projet Keystone XL - Entrevue avec Julien Tourreille

Lorsqu'une démocrate tente de conserver son siège

Il était attendu que le projet Keystone XL revienne sur la table, avec la victoire des républicains aux élections de mi-mandat. Cela a toutefois eu lieu plus tôt que prévu.

L'assermentation des nouveaux élus n'a lieu qu'en janvier, mais dès le premier jour du Congrès, la sénatrice démocrate de la Louisiane, Mary Landrieu, a réclamé un vote rapide sur la question.

Son choix s'explique en partie par le deuxième tour de l'élection de mi-mandat en Louisiane, qui aura lieu le 6 décembre. Mary Landrieu se bat pour conserver son siège.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et La Presse canadienne

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