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Une déclaration controversée de l'avocat de la FTQ-Construction a des échos à Québec

Me Robert Laurin, avocat de la FTQ-Construction

Me Robert Laurin, avocat de la FTQ-Construction

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'avocat de la FTQ-Construction a affirmé mardi, lors de sa plaidoirie finale devant la commission Charbonneau, qu'il n'y avait pas de problème à traiter avec un employeur faisant partie du crime organisé s'il s'agit simplement de discuter de l'application des conditions de travail. Une motion demandant au syndicat de se dissocier des propos de son avocat a par la suite été adoptée à l'Assemblée nationale.

Les pratiques du syndicat quant aux employeurs liés au crime organisé ont donné lieu à de vifs échanges entre l'avocat de la FTQ-Construction, Me Robert Laurin, et la juge France Charbonneau.

« Dans la mesure où un employeur est, supposons, un membre du crime organisé - il reste à déterminer jusqu'à quel point on le sait ou on ne le sait pas. Dans la mesure où on discute avec lui de l'application des conditions de travail », a avancé Me Laurin, avant d'être interrompu par la juge France Charbonneau.

« Prenons pour acquis que vous le savez », lui a-t-elle lancé, amenant Me Laurin à se justifier ainsi : « Même si on le sait, c'est une entreprise. Il a un contrat à tel endroit. Il y a des conditions de travail; il y a une convention à appliquer. On ne pourra pas dire : ''lui on ne lui parle pas parce qu'il est du crime organisé'' ».

Quand on fait affaire avec ces gens-là, on le fait uniquement sur la question des relations de travail (...). Et s'il y a erreur - et erreur il y a eu - c'est de développer des liens personnels avec ces gens-là.

Une citation de :Me Robert Laurin

Échange entre Me Laurin et la juge Charbonneau

Pas de crime organisé à la FTQ-Construction

Lors de sa plaidoirie, Me Robert Laurin a par ailleurs nié toute infiltration du crime organisé dans la FTQ-Construciton.

Le crime organisé n'a pas infiltré la FTQ-Construction, ne contrôle pas la FTQ-Construction.

Une citation de :Me Robert Laurin

Me Laurin a dû admettre que certains représentants de la FTQ-Construction ont eu des liens avec des proches du crime organisé, selon la preuve entendue à la commission Charbonneau.

Mais selon lui, si des entrepreneurs ont des liens avec des proches ou des membres du crime organisé, il devient difficile pour des représentants syndicaux d'éviter d'avoir des contacts avec ces entrepreneurs si leurs employés sont syndiqués à la FTQ-Construction.

Plus de « bâtons de baseball »

D'autre part, Me Laurin a soutenu que la FTQ-Construction était victime d'une mauvaise réputation basée sur des incidents passés et qu'elle était l'organisation syndicale « à abattre » pour plusieurs parce qu'elle était la plus puissante, avec ses 77 000 membres.

« Le milieu de la construction, à une certaine époque, était caractérisé -- et ça avait fait les manchettes -- par des règlements de comptes sur la base de violence physique, à coups de bâtons de baseball. C'est une réalité effectivement que le Québec a connue », a-t-il dit.

Il a par ailleurs convenu que le milieu de la construction n'était « pas un club de tricoteuses », que c'était un milieu « viril », dur, depuis des années. Mais aujourd'hui, « les bâtons de baseball, ça n'existe plus », a assuré Me Laurin.

Me Laurin a en outre tenté de convaincre la commission d'enquête de résister à la tentation de sévir trop durement à l'endroit de la FTQ-Construction dans son rapport. Il a aussi indirectement visé le gouvernement avec d'éventuels projets de loi qui pourraient être adoptés pour « serrer la vis » et qui seraient trop sévères envers la FTQ-Construction.

France Charbonneau doit faire son discours de clôture vendredi. La prochaine et dernière étape sera le dépôt de son rapport en avril.

Motion à l'Assemblée nationale

Les propos de l'avocat de la FTQ-Construction ont rapidement trouvé écho à Québec. Une motion conjointe de la CAQ et du Parti libéral a été adoptée en après-midi à l'Assemblée nationale.

La motion dit ceci : « Que l'Assemblée nationale rappelle qu'il est totalement inacceptable pour toute organisation de faire affaire avec le crime organisé; qu'elle demande à la FTQ-Construction de se dissocier des propos tenus par son avocat à la commission Charbonneau ».

Le Fonds de solidarité de la FTQ se dit à l'abri des investissements louches

Mercredi, à la commission Charbonneau, le procureur du Fonds de solidarité de la FTQ a de son côté cherché à convaincre la commission qu'il s'était déjà doté de nombreuses mesures pour éviter que des entrepreneurs louches obtiennent de lui un investissement.

Il a notamment insisté sur le fait qu'une majorité d'intervenants de l'externe, maintenant, scrutaient les demandes d'investissement déposées au Fonds de solidarité. Il a aussi rappelé que dans le cas de deux dossiers problématiques plus longuement étudiés par la commission d'enquête, à savoir les entreprises Carboneutre et LM Sauvé, le Fonds de solidarité n'avait justement jamais investi.

Il a invité la commission d'enquête à recommander que les corps policiers partagent avec les institutions financières comme le Fonds les informations dont ils disposent concernant certains entrepreneurs qui ont des liens avec le crime organisé.

Les prochaines plaidoiries seront entendues jeudi et vendredi, puis la juge Charbonneau fera une allocution de 15 à 20 minutes à la fin des travaux. Le rapport final de la commission d'enquête est attendu le 19 avril prochain.

Avec les informations de La Presse canadienne

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