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Philippe Couillard rencontre les leaders musulmans québécois

Philippe Couillard, au centre, des représentants de son gouvernement et de communautés autochtones

Philippe Couillard, au centre, des représentants de son gouvernement et de communautés autochtones

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Québec crée un groupe de travail réunissant ministres et leaders de communautés musulmanes pour contribuer à prévenir le phénomène de radicalisation, notamment chez les jeunes. L'initiative est saluée par de nombreux représentants musulmans. 

Des rencontres régulières seront instituées entre Québec des représentants musulmans. La première s'est déroulée en présence du premier ministre Philippe Couillard lundi.

L'imam Omar Koné de la mosquée Al-Imane, à Montréal, se réjouit de l'initiative, à laquelle il participe. Il souligne que la communauté musulmane est stigmatisée alors qu'elle doit faire partie de la solution pour contrer le radicalisme.

La fondatrice de l'organisme Communication pour l'ouverture et le rapprochement interculturel (COR), Samira Laouni, a aussi participé à cette première rencontre.

« C'est la première fois qu'il y a un réel échange, de l'écoute. On ne nous impose pas un agenda d'actions. On est là pour collaborer. »

— Une citation de  Samira Laouni

De son côté, M. Couillard a souligné la coopération et le volontarisme des communautés musulmanes à oeuvrer pour endiguer la radicalisation. 

Le groupe de travail réunissant des représentants musulmans ainsi que les ministres de la Sécurité publique, Lise Thériault, et de l'Immigration et des Communautés culturelles, Kathleen Weil, doit élaborer un plan d'action d'ici le printemps prochain. Son mandat est de trouver des pistes pour combattre le radicalisme religieux en intervenant directement dans les milieux sociaux, notamment auprès des jeunes, en les dirigeant vers « les bons réseaux ».

« On doit également travailler sur notre société de façon à ce qu'on mette en place un environnement qui éloigne les jeunes particulièrement de ce genre de réaction ou de ce genre de projets qu'on peut dire maléfiques. »

— Une citation de  Philippe Couillard, premier ministre du Québec

L'animateur de radio Lamine Foura au sein de la communauté maghrébine de Montréal explique qu'il faut notamment « renforcer le lien entre les institutions non gouvernementales de la communauté et les institutions gouvernementales de façon à ce que les services disponibles soient utilisés pour permettre à nos jeunes de se sentir Québécois, pour renforcer le lien d'appartenance avec le Québec ».

Éviter les deux extrémismes

Soulignant que ce problème concerne tous les Québécois, Philippe Couillard a également dit apprécier que la communauté musulmane québécoise reconnaisse qu'elle a aussi des efforts à faire dans ses rangs sur « des concepts tournant autour de l'islam, des messages mal donnés ou mal transmis qui dévient la religion de son objectif premier qui est de favoriser les rapprochements et la fraternité entre les peuples ».

Le premier ministre a du même souffle mis en garde les Québec contre les méfaits de l'islamophobie qui est une autre forme de radicalisme qui nourrit à son tour le phénomène de radicalisation religieuse.

« Ne pas nous laisser piéger par deux extrémismes qui se nourrissent l'un et l'autre. D'un côté l'extrémisme religieux qui déforme la religion vers la violence aveugle, la radicalisation. De l'autre côté, celui de l'islamophobie et de l'intolérance. Chacun a besoin de l'autre pour exister. »

— Une citation de  Philippe Couillard, premier ministre du Québec

Des promesses

Philippe Couillard avait déclaré, après les attentats d'Ottawa et de Saint-Jean-sur-Richelieu, que son gouvernement souhaitait rencontrer les représentants des communautés musulmanes du Québec dans le but d'ouvrir un dialogue sur les façons d'intervenir efficacement pour cerner les comportements à risque et éviter l'escalade de la violence en instaurant notamment des mécanismes d'intervention sociaux auprès des gens et de leur famille.

Le premier ministre avait aussi promis, avant son élection, une loi pour combattre la radicalisation religieuse, ce que son gouvernement n'a pas fait encore.

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