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Comment New York est devenue un havre pour piétons et cyclistes

Radio-Canada

En prenant la sécurité routière en mains, l'administration de l'ancien maire Michael Bloomberg a réussi à réduire le nombre de morts et de blessés, tout en changeant le visage de la ville.

En prenant la sécurité routière en mains, l'administration de l'ancien maire Michael Bloomberg a réussi à réduire le nombre de morts et de blessés, tout en changeant le visage de la ville.

Un reportage d’Étienne Leblanc, à l’émission Le 15-18TwitterCourriel

À chaque fois qu'elle traverse la 28e rue au coin de la 9e avenue dans le quartier Chelsea, Christine Berthet se rappelle le sentiment de crainte qui l'envahissait il y a deux ans à peine.

J'avais peur de me faire faucher par un taxi trop pressé ou par un poids lourd qui ne m'aurait pas vu.

Christine Berthet

Cette ancienne femme d'affaires, qui vit à New York depuis plus de 30 ans, siège aujourd'hui au conseil d'administration de l'organisme new-yorkais Transportation Alternative. Aujourd'hui, son regard sur la ville n'est plus le même : « la situation s'est grandement améliorée ».

Cibler les intersections

Ocean Avenue et Parkside Avenue

En 2011, l'intersection 9e avenue / 28e rue a été refaite, tout comme 112 autres intersections à New York depuis 2007.

La Ville a rétréci la largeur des voies de la 9e avenue, construit un îlot pour permettre aux piétons en mouvement de s'y arrêter et changé la priorité des feux de circulation.

Elle a aussi adopté d'autres mesures, notamment :

  • Une voiture qui veut tourner à gauche doit désormais se placer dans la voie à gauche de l'îlot.
  • Le véhicule est confiné dans un espace assez restreint, ce qui l'oblige à s'approcher plus lentement.
  • Pour tourner à gauche, il doit attendre la flèche verte, qui n'apparaît que lorsque le feu pour les piétons et les vélos passe au rouge. Ainsi, les adeptes du transport actif ne traversent plus jamais en même temps que les voitures.

Des mesures somme toute assez simples, mais qui ont radicalement changé la donne.

Depuis 2001, le nombre d'accidents mortels dans les rues de New York a été réduit de 30 %. Il y a aujourd'hui presque trois fois moins de collisions fatales qu'en 1990. Au coin de la 9e avenue et de la 28e rue, le nombre d'incidents causant des blessures aux piétons a été réduit de 84 %.

La révolution de Janette Sadik-Khan

Rue Delancey

À l'origine de cette petite révolution urbaine, une femme : Janette Sadik-Khan, commissaire au transport sous l'ex-maire Michael Bloomberg. Sous son règne, le bilan routier de New York est passé sous les niveaux de 1910, avec un creux historique en 2011 (246 accidents mortels, contre 701 en 1990).

New York n'est pas Copenhague ou Amsterdam. Loin de là. Mais avec l'appui inconditionnel du « business maire » Bloomberg, Mme Sadik-Khan a renversé la vapeur.

La place du piéton dans la ville est redevenue la priorité qui a guidé toutes nos décisions. C'est logique. À New York, les piétons sont largement majoritaires.

Janette Sadik-Khan

À lire samedi : « 6 questions à celle qui a révolutionné les transports à New York », notre entrevue avec Janette Sadik-Khan.

Fermer Times Square

On se souviendra d'elle pour avoir convaincu la communauté des affaires de fermer le mythique Times Square à la circulation automobile entre la 42e et la 47e rue en 2009. Une décision controversée qui avait été présentée comme un projet-pilote temporaire.

Quelques mois plus tard, la ville fermait Herald Square, face au magasin Macy's, où sept piétons avaient été fauchés mortellement par un chauffard le 28 décembre 2001. La petite place qui en est née bourdonne de badauds qui flânent, assis aux petites tables qui ont été installées devant le célèbre grand magasin.

Même scène autour de la 23e rue, devant le Flat Iron Building, à l'ombre du Madison Square Park.

Ces changements, implantés dans la controverse, sont devenus la meilleure carte dans le jeu de l'administration Bloomberg.

On disait aux commerçants qui s'inquiétaient de la réduction de la circulation automobile : "Si on a pu réduire la circulation automobile à Times Square, on peut le faire partout".

Nicole Gelinas, spécialiste des questions de transport au Manhattan Urban Institute

Les effets n'ont pas tardé à se faire sentir : 113 intersections et 137 corridors de circulation ont été sécurisés par un nouveau design urbain. Îlots pour piétons et badauds, voies automobiles plus étroites et moins nombreuses, décompte lumineux pour piétons, allongement du temps pour traverser, rétrécissement des distances à franchir, caméras aux intersections, etc.

23e Rue et 7e Avenue

Limiter la vitesse à 40 km/h

Le nouveau maire Bill de Blasio s'est engagé à poursuivre la politique de son prédécesseur. Son plan « Vision Zero » s'inspire de ce qui s'est fait en Suède, où l'on a éliminé presque totalement le nombre d'accidents mortels (six morts à Stockholm en 2013, une ville de 900 000 habitants).

M. De Blasio compte se concentrer sur les 25 intersections les plus dangereuses de la ville. « Les secteurs visés sont responsables de 60 % des accidents mortels à New York, mais ne représentent que 15 % des rues de la ville », explique Nicole Gelinas.

Et depuis la fin du mois d'octobre, Bill de Blasio a une nouvelle carte dans son jeu : les élus ont voté une loi qui a fait passer la limite de vitesse de 50 km/h à 40 km/h partout en dehors des autoroutes urbaines.


Découvrez les multiples projets de New York en explorant la carte interactive ci-dessous.

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