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Fusillade à Moncton : l'interdit de publication des preuves pourrait être lev­é

Justin Bourque lors de son interrogatoire le 6 juin

Justin Bourque lors de son interrogatoire le 6 juin

Photo : Rachel Cave/CBC

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un débat a lieu à Moncton au Nouveau-Brunswick, lundi, pour déterminer si les preuves présentées au procès de Justin Bourque devraient être rendues publiques.

Des médias réclament l'accès aux pièces à conviction, dont une vidéo qui montre l'homme de 24 ans en train d'admettre ses crimes lors d'un interrogatoire avec des policiers.

Les avocats de Justin Bourque et de la Couronne s'opposent à rendre publiques les preuves.

David Lutz, l'avocat de Justin Bourque, dit que si médias ont accès à la vidéo de l'interrogatoire, ils en perdront le contrôle et elle deviendra une sensation sur Internet.

Ça m'inquiète énormément.

Une citation de :David Lutz, avocat de Justin Bourque

La Couronne croit que la publication de la vidéo et de détails supplémentaires n'apportera rien de plus pour aider public à comprendre ce qui s'est passé.

L'avocat David Coles, qui représente les médias, estime pour sa part que le public a le droit de voir les preuves sur lesquelles s'est penché le juge pour prendre sa décision.

Par ailleurs, bien que le procès ait été public, ce n'est pas tout le monde qui a pu se présenter en cour pour consulter ces preuves, qui sont d'intérêt public pour tous les Canadiens, selon David Cole.

Nous avons ici un cas où une embuscade et une fusillade contre des policiers de la GRC ont été préméditées. C'est d'intérêt public à Winnipeg, comme ce l'est à Moncton.

Une citation de :David Cole, avocat qui représente les médias

Des enregistrements d'appels au 911, les fréquences radio des cinq policiers blessés par balle et l'enregistrement vidéo de l'interrogatoire de Bourque ont été déposés en preuve lors de ses audiences de détermination de peine.

Au cours de cette entrevue avec la police, qui a duré environ trois heures, l'accusé reconnaît avoir utilisé une carabine semi-automatique obtenue légalement pour tirer sur des agents de police dans le nord de la ville de Moncton.

Il avait ensuite divagué de longues minutes sur son éducation catholique, les changements climatiques, et sur sa colère envers les policiers, qu'il décrit comme les « soldats de l'État ».

La communauté réticente 

Dans le quartier de Moncton où la fusillade et la chasse à l'homme ont eu lieu en juin dernier, les résidents sont réticents à parler de ces événements traumatisants.

Angela Gevaudan, Rachael Ross et Nadine Larche à la sortie du palais de justice, vendrediAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Angela Gevaudan, Rachael Ross et Nadine Larche à la sortie du palais de justice, vendredi

Photo : Michel Picard

Plusieurs pensent que la divulgation de la preuve, notamment la vidéo de l'interrogatoire du tireur, n'apporterait rien de plus à la communauté.

Certains croient aussi que les familles endeuillées devraient avoir leur mot à dire.

« C'est déjà une chose de passé, je ne pense pas que ça changerait grand chose. Les familles savent déjà ce qui s'est passé, elles ne veulent pas entendre parler de cela. Je pense qu'en général, ça ne donne rien » affirme Camille Roy, qui habite dans le quartier du nord de Moncton depuis plus de 30 ans.

Justin Bourque a écopé le mois dernier d'une peine de prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 75 ans.

Il avait plaidé coupable aux trois chefs d'accusation de meurtre prémédité et aux deux chefs de tentative de meurtre qui pesaient contre lui.

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